DPJ : une baisse de 13 % des signalements retenus à Montmagny–L’Islet
« Comme DPJ, dans notre fonction, on a l’obligation de rendre public, une fois par année, le bilan de ce qui se passe en protection de la jeunesse pour faire état de la situation de nos services. […] Depuis deux ans, on a décidé de refaire le bilan avec toutes les régions ensemble, comme c’était le cas auparavant », confie la directrice de la protection de la jeunesse en Chaudière-Appalaches depuis 14 ans, Caroline Brown.

La directrice de la protection de la jeunesse en Chaudière-Appalaches, Caroline Brown. Crédit photo : L’éclaireur Progrès.
Les DPJ ont effectivement décidé de faire ce bilan tous ensemble puisqu’il y avait beaucoup de critiques sur le travail en protection de la jeunesse et qu’ils voulaient « démontrer qu’ils étaient tous ensemble avec la directrice nationale », car il y avait de belles choses qui se faisaient.
« On est tous là pour la même cause avec le désir de faire en sorte que l’intérêt des enfants soit mis de l’avant. Puis, cette année, notre thème était « Les enfants, toujours une priorité ? ». C’est un message fort qui nécessitait qu’on soit ensemble », ajoute-t-elle.
Une baisse significative
Concernant les signalements retenus par MRC et par problématique, on peut s’apercevoir que, dans les MRC de Montmagny et de L’Islet combinées, les chiffres sont passés de 246 signalements retenus en 2024-2025 à 175 en 2025-2026.
« Particulièrement dans la MRC de L’Islet, c’est l’endroit où j’ai presque la plus grande diminution de signalements. J’ai noté une diminution de 3 % à L’Islet et de 10 % à Montmagny, donc c’est quand même une baisse de 13 % dans ces deux MRC. C’est particulièrement au niveau de la négligence à Montmagny qu’il y a une baisse significative », note-t-elle.
En effet, parmi les plus importantes diminutions des signalements retenus par problématique, on retrouve les risques sérieux d’abus sexuel à L’Islet, qui sont passés de 13 cas à un seul. Il y a aussi les abus physiques, qui sont passés de 11 à 5, ainsi que l’exposition à la violence conjugale, qui est passée de 20 à 5.
Pour ce qui est de Montmagny, la négligence est passée de 34 signalements retenus à 12 et les risques sérieux d’abus sexuel sont passés de 10 à 3 en 2025-2026.
« Ce sont de petits chiffres, alors c’est difficile de voir une tendance. Parfois, on va avoir une grande famille de cinq enfants, par exemple, qui va faire un peu bouger les chiffres. Alors, c’est difficile de dire pourquoi il y a eu une telle baisse, mais il y a eu beaucoup d’actions dans les dernières années dans Montmagny-L’Islet au niveau de la petite enfance et de la négligence, entre autres », explique Mme Brown.

Les signalements retenus dans les MRC de Montmagny et de L’Islet.
Les partenaires de la communauté se sont notamment rassemblés afin de lancer le Projet RIRE (Réduire les inégalités pour les enfants), qui vise les enfants de 0 à 5 ans.
La situation des parents
La directrice de la protection de la jeunesse en Chaudière-Appalaches estime aussi qu’il faut agir auprès des enfants, mais qu’il faut « surtout agir auprès des parents qui accompagnent ces jeunes-là », car si ces parents sont en santé, les enfants évolueront dans des milieux plus stables.
« C’est un peu le message qu’on a lancé dans ce bilan. Est-ce que les enfants sont toujours une priorité ? On ne se cachera pas qu’on vit une période difficile sur le plan économique et qu’on voit que les gens vont moins bien. Il y a beaucoup de détresse, d’anxiété, ce qui fait en sorte qu’on a une augmentation des signalements, mais quand on regarde le tableau des signalements retenus, il y a une baisse », affirme-t-elle, en mentionnant que cela veut dire que les gens ne vont pas bien, mais que la DPJ a besoin d’agir en amont.
Par ailleurs, il y a eu le rapport Être parent au Québec publié en 2022 par l’Institut de la statistique du Québec, réalisé à partir de l’Enquête québécoise sur la parentalité. Au total, 19 127 parents d’enfants âgés de 6 mois à 17 ans ont participé à cette enquête et 61 % d’entre eux ont mentionné qu’ils considèrent que prendre soin de leurs enfants leur demande plus d’énergie et de temps qu’ils n’en ont.
Il y a aussi 17 % de ces parents qui considèrent que leurs enfants sont la principale source de stress dans leur vie.








