
Valérie Hamel, PQ, Frédéric Poulin, PCQ, Jordan Veillette, QS, Nancy St-Pierre, PLQ, Mathieu Rivest, CAQ. (Photo: Jean-Fernand Miville-Bourgault)
Les candidats répondent aux questions sur les enjeux majeurs
Infrastructures
Tout d’abord, quelle est votre position sur le projet du dôme amovible sur le terrain multisport Laprise ? Selon vous, est-il nécessaire ou pas et pourquoi ?
Mathieu Rivest: M. Rivest a eu l’occasion de donner son appui publiquement au projet de dôme. Les infrastructures sportives de qualité sont nécessaires pour rendre la ville de Montmagny plus attractive pour les familles. Cette surface gazonnée couverte deviendrait la seule dans toute la Côte-du-Sud. Afin de soutenir des initiatives du genre, un gouvernement de Christine Fréchette s’engage à investir 550 M$ dans les infrastructures sportives et de plein air qui pourront soutenir ce genre de projet. Soulignons toutefois qu’un montant significatif est déjà confirmé de la part du gouvernement du Québec pour ce projet. M. Rivest souligne que c’est au milieu, dont le Centre de services scolaire et la Ville, de prioriser les investissements en infrastructures sportives. M. Rivest, pour sa part, a démontré sa capacité à rassembler les acteurs afin de livrer des projets majeurs. Pensons au Complexe culturel et sportif de Montmagny.
Jordan Veillette: Oui, je soutiens clairement ce projet. Les municipalités et les acteurs locaux sont les mieux placés pour connaître leurs besoins en infrastructures sportives et communautaires. Lorsque des projets structurants sont bien établis localement, le gouvernement du Québec doit être un partenaire et aider les municipalités à les réaliser.
Dans le cas du dôme Laprise, le projet répond à un besoin très concret : rendre une partie du terrain synthétique utilisable à l’année. Le projet prévoit environ 34 000 pieds carrés couverts pendant 26 semaines, permettant notamment la pratique du soccer, du football, de l’athlétisme, du baseball et d’autres sports. Le Centre de services scolaire y voit également un outil pour développer davantage de concentrations sportives régionales.
Nancy St-Pierre: Comme pour tout projet d’infrastructure d’envergure, il est important d’évaluer les besoins du milieu, les bénéfices pour la population et la capacité financière des partenaires impliqués. Si ce projet répond à un besoin réel de la communauté et bénéficie d’un appui du milieu, il mérite d’être étudié sérieusement.
Valérie Hamel : Toute infrastructure qui permet de faire bouger davantage la population, et particulièrement les plus jeunes est souhaitable. Une infrastructure qui, en plus, permet de le faire le plus souvent possible durant l’année est un plus. Comme éventuelle future députée, je m’engage à défendre ce projet.
Des infrastructures municipales de certaines localités sont vétustes. La volonté de mettre à jour les équipements est souvent présente, mais les fonds moins. Que devrait faire le gouvernement pour les aider les municipalités à renouveler ces infrastructures ?
Mathieu Rivest: Le déficit de maintien des actifs est le plus grand enjeu de la prochaine décennie. Les gouvernements précédents ont préféré couper des rubans plutôt que d’investir dans le maintien et l’entretien de nos actifs. C’est pourquoi, depuis huit ans, nous avons augmenté le PQI de plus de 60 % afin de rattraper le retard hérité des gouvernements libéraux et péquistes précédents. Plus spécifiquement pour les infrastructures municipales, un gouvernement Fréchette s’engage à ajouter 1 G$ aux programmes existants. Rappelons que les transferts aux municipalités sont passés de 3,8 G$ en 2014, sous le PLQ, à 7,4 G$ en 2024. La CAQ a aussi consacré le transfert d’un point de TVQ aux municipalités.
Jordan Veillette: Le gouvernement doit arrêter de demander aux petites municipalités de porter seules des projets qui dépassent largement leur capacité financière. Il faut des programmes beaucoup plus simples, prévisibles et accessibles, avec une contribution gouvernementale adaptée à la capacité fiscale des municipalités.
On le voit partout dans la région. À Montmagny seulement, des investissements sont nécessaires dans les conduites d’aqueduc et d’égout, les stations de pompage, le traitement des eaux, les routes et la stabilisation des berges. À L’Islet, plusieurs travaux récents de réfection des chemins et des infrastructures municipales représentent eux aussi des investissements de plusieurs millions de dollars.
Nos municipalités connaissent leurs besoins. Le rôle de Québec devrait être de leur donner les moyens d’agir, pas de leur ajouter des formulaires et des obstacles administratifs.
Nancy St-Pierre: Les infrastructures municipales sont au cœur de la vitalité de nos communautés. Le Plan québécois des infrastructures (PQI), que le Parti libéral du Québec souhaite renforcer, doit permettre aux municipalités de faire avancer leurs projets tout en bénéficiant d’un accompagnement adéquat du gouvernement.
