La médaille du député pour André-Médard Bourgault
André-Médard Bourgault, porteur de mémoire
C’est dans la maison de son père qu’André-Médard me reçoit. Depuis la mort de celui-ci, en 1967, M. Bourgault préserve cette demeure historique classée site patrimonial. C’est que les murs racontent des histoires sous la forme de coups de gouges dans le bois. Les dizaines de paires d’yeux figés un peu partout ont admiré silencieux la vie du maître sculpteur Médard Bourgault et de sa famille. Celui-ci a sculpté les murs, les panneaux d’armoires, les pattes des meubles, les portes, les moulures… Presque tout ce qui est bois a reçu à un moment ou à un autre la visite du ciseau de Médard.
À son décès, sa femme Rose et André-Médard se rendent bien compte de la valeur artistique et ethnologique des lieux et décident de conserver l’endroit tel quel. Presque 60 ans plus tard, entre deux buches qu’il sculpte lui-même au Vivoir, M. Bourgault fait toujours visiter la maison de son père avec autant de passion et d’admiration dans la voix.
Un legs par-delà Saint-Jean-Port-Joli
Si la maison de Médard Bourgault est si importante, c’est que ce dernier a été à la base de tout un mouvement artistique au Québec, selon Jean-François Blanchette, président de la Société québécoise d’ethnologie, anthropologue et auteur du livre Médard Bourgault et ses héritiers. Avec ses frères Jean-Julien et André, à qui il enseigne le maniement de la gouge, il fonde un atelier-école. Un millier de sculpteurs et sculptrices y seront formés et ceux-ci, de retour dans leurs patries respectives, formeront à leurs tours des apprentis partout au Québec et même jusqu’aux États-Unis. Son œuvre s’est donc étendue bien plus loin que son village natal. M. Blanchette souligne aussi qu’à plus d’une occasion, André-Médard a reçu de généreuses offres de collectionneurs pour l’acquisition de la maison patrimoniale, mais que celui-ci trouvait que sa place était ici, à Saint-Jean-Port-Joli et pas ailleurs. Aujourd’hui, la demeure « est le centre d’un projet de développement d’un musée […] qui veut s’ouvrir à toute l’histoire de la sculpture au Québec » informe l’anthropologue. « On doit cela à André -Médard, d’avoir préservé toute cette richesse qui est tout à fait unique dans l’histoire du Québec. »
D’ailleurs, M. Blanchette est à la recherche de femmes (ou de leurs descendants) ayant appris la sculpture à Saint-Jean-Port-Joli entre 1930 et 1992 à des fins de documentation. Le public est invité à le contacter à societe@ethnologiequebec.org, ou encore au 418 922-8340.








