20 juillet 2024

Situation explosive à l’urgence de Montmagny

La manque de personnel jumelé au manque d’écoute de la direction fait en sorte que le département des soins intensifs de l’Hôpital de Montmagny a été fermé pendant les nuits de samedi à dimanche et dimanche à lundi. Cette situation pourrait se reproduire fréquemment au cours des prochains jours, voire des prochaines semaines.

Cette information majeure vient de nous être communiquée. Le Journal a appris « qu’il y aurait eu une mise en danger de patients qui ont dû être transférés à la dernière minute sur le département de médecine chirurgie, déjà rempli à pleine capacité ». Il faut savoir que sur ce département, une surveillance plus rapprochée des patients est nécessaire pour veiller aux signes vitaux et autres responsabilités. ».

Cela entraîne aussi une suspension du service de chirurgies d’urgence et d’obstétrique, donc pas d’accouchements possibles dans l’établissement s’il n’y a pas de soins intensifs opérationnels.

L’unité a été fermée parce qu’il n’y avait pas de solution pour ces nuits, que les solutions proposées à ce jour par les infirmières ont été rejetées du revers de la main par la direction. Ce genre de décision serait prise uniquement sur des avis verbaux au personnel impliqué afin d’éviter de laisser des traces.

Selon nos sources, il n’y aurait aucune écoute de la part des dirigeants, aucune ouverture aux idées des employés quant aux solutions. Certains médecins, omnipraticiens et spécialistes, appuieraient les infirmières, tout comme le Syndicat. Une rencontre devait d’ailleurs avoir lieu lundi dernier en lien avec les évènements du week-end.

Les unités seraient gérées avec l’espoir que rien n’arrive. Cette situation met à risque la population, les infirmières, les patients hospitalisés, les femmes qui accouchent, de même que les personnes qui auraient subi un traumatisme lors d’un accident.

Ce n’est pas la première fois que le Journal obtient des informations par des lanceurs d’alerte. Depuis un certain temps, les infirmières veulent éviter de se retrouver dans une situation d’erreur médicale et d’imputabilité, considérant leur épuisement professionnel, pour ainsi éviter une suspension par leur Ordre professionnel en cas d’erreur médicale. Certaines effectueraient des quarts de travail de 16 heures dans des conditions pénibles, sans la possibilité de prendre un repas convenable, la surveillance des patients devenant trop exigeante en raison de la complexité des cas. En plus, il faut savoir que leur revient la responsabilité de veiller par télémétrie sur les patients à l’urgence. Puisqu’elles ne sont que deux à travailler par quart, une absence signifie qu’il manque 50% du personnel. La pression devient insoutenable.

Le journal avait appris : « C’est dangereux et non sécuritaire de demeurer seul avec des patients gravement malades, instables, nécessitant un transfert interétablissements ».

Une autre source nous disait : « Il s’est produit des incidents non reportés officiellement puisqu’il n’y a pas eu préjudice. Il était donc accepté non officiellement que les infirmières ne voulaient plus rester seules sur leur département pendant les heures de travail ».

Vraie chaise musicale

La situation à la direction de l’unité des soins intensifs représente une vraie tour de Babel. Depuis la retraite du gestionnaire en 2021, il n’y a eu aucune personne qui a occupé ce poste en permanence pendant une certaine période. Cette instabilité a eu pour effet de semer l’inquiétude parmi le personnel qui ressent une énorme responsabilité et une lourde charge émotionnelle.

Maintenant, qui va effectuer des pressions pour régulariser la situation à Montmagny? Les infirmières souhaitent ardemment que ce cri du cœur soir enfin entendu... Puisque la santé relève du gouvernement provincial, elles espèrent que leur député Mathieu Rivest exercera une pression auprès du ministère de Christian Dubé. Il faut une analyse de la situation avant que ne survienne un décès. Aux soins intensifs et à l’urgence de Montmagny, le lien de confiance envers la direction n’existe plus.

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