Je crois également que les projets doivent être portés par le milieu. La participation des citoyens, des élus municipaux et des partenaires locaux est essentielle afin qu’un député puisse défendre efficacement les dossiers à la table du gouvernement. Chaque projet doit répondre à un besoin réel de la population et s’inscrire dans une vision de développement durable pour la région.
Valérie Hamel : Un gouvernement du parti québécois veut donner davantage de pourvoir aux MRC et aux municipalités. Le PQ affirme vouloir une véritable décentralisation régionale et locale avec des décisions prises davantage en fonction des réalités propres à chaque territoire : on veut redonner un vrai pouvoir aux régions.
Le PQ veut adapter les politiques aux réalités régionales. Nous soutenons qu’il faut éviter le mur à mur et tenir compte des particularités sociales et économiques de chaque région.
Au PQ on veut donner des ressources financières avec les responsabilités en créant des mécanismes régionaux (ministère du développement régional avec des antennes dans toutes les régions travaillant avec les acteurs locaux et augmentant le PQI à 1 milliard) de concertation tel qu’un conseil régional pour coordonner l’installation d’infrastructures et de télécommunications avec les municipalités et MRC davantage impliquées : exemple pour Montmagny, ça va se traduire par une relation Québec-MRC-Municipalités où les municipalités ne font pas juste présenter leurs demandes à Québec, mais participent davantage à déterminer quels projets sont prioritaires et comment les sommes régionales sont utilisées.
Vieillissement de la population
Dans une région où la population est vieillissante, notamment celle de L’Islet, les infrastructures et les services sont-ils suffisants pour répondre aux besoins des aînés. Que faudrait-il améliorer en priorité ?
Mathieu Rivest: Les besoins sont importants pour les aînés dans notre région et on doit continuer d’investir afin de répondre aux besoins de nos parents et grands-parents qui ont construit le Québec. À la Coalition, nous proposons d’agir prioritairement à deux niveaux, soit sur le soutien à domicile en investissant 1 G$ de plus et en accélérant le développement du logement en partenariat avec le privé. Pour y arriver, on investira 200 M$ pour le développement de 500 nouvelles places, avec le privé qui pourrait notamment fournir le terrain, construire et exploiter les bâtiments. Le gouvernement financerait une partie de la construction ainsi que les services aux aînés. Cette approche vise à créer plus rapidement de nouveaux logements et à mieux utiliser les investissements publics. En plus, à ces engagements s’ajoutent les mesures déjà présentées dans le Plan Aînés de Christine Fréchette, soit 2 000 logements abordables supplémentaires pour les aînés autonomes et une aide pour adapter une maison afin d’accueillir un proche aîné.
Jordan Veillette: Il faut surtout offrir davantage de possibilités entre le maintien à domicile et le CHSLD. Je veux que nous développions davantage les ressources intermédiaires, les petites unités de vie et les services de soutien à domicile afin que les personnes puissent rester le plus longtemps possible dans leur communauté, près de leur famille et de leurs repères. Le vieillissement est déjà une réalité très concrète dans nos municipalités. Il doit être intégré directement dans la planification des logements, du transport et des services. Vieillir ne devrait pas automatiquement vouloir dire quitter son village ou sa municipalité pour avoir accès aux services dont on a besoin.
Nancy St-Pierre: La Côte-du-Sud, comme plusieurs régions du Québec, fait face à un vieillissement important de sa population. Bien que plusieurs services de qualité soient déjà offerts, des défis persistent en matière d’accès aux soins de proximité, de maintien à domicile, de transport adapté et d’infrastructures répondant aux besoins des aînés.
La priorité doit être d’améliorer l’accès aux services de santé et de soutien à domicile afin que les aînés puissent demeurer dans leur milieu de vie le plus longtemps possible tout en conservant leur autonomie et leur qualité de vie.
Valérie Hamel : Augmentation du budget de 50% pour le soutien à domicile des aînés, afin de redonner aux personnes aînées les moyens de leur autonomie.
Réduction de la bureaucratie et simplification des procédures pour faciliter l’accès aux services à domicile.
Bonification du Programme d’adaptation de domicile pour l’exécution de travaux et aide financière de 10 000$ pour transformer les propriétés en maisons intergénérationnelles.
Aide financière pour les personnes âgées dont la résidence a augmenté de valeur de manière importante.
Projet de loi sur l’autonomie des aînés pour garantir un accès adéquat à des soins et services adaptés, et pour promouvoir la santé et le bien-être.
Ces initiatives visent à garantir le maintien à domicile, à promouvoir la santé et le bien-être, et à assurer la sécurité financière des personnes âgées.
