
La présidente du conseil d'établissement, Véronique Giasson-Cloutier. Crédit photo : Édouard Bérubé.
L’école de Saint-Cyrille cherche des solutions pour assurer son avenir
Afin d’expliquer la séquence d’événements qui a mené l’école primaire de Saint-Cyrille-de-Lessard à être mise en phase de transition, il y a trois éléments clés, selon la présidente du conseil d’établissement, Véronique Giasson-Cloutier.
Le premier consiste en la clientèle de l’école, puisqu’il y a deux cohortes qui sont arrivées au primaire un peu avant la COVID-19. Ces dernières commencent donc à quitter l’établissement scolaire pour se rendre au secondaire.
« On constate que ce sont de grosses cohortes qui ont été remplacées par de plus petites, ce qui fait qu’au fil des années, le nombre d’étudiants va en baissant », constate Mme Giasson-Cloutier.
Pour la présente année scolaire qui tire à sa fin, il y a 34 élèves qui fréquentent l’école Saint-Cyrille, dont 26 au primaire et 8 au préscolaire.
Le second élément consiste en l’indice de défavorisation. En effet, l’argent des écoles provient du ministère de l’Éducation sous forme de plusieurs « strates », dont une enveloppe budgétaire en lien avec l’indice de défavorisation.
« Tous les milieux scolaires sont catégorisés par le gouvernement provincial de 1 à 10, un étant un milieu jugé favorisé et dix étant jugé comme un milieu défavorisé. Plus c’est défavorisé, plus le milieu reçoit de l’argent. De notre côté, nous étions classés avec la cote de 9, mais pour l’année qui s’en vient, on va changer de cote, ce qui fait en sorte qu’on va tomber à 7 », explique-t-elle.
La dernière explication de la mise en transition de l’école consiste en l’exercice annuel réalisé par le Centre de services scolaire de la Côte-du-Sud (CSSCS), soit la planification des services par établissement.
Pour effectuer ces exercices, le CSSCS se base sur deux outils, le plan triennal ainsi qu’une politique de fermeture et de maintien des écoles.
« Ça mentionne que si l’école ne compte que 33 élèves inscrits au primaire, le CSSCS simule le dépôt d’allocation à recevoir du ministère de l’Éducation pour procéder à l’attribution des postes enseignants. Dans le cas où le niveau de ressources est inférieur à ce qu’il en faut pour organiser les services, l’école bénéficie d’une année de transition », affirme Véronique Giasson-Cloutier.
Pour résumer, s’il y a moins de 33 élèves, ça allume un « radar ».
Tous ces éléments mis ensemble ont fait en sorte que, le 28 avril dernier, le conseil d’administration du CSSCS a décidé d’adopter le plan triennal qui confirmait que l’école de Saint-Cyrille allait être mise en transition.
La suite des choses
La période de transition est avant tout « un temps de pause que tout le monde se donne pour ne rien précipiter vers une fermeture » afin de créer l’espace nécessaire pour que les acteurs du milieu trouvent des solutions.
Pour ce faire, l’organisation de l’école de Saint-Cyrille a fourni des « codes QR » afin que les gens présents sur place puissent soumettre des idées ou des solutions pour maintenir l’ouverture de l’établissement scolaire.
À la suite de la période de transition, qui équivaut à environ dix mois, le conseil d’administration du CSSCS va se réunir au printemps 2027 pour voter sur le nouveau plan triennal.
« Il y a trois verdicts possibles. On souhaite celui où la clientèle a augmenté, ce qui fait en sorte qu’on retrouverait le statut d’ouverture. L’autre scénario possible, c’est celui où l’on commence à voir des résultats, mais on n’est pas certain que ça va durer dans le temps, ce qui fait en sorte qu’on pourrait peut-être avoir une deuxième année de transition, comme a bénéficié l’école de Saint-Apolline. Le dernier est celui où l’on fermerait », confie Mme Giasson-Cloutier.
Des solutions envisagées ?
En urgence, un comité de pilotage a été formé, regroupant des personnes de l’école, de la municipalité et de la MRC de L’Islet.
« À ce stade-ci, on commence tout juste, donc aucune piste de solution ne doit être exclue. […] Comme le financement provient du ministère de l’Éducation et qu’il dépend du nombre d’enfants, il faut trouver des élèves », martèle-t-elle.
Au moment d’écrire ces lignes, pour la prochaine année scolaire, soit 2026-2027, l’école de Saint-Cyrille prévoit accueillir 33 élèves, dont 24 au primaire.
Elle veut également réaliser des campagnes de visibilité pour « attirer l’attention sur ce qui démarque l’école ».
De son côté, au niveau municipal, le conseil a déjà adopté une résolution voulant que le dossier de l’école soit prioritaire.







