12 février 2026
Fusions municipales : Gabrielle Brisebois appelle à une réflexion collective
Au Québec, on compte plus de 1 100 municipalités. Ce chiffre, selon Gabrielle Brisebois, mérite d’être sérieusement questionné.
« Peut-être qu’il y en a trop. Mais ce n’est pas une question à laquelle on peut répondre sur un coin de table. Il faut des données, une analyse rigoureuse des coûts, des bénéfices et des conséquences », soutient celle qui insiste sur le fait que ce type de projet doit émaner du milieu.
Elle note toutefois que le gouvernement du Québec semble déjà avoir amorcé cette réflexion, notamment par des programmes favorisant les regroupements de services et les fusions volontaires. « Plus une municipalité est petite, moins elle a de ressources pour assumer les responsabilités qu’on lui confie. À un moment donné, ça devient difficilement soutenable, » déclare Mme Brisebois.
Des élus à bout de souffle
La mairesse soulève aussi un paradoxe peu connu du grand public : « Dans la seule MRC de Montmagny, il y a plus d’élus municipaux que de députés à l’Assemblée nationale. Et pourtant, on demande à ces élus-là d’assumer des responsabilités de plus en plus complexes, souvent à temps partiel, parfois bénévolement. »
Cette réalité pose, selon elle, un problème d’attractivité et de pérennité du modèle municipal: « Comment espérer attirer des gens compétents, avec de l’expertise, si on leur demande de faire avancer des dossiers lourds, techniques, tout en conservant un emploi à temps plein ailleurs? On peut prôner la vertu, mais il faut aussi être capable de payer son hypothèque. »
Si elle reconnaît que les fusions imposées du début des années 2000 ont laissé de mauvais souvenirs, Gabrielle Brisebois insiste sur un point : « Les gens doivent comprendre ce qu’ils ont à gagner. Sinon, on va répéter les erreurs du passé. »
Pour la mairesse, le statu quo n’est plus une option. « On a transféré de plus en plus de responsabilités aux municipalités au fil des années, sans toujours leur donner les moyens de les assumer. La question n’est pas seulement de savoir s’il y a trop de municipalités, mais si le modèle actuel permet encore d’offrir des services de qualité partout au Québec », énonce-t-elle.
Un débat incontournable pour les prochaines années
C’est précisément ce type d’enjeux que l’élue souhaite porter au sein du conseil d’administration de l’UMQ. « Seule, Montmagny a peu de poids. Mais quand je parle au nom de 60 villes du caucus des villes de centralité, là, nous pouvons influencer les décisions, interpeller le gouvernement, participer aux commissions parlementaires. Il y aura certainement des retombées positives pour notre ville », avance-t-elle.
Ce caucus regroupe une soixantaine de municipalités de 20 000 habitants et moins qui, malgré leur taille, offrent des services essentiels à une population rurale plus large que leur territoire. Montmagny en est un exemple typique, agissant comme ville centre pour la MRC de Montmagny et même une partie de la MRC de L’Islet.
« Ces villes-là absorbent des responsabilités importantes, comme les infrastructures sportives, culturelles, scolaires, services spécialisés », explique la mairesse. Pourtant, leur capacité financière et administrative demeure limitée, un important point en commun.
Deux mois après son arrivée à la mairie, Gabrielle Brisebois affirme que son adaptation se déroule bien, portée par une équipe municipale expérimentée. Cette stabilité lui permet justement de dégager du temps pour réfléchir à des enjeux qui dépassent les frontières de Montmagny.
« Ces débats, nous ne le faisons pas juste pour nous. Nous le faisons pour l’avenir des régions, » conclut-elle.