Dossier de la Maison des aînés: Est-ce que vous vous engagez à implanter une Maison des aînés à Montmagny ? Si ce n’est pas le cas, que comptez-vous faire pour améliorer la qualité de vie des aînés dans le CHSLD dans un état considéré «inhumain» ?
Mathieu Rivest: M. Rivest a pris position publiquement sur cet enjeu. Il s’agit, à son avis, de l’enjeu numéro un en infrastructure dans notre région. La situation actuelle n’est pas digne de l’accompagnement que l’on souhaite pour ceux qui ont bâti le Québec. Le projet est mûr et M. Rivest va en faire le dossier prioritaire des premiers mois de son mandat si les citoyens de Côte-du-Sud lui font confiance le 5 octobre. De plus, il est le seul à avoir l’expérience du cheminement des dossiers dans l’appareil gouvernemental. Il souhaite mettre cela de l’avant au profit de la population locale.
Jordan Veillette: Oui. Ce dossier doit avancer maintenant.
Le projet est connu : une nouvelle installation de 96 places doit remplacer des installations devenues vétustes, notamment le CHSLD de Montmagny. Le gouvernement reconnaît lui-même que le besoin repose sur la vétusté fonctionnelle et technique des installations actuelles. Pourtant, le projet est toujours officiellement à l’étape de la planification depuis août 2021.
En mars 2026, la Ville de Montmagny a même organisé une mobilisation citoyenne pour demander au gouvernement de financer enfin sa réalisation.
Je m’engage à pousser ce dossier dès le début du mandat. Les plans existent, le besoin est démontré et la population attend depuis assez longtemps. Il faut maintenant construire.
Nancy St-Pierre: Oui, je m’engage à travailler activement ce dossier avec le conseil municipal de Montmagny et les partenaires concernés.
Le Parti libéral du Québec considère que ce projet mérite d’avancer. Les citoyens attendent depuis longtemps des améliorations importantes pour les aînés de la région. Je souhaite collaborer avec les instances locales et régionales afin d’offrir à nos aînés des milieux de vie modernes, sécuritaires et respectueux de leur dignité.
Valérie Hamel : Au Parti Québécois nous sommes contre ce que la CAQ a fait dans les dernières années avec la création des Maisons pour aînés. Nous voulons prioriser l’entretien de nos infrastructures actuelles.
CHSLD de Montmagny : Comme député, moi Valérie Hamel, je m’engagerai à tout mettre en œuvre pour que le projet du CHSLD se réalise, avec un support inestimable de ma part auprès de la municipalité.
Regroupements municipaux
Votre position sur les regroupements municipaux ? Pour les municipalités qui souhaitent se fusionner, croyez-vous que la démarche devrait être facilitée ?
Mathieu Rivest: Un gouvernement Fréchette souhaite faciliter les regroupements et la coopération entre les municipalités, sans les imposer. Plusieurs outils financiers sont déjà disponibles pour accompagner les municipalités qui souhaitent partager des services, réaliser des études ou éventuellement aller jusqu’à un regroupement. Par l’entremise du Programme d’aide financière au regroupement municipal (PAFREM), le gouvernement peut notamment financer 80 % des coûts d’une étude sur l’opportunité d’un regroupement, jusqu’à un maximum de 150 000 $ selon la taille des municipalités concernées. Une fois un regroupement réalisé, une aide financière pouvant atteindre 2 M$ peut également être versée sur trois ans afin d’aider à absorber les coûts liés à la transition. Pour les municipalités qui souhaitent plutôt mettre certains services en commun sans fusionner, le Fonds régions et ruralité (FRR), volet 4 – Coopération et gouvernance municipale, dispose d’une enveloppe de 25 M$ par année pour soutenir des projets de coopération intermunicipale, notamment des études de faisabilité et la mise en commun de services. L’objectif est donc de donner aux municipalités davantage de moyens et de souplesse pour réaliser des économies d’échelle, améliorer leurs services et réduire les coûts administratifs, tout en leur laissant le choix de la formule qui correspond le mieux à leur réalité. Il y a déjà quelques projets sur le territoire, dont celui de La Pocatière, qui seront profitables pour notre milieu.
Jordan Veillette: Oui. Lorsqu’un regroupement est souhaité par les municipalités et par les citoyens concernés, le gouvernement doit faciliter la démarche et offrir l’accompagnement nécessaire.
Mais la fusion n’est pas la seule façon de travailler ensemble. Dans plusieurs cas, on peut aussi aller beaucoup plus loin dans la collaboration entre municipalités : partage de personnel spécialisé, d’équipements, de services administratifs, de ressources en urbanisme, de services incendie ou encore de projets communs.
Pour de petites municipalités qui disposent de moyens limités, la mise en commun des ressources peut permettre d’offrir de meilleurs services tout en conservant leur identité et leur autonomie.
Je ne crois toutefois pas aux fusions imposées d’en haut. Ce sont les communautés qui doivent déterminer la formule qui leur convient.
Nancy St-Pierre: Ma position est claire : ce sont d’abord les municipalités et leurs citoyens qui doivent guider la réflexion.
Les regroupements ou les fusions peuvent présenter certains avantages, notamment par le partage des ressources, la mise en commun de certains services et une plus grande capacité d’action. Toutefois, chaque situation est unique. Toute démarche doit reposer sur la volonté des municipalités concernées, être accompagnée d’une consultation citoyenne rigoureuse et bénéficier du soutien du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation.
Valérie Hamel: Un regroupement municipal est souhaitable seulement si les populations concernées le veulent. Et oui, dans ce contexte, la démarche devrait être facilitée.
Environnement
Quels enjeux environnementaux devraient être prioritaires dans certaines municipalités et quelle(s) action(s) qu’est-ce que vous proposez pour y répondre ?
Mathieu Rivest: En Côte-du-Sud, les enjeux environnementaux sont très concrets. Il faut d’abord protéger notre littoral et nos communautés contre l’érosion et la submersion, notamment en assurant la pérennité de nos aboiteaux. Il faut aussi améliorer la qualité de l’eau et soutenir nos agriculteurs dans l’adaptation aux changements climatiques. La protection de nos milieux humides, de nos marais et de notre biodiversité doit aller de pair avec le développement économique. Enfin, avec les investissements qui seront nécessaires dans nos routes, nos réseaux d’eau et nos infrastructures municipales, il faut intégrer systématiquement l’adaptation aux changements climatiques dans nos décisions d’investissement.
Jordan Veillette: Dans Côte-du-Sud, on voit déjà les effets des changements climatiques : érosion des berges, inondations, épisodes météorologiques extrêmes, pression sur les cours d’eau et coûts grandissants pour les municipalités.
À Montmagny, par exemple, des travaux de stabilisation des berges de la Pointe-aux-Oies se poursuivent encore en 2026, tandis que la Ville modernise aussi certaines infrastructures d’aqueduc et d’égout pour les adapter aux réalités climatiques actuelles et futures.
Il faut investir beaucoup plus rapidement en prévention et en adaptation.
Je veux également accélérer considérablement la création des aires protégées dans la région et faire en sorte que la protection existe réellement sur le terrain.
C’est particulièrement vrai pour les cabourons du Kamouraska. Ces collines sont emblématiques de notre paysage, mais aussi importantes pour la biodiversité et la connectivité écologique. Les identifier comme territoires d’intérêt ne suffit pas : il faut des mécanismes de conservation permanents qui empêchent réellement la dégradation ou la fragmentation de ces milieux.
La protection des forêts anciennes, des cours d’eau, des littoraux et des autres milieux naturels importants doit avancer beaucoup plus rapidement.
Cette protection doit également aller de pair avec un meilleur accès public au territoire. Des initiatives de conservation au Québec montrent qu’il est possible de protéger les milieux naturels tout en maintenant un accès responsable à la nature.
Protéger notre territoire ne signifie pas le fermer à la population : il faut permettre aux citoyens d’y accéder, d’en profiter et de développer un véritable sentiment d’appartenance envers ces milieux.
Le transport collectif est un enjeu environnemental et social majeur en région. Il doit répondre aux besoins concrets : permettre à un aîné d’aller à un rendez-vous médical, à un étudiant de rejoindre son école ou à un travailleur étranger de se déplacer de façon autonome.
Il faut mieux coordonner les services existants, les renforcer et développer de vraies liaisons interurbaines et interrégionales entre nos principaux pôles.
On peut demander aux gens de moins utiliser leur voiture, mais personne ne peut embarquer dans un autobus qui n’existe pas.
Nancy St-Pierre: La protection de l’eau, l’adaptation aux changements climatiques, l’érosion des berges, la gestion responsable des matières résiduelles et la préservation des milieux naturels doivent demeurer des priorités.
Les solutions doivent être développées avec les municipalités et les acteurs du milieu afin qu’elles tiennent compte des réalités propres à chaque communauté. Une approche équilibrée doit permettre de conjuguer protection de l’environnement, développement économique et qualité de vie des citoyens.
Valérie Hamel: Mme Hamel pointe vers la plateforme du PQ pour la réponse.
Développement
Face au manque de logements et au peu de terrains dans certaines localités, faut-il maintenir les critères des règles de protection du territoire agricole actuel ou les assouplir ?
Mathieu Rivest: Nous devons conserver les règles en place pour la protection du territoire agricole. Toutefois, il y a certainement une ouverture à faciliter la construction résidentielle dans certains secteurs où cela ne compromet pas le potentiel agricole. Le cadre actuel permet déjà aux MRC d’identifier des îlots déstructurés et certains secteurs pouvant accueillir des résidences par l’entremise de décisions à portée collective de la CPTAQ ainsi que des priorités locales. L’enjeu est maintenant de donner davantage de souplesse aux municipalités et aux MRC pour développer ces secteurs, tout en protégeant les terres agricoles réellement productives.
