22 mois de prison pour l’agression de son ex-conjointe quatre jours après son accouchement

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Par Katy Desjardins
22 mois de prison pour l’agression de son ex-conjointe quatre jours après son accouchement

Le juge Sébastien Proulx a condamné un homme de 38 ans à 22 mois de prison le 21 juillet dernier. Le délinquant avait été déclaré coupable d’agression sexuelle sur son ex-conjointe alors que cette dernière se remettait de la césarienne qu’elle avait subie quatre jours auparavant.

« Ce dossier est une très triste affaire, je tiens à le dire, relative à un crime sexuel », débute le juge alors qu’il s’apprête à prononcer la sentence.

Selon ce dernier, le crime dont l’homme est accusé s’est déroulé en février 2019 à Sainte-Euphémie. Les procédures auraient commencé en 2020 lorsque la victime a dénoncé les actes aux autorités. Le délinquant a finalement choisi de plaider coupable aux accusations.

Quatre jours après son accouchement

En 2017, la victime et l’accusé auraient formé un couple rapidement marqué par l’instabilité et les conflits. Alors qu’elle est enceinte en 2018, elle prend une pause de cette relation pendant un certain moment. Lorsqu’elle accouche par césarienne en 2019, elle a besoin d’aide à la suite de l’opération. Elle se rend donc au domicile du père de son bébé en sortant de l’hôpital. Elle aurait tenté d’appeler sa famille afin qu’elle vienne la chercher, car elle ne se sentait pas en sécurité à la suite d’une dispute, mais une tempête l’empêchait de se déplacer cette soirée-là. L’agression aurait eu lieu ce jour-là. Le juge rappelle que la victime avait affirmé à la cour qu’elle était alors affligée par la douleur causée par la césarienne et par le manque de sommeil et qu’elle avait clairement démontré son désaccord à avoir une relation avec l’homme. Les parents de la jeune femme sont venus la chercher le lendemain lorsque la tempête s’est calmée.

Le juge qualifie le témoignage de la victime lors de l’audience pour la détermination de la peine comme étant « émouvant et d’une grande tristesse ». Il en a lu des extraits lors de sa décision : « Comme vous le savez, cet événement est arrivé quatre jours après mon accouchement par césarienne. Ce qui devait être l’un des plus beaux moments de ma vie fut l’un des plus cauchemardesques. » Le juge Proulx fait aussi état des nombreuses conséquences avec lesquelles la jeune femme vit toujours aujourd’hui.

Risque de récidive élevé

Le juge mentionne à plusieurs reprises dans sa décision le rapport présententiel qui fut rédigé par un agent de probation ainsi que des rapports du Centre Yvon Mercier datant de 2021. Il explique que selon ces derniers il ne semble pas avoir gagné beaucoup d’acquis lors de sa thérapie avant d’en être expulsé. Il ne démontrait pas d’ouverture à changer. Il se considère plutôt comme une victime. Il aurait raconté à la psychologue du CYM des faits complètement différents de ceux rapportés par la victime. Il prétendait alors que la mère de son enfant aurait inventé l’histoire pour l’empêcher de voir son bébé. L’agent de probation pour sa part fait état d’un risque de récidive élevé si le délinquant était libéré dans la société. « Des rapports j’en ai vu des centaines, le vôtre est majoritairement défavorable, rarement j’ai vu un rapport comme celui-là. Rarement. »

22 mois de prison

Les deux parties ne s’entendaient pas sur la durée de la peine d’emprisonnement qui devait être imposée. La défense proposait entre 12 et 14 mois alors que la poursuite suggérait 24 mois. Les avocats ne s’entendaient pas non plus sur les mesures probatoires qui devraient être imposées une fois que l’homme serait libéré.

Le juge choisit finalement de le condamner à 22 mois de prison. « Votre profil de délinquant pour moi actuellement est inquiétant, très inquiétant même. Il est peu rassurant ». Puisque l’homme est déjà derrière les barreaux depuis l’équivalent de 15 mois, il lui reste 7 mois à purger. Il sera ensuite sous probation pendant 36 mois et devra être inscrit au registre des délinquants sexuels pendant 20 ans.

« Cette femme, vous disiez l’aimer. Votre premier devoir était de la protéger. C’était aussi de l’assister à votre retour à la maison pour le bien-être de l’enfant et le sein. Ce n’était certainement pas de l’abuser comme vous l’avez fait. »

Comme l’identité de la victime n’est pas publique, le nom du délinquant n’est pas révélé.

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