Plus largement, pour accélérer la construction résidentielle, on doit réduire la paperasse, simplifier les règles et accélérer les projets de construction, sans jamais compromettre la sécurité. Les délais inutiles et les coûts qu’on pourrait éviter font augmenter le prix des logements.
Jordan Veillette: La vocation agricole du territoire doit être protégée.
La crise du logement ne doit pas devenir une raison pour ouvrir la porte à l’étalement urbain sur nos meilleures terres agricoles. Avant de dézoner, nous devons utiliser les terrains déjà disponibles, densifier intelligemment nos noyaux villageois et reconvertir des bâtiments existants.
Il faut également lutter beaucoup plus sérieusement contre la spéculation sur les terres agricoles et les acquisitions faites sans véritable projet agricole.
La terre agricole est une ressource limitée. Elle doit servir d’abord à nourrir la population et permettre à la relève agricole de s’établir.
Nancy St-Pierre: La protection du territoire agricole demeure essentielle pour l’avenir de notre région et pour notre autonomie alimentaire. Toutefois, nous devons également répondre à la crise du logement. Je crois qu’il faut privilégier une approche équilibrée permettant d’évaluer les besoins réels de chaque communauté tout en protégeant les terres agricoles de grande valeur. Les solutions doivent être adaptées aux réalités locales plutôt que d’être uniformes pour l’ensemble du territoire.
Valérie Hamel: Le Parti Québécois s’engage à protéger le territoire agricole en réformant la Loi sur la protection du territoire agricole et en instaurant le principe de zéro perte nette du territoire agricole. Cette réforme vise à garantir que les activités agricoles prédominent sur les activités commerciales et touristiques, assurant ainsi la stabilité des marchés des producteurs. Le Parti Québécois souhaite également retirer le Québec du projet de TGV d’Alto, qui pourrait nuire au garde-manger du pays. Ces mesures sont essentielles pour maintenir la souveraineté alimentaire et les vitalités régionales du Québec.
En ce contexte économique difficile pour les grands employeurs, que comptez-vous faire pour le maintien et la croissance de ces entreprises ?
Mathieu Rivest: Alors que le Parti québécois et le Parti conservateur du Québec souhaitent mettre fin à l’aide aux entreprises, nous, notre vision est différente. Nous avons été la première province au Canada à mettre en place des programmes pour venir en aide à nos entreprises touchées par les tarifs douaniers. Nous avons également annoncé deux contrats historiques rendus possibles grâce à des interventions du gouvernement du Québec, qui auront des retombées majeures dans notre région, soit un contrat de 11 G$ à la Davie et de 4,7 G$ chez Alstom. Ces contrats vont garantir des emplois de qualité dans notre région pour les années à venir en raison du grand nombre de fournisseurs qui sont sur notre territoire. Un gouvernement de la Coalition continuera d’investir dans le développement de nos entreprises et facilitera l’environnement d’affaires en réduisant le fardeau administratif. Nous avons d’ailleurs annoncé des avantages fiscaux pour toutes les PME du Québec.
Jordan Veillette: Nos grands employeurs régionaux font face à plusieurs défis en même temps : disponibilité de la main-d’œuvre, coût de l’énergie et du transport, accès au logement pour leurs travailleurs, concurrence internationale et besoin constant d’investir dans leurs équipements.
Le gouvernement doit être beaucoup plus présent pour accompagner les entreprises stratégiques de nos régions.
L’exemple d’Alstom à La Pocatière montre parfaitement pourquoi. Le récent contrat de VIA Rail prévoit que les caisses de 313 nouvelles voitures ferroviaires soient fabriquées ici. Ce contrat contribue au maintien et à la création de centaines d’emplois qualifiés au Canada et renforce toute une chaîne d’approvisionnement.
Mais Alstom représente aussi une contribution environnementale importante. Le transport ferroviaire est au cœur de la transition vers une mobilité à plus faibles émissions, et l’entreprise a fait de la décarbonation une priorité de sa stratégie. Elle indique avoir atteint son objectif d’utiliser 100 % d’électricité provenant de sources renouvelables à la fin de 2025 et développe maintenant des trains éco-conçus ainsi que des matériaux à empreinte carbone réduite. Le site de La Pocatière fait directement partie de cette expertise québécoise en mobilité durable.
La Pocatière accueille aussi un nouveau partenariat entre Alstom, l’Université Laval, l’UQAM et l’ÉTS visant à tester directement à l’usine des technologies de fabrication ferroviaire plus intelligentes et plus efficaces.
C’est exactement le type d’industrie que nous devons vouloir consolider en région : des emplois manufacturiers de qualité, de l’innovation et une production qui participe directement à la transition énergétique.
L’État doit utiliser davantage son pouvoir d’achat pour maintenir cette expertise, cette transformation et ces emplois chez nous.
Nancy St-Pierre: Le maintien de nos entreprises et le développement économique de notre région passent d’abord par l’écoute du milieu.
Je souhaite rencontrer régulièrement les entrepreneurs afin de bien comprendre leurs réalités et leurs défis. Les solutions ne peuvent être les mêmes partout dans la Côte-du-Sud. Nous devons travailler avec les entreprises, les municipalités et nos partenaires afin de mettre en place des mesures adaptées aux besoins particuliers de chaque secteur et de chaque territoire.
Valérie Hamel: Un gouvernement du Parti Québécois fera du Québec un meilleur environnement fiscal que l’Ontario en accordant une importante baisse des impôts des entreprises de 11.5 % à 9.5 % dans un premier mandat. De plus, nous aiderons 100 % des entreprises, contrairement aux subventions des entreprises de la CAQ, qui ont été accordées à seulement 8 % d’entre elles. C’est en baissant le fardeau fiscal et bureaucratique des entreprises qu’on va leur donner les moyens de réussir. Nous serons un gouvernement qui coupe dans le gaspillage et qui se tasse du chemin des entrepreneurs.
Tourisme
De quelle manière est-ce que la région peut-elle utiliser le développement touristique comme levier économique, et ce, tout en protégeant le patrimoine ?
Mathieu Rivest: Notre région a tout le potentiel de tirer encore davantage de retombées du tourisme. Nous avons des villages patrimoniaux, un accès au fleuve incomparable, le Parc des Appalaches, des sentiers de motoneige, des musées performants et beaucoup à offrir. Nous avons des atouts qui n’ont rien à envier aux autres et nous devons miser sur ceux-ci. Le développement du Complexe sportif et culturel permettra d’attirer une nouvelle clientèle de tourisme sportif et culturel tout au long de l’année. Il y a également des opportunités de développement au niveau du tourisme d’affaires ainsi que des projets dans l’air pour le Kamouraska. L’objectif aujourd’hui est d’étendre le tourisme sur l’ensemble de l’année afin d’assurer des retombées durables et des emplois stables en tourisme. Notre région est performante et reconnue, c’est à nous d’en profiter!
Jordan Veillette: Notre patrimoine est justement une partie de notre richesse touristique.
Le fleuve, nos villages, nos bâtiments patrimoniaux, nos paysages agricoles, nos producteurs, nos sentiers et notre culture permettent de développer un tourisme quatre saisons qui génère des retombées dans plusieurs municipalités.
Plusieurs initiatives locales montrent déjà la voie, autant dans L’Islet et Montmagny qu’au Kamouraska, avec des expériences qui mettent directement de l’avant les artisans, producteurs, entrepreneurs, paysages et savoir-faire du territoire.
Il faut soutenir ce type de développement : utiliser notre patrimoine comme un levier économique tout en préservant ce qui rend Côte-du-Sud unique.
Nancy St-Pierre: Le tourisme représente un moteur économique important pour la Côte-du-Sud. Nous ne devons toutefois jamais considérer notre attractivité comme acquise.
Le développement touristique exige des efforts continus, tant sur le plan de l’accueil que de la mise en valeur du patrimoine. Nous devons soutenir le tourisme culturel, le tourisme d’affaires, l’agrotourisme et les nouvelles clientèles, notamment les voyageurs qui se déplacent avec leurs animaux de compagnie, tout en protégeant ce qui fait la richesse et l’authenticité de notre région.
Valérie Hamel: En plus de ses attraits connus et reconnus, Côte-du-Sud est une région à l’origine de plusieurs familles souches du Québec. Notre territoire, riche en histoire(s), peut être encore plus un moteur économique qu’actuellement. Je pense à des secteurs émergeants, comme le tourisme mycologique, sportif, mais je pense également au tourisme généalogique. Le tout, bien sûr, en renforçant la protection du patrimoine bâti et en révisant la loi sur le patrimoine afin de freiner la destruction de bâtiments patrimoniaux; en créant des incitatifs financiers pour restaurer les lieux et immeubles historiques; en protégeant le patrimoine immatériel : traditions, savoir-faire, pratiques culturelles et transmission et en soutenant la culture dans toutes les régions : artistes, artisans et porteurs de traditions
Énergie
Quelle place prend les projets énergétiques, comme l’éolien ou l’éventuelle exploitation d’hydrocarbure, dans la Côte-du-Sud ?
Mathieu Rivest: Le développement éolien est une véritable opportunité de créer de la richesse dans le sud de nos MRC. La formule permettra d’avoir des retombées directes pour nos municipalités et MRC et permet donc de favoriser leur autonomie financière. Je suis donc attentif au développement de ces projets et emballé de voir que notre région bénéficie de ce développement énergétique durable.
Pour ce qui est de l’exploitation des hydrocarbures, nous sommes ouverts à étudier la possibilité de reprendre l’exploration, notamment dans une perspective d’autonomie énergétique. Une éventuelle décision devrait notamment tenir compte de l’évolution technologique et de l’acceptabilité sociale. Une attention particulière sera apportée au sein de l’appareil gouvernemental si cette orientation devait se développer réellement.
Jordan Veillette: L’éolien peut jouer un rôle important dans le développement économique de Côte-du-Sud, à condition que les projets soient planifiés correctement, qu’ils respectent les milieux naturels et que les communautés locales obtiennent une part réelle des retombées économiques.
Ce n’est plus une question abstraite. L’entente Wetsok entre Hydro-Québec et l’Alliance de l’énergie de l’Est vise directement les MRC de Montmagny, L’Islet et Kamouraska, entre autres. Jusqu’à 1 500 MW de potentiel éolien pourraient être développés sur l’ensemble du territoire couvert, représentant des investissements majeurs.
Ce genre de développement doit se faire avec les communautés et non simplement sur leur territoire.
Concernant les hydrocarbures, je ne crois pas que l’avenir économique de notre région passe par une nouvelle exploitation pétrolière ou gazière. Nos investissements doivent plutôt nous permettre de réduire progressivement notre dépendance aux énergies fossiles.
Nancy St-Pierre: Les besoins énergétiques évoluent continuellement en raison de la croissance démographique, de l’électrification et du développement économique.
Les projets énergétiques doivent être évalués à la lumière d’analyses rigoureuses qui tiennent compte de l’environnement, de l’agriculture, des réalités régionales et de l’acceptabilité sociale. Les citoyens doivent être consultés et les décisions doivent être prises de façon responsable et transparente.
Valérie Hamel : Le Parti Québécois est en faveur de toute énergie verte et renouvelable (dont l’éolien), dans des secteurs où il y a une acceptabilité. En contrepartie, le Parti Québécois n’est pas en faveur du développement des énergies du passé, comme les hydrocarbures (gaz de schiste).
Santé
Comment comptez-vous renforcer les soins de santé dans la région, ainsi que le rôle des CLSC dans la communauté rurale ?
Mathieu Rivest: Pour améliorer l’accès aux soins dans notre région, il faut former davantage de médecins de famille en région, notamment avec le réseau de l’Université du Québec, mais aussi donner davantage de responsabilités aux IPS, aux pharmaciens et aux autres professionnels. Nous voulons également développer la téléconsultation et mieux coordonner les listes d’attente afin qu’un patient de Côte-du-Sud puisse avoir accès rapidement au bon professionnel, même lorsque celui-ci se trouve dans une autre région. Enfin, nous devons continuer à rapprocher les soins de la population et à développer une véritable offre de services de proximité. Le modèle des CLSC régionaux sera appelé à jouer un rôle de premier plan sous notre gouvernement. Nous devons poursuivre l’élan de l’attractivité de notre région afin d’attirer plus de professionnels et nous assurer de les retenir. Nous sommes sur une bonne lancée et je m’engage à protéger nos acquis et à travailler avec tous les partenaires afin d’améliorer nos services de proximité.
Jordan Veillette: Dans une région comme la nôtre, les CLSC doivent redevenir de véritables portes d’entrée du réseau de la santé.
Je veux qu’on y retrouve davantage de professionnels et de services directement dans les communautés : soins infirmiers, services psychosociaux, suivi des maladies chroniques, soutien à domicile et équipes capables de se déplacer lorsque nécessaire.
L’importance de ces installations est particulièrement évidente dans les communautés rurales. Dans la MRC de L’Islet, par exemple, les CLSC de Saint-Jean-Port-Joli et de Saint-Pamphile offrent déjà plusieurs services de proximité. C’est cette logique qu’il faut renforcer plutôt que centraliser davantage.
Notre objectif doit être simple : amener les soins vers les citoyens plutôt que de demander constamment aux citoyens de parcourir des dizaines de kilomètres pour recevoir des soins de base.
Nancy St-Pierre: L’amélioration des soins de santé dans notre région doit demeurer une priorité.
Je souhaite travailler à la mise en œuvre des engagements du Parti libéral du Québec afin d’améliorer les services existants et de répondre plus rapidement aux besoins de la population. Nous devons également attirer davantage de professionnels dans nos communautés, notamment en facilitant l’intégration des diplômés à la sortie des écoles et en valorisant les stages rémunérés dans le secteur public.
L’accès aux services de garde constitue également un enjeu important pour l’attraction et la rétention de la main-d’œuvre. Le développement des places en CPE doit faire partie des solutions.
Valérie Hamel:
- Prévention et santé globale
Le PQ souhaite élargir la réflexion au-delà du système hospitalier curatif pour promouvoir la santé physique et mentale des Québécois. Le parti met l’accent sur la prévention, la réduction de la surprescription de médicaments, et la promotion de modes de vie sains afin de diminuer la vulnérabilité et les consultations aux urgences, notamment pour les troubles de santé mentale chez les jeunes.
- Accès aux soins et proximité
Le parti veut redonner aux CLSC leur rôle de porte d’entrée du réseau et renforcer les soins à domicile et communautaires. L’objectif est de tripler les heures de soins à domicile et d’allouer 50 % du budget des soins de longue durée à ces services sur cinq ans. Le PQ prévoit également un financement adéquat pour le milieu communautaire afin d’améliorer l’accès aux services et la promotion de la santé.
- Réduction de la bureaucratie et réforme de Santé Québec
Le PQ propose d’abolir Santé Québec, jugée trop centralisée et bureaucratique, pour économiser entre 40 et 100 millions de dollars par an et réinvestir ces fonds dans les soins directs, notamment pour réduire les listes d’attente en chirurgie et renforcer la première ligne via les CLSC.
Certaines fonctions comme l’achat centralisé et les mesures de performance pourraient être maintenues sous une structure plus décentralisée.
- Soutien aux travailleurs du réseau
Notre programme prévoit d’améliorer les conditions de travail des professionnels de la santé, en mettant fin au temps supplémentaire obligatoire, aux horaires de faction et au recours aux agences privées. L’objectif est de permettre aux professionnels d’exercer pleinement leurs compétences et d’être plus autonomes dans leur pratique.
- Approche centrée sur le patient
Le PQ souhaite privilégier une prise en charge par un professionnel de la santé plutôt que seulement par un médecin de famille, et intégrer davantage le suivi communautaire et les services de santé mentale pour offrir un réseau plus accessible et humain.
En résumé, le programme santé du Parti Québécois combine prévention, proximité des soins, soutien aux travailleurs et rationalisation administrative pour améliorer l’efficacité du système et la santé globale des Québécois, tout en réduisant la bureaucratie et en réinvestissant dans les soins directs.
Couverture cellulaire
Des investissements pour améliorer la couverture cellulaire dans la Côte-du-Sud ont permis l’implantation de tours cellulaires, mais certains secteurs demeurent toujours mal desservis, notamment dans le secteur de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, Cap-Saint-Ignace, Tourville et Sainte-Perpétue. Est-ce que, selon vous, des tours cellulaires devraient être construites dans ces secteurs ?
Mathieu Rivest: M. Rivest connaît très bien cet enjeu et des avancées significatives ont été réalisées ou sont en cours de réalisation. C’est un dossier complexe où le gouvernement du Québec a certaines limites. Il faut d’abord reconnaître que seul le gouvernement de la Coalition avenir Québec a souhaité faire avancer cette problématique. La coalition a investi 500 M$ depuis quatre ans pour le développement de 230 nouvelles tours partout au Québec afin d’améliorer la connexion. Ici, dans Côte-du-Sud, c’est une quinzaine de tours qui ont été ajoutées et les améliorations sont réelles. Les enjeux qui demeurent touchent les différents fournisseurs en télécommunications, qui sont limités à partager leur signal. Les clés sont au niveau du gouvernement fédéral. M. Rivest s’engage à faire toutes les démarches possibles afin de faire progresser l’amélioration des services, mais reconnaissons les avancées notables dans les quatres dernières années. Il suffit de poursuivre sur cette lancée!
Jordan Veillette: Oui.
Et j’ajouterais à cette liste Saint-Onésime-d’Ixworth et Mont-Carmel par exemple, où la couverture demeure également un enjeu dans certains secteurs.
Aujourd’hui, une couverture cellulaire adéquate est une infrastructure essentielle. C’est important pour la sécurité des citoyens, pour nos entreprises, pour le télétravail et pour les travailleurs agricoles et forestiers.
On en a un exemple très concret au Kamouraska. Des entrepreneurs ont rapporté que la mauvaise couverture cellulaire nuisait directement à leurs activités. À Saint-Joseph-de-Kamouraska, un producteur a même raconté avoir été incapable de joindre les services d’urgence lors d’un accident de travail en raison de l’absence de réseau adéquat. Mont-Carmel faisait également partie des secteurs identifiés comme particulièrement problématiques.
Le gouvernement confirme maintenant un nouveau site à Mont-Carmel dans la deuxième étape de son Opération couverture cellulaire. Les sites des étapes 1 et 2 doivent être mis en service d’ici le 31 décembre 2026.
C’est exactement l’approche qu’il faut poursuivre à Saint-Onésime, Tourville, Sainte-Perpétue, Cap-Saint-Ignace, Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud et partout où des trous de couverture subsistent. Le succès du programme doit être mesuré par la couverture réelle du territoire, pas seulement par le nombre de tours annoncées.
Nancy St-Pierre: L’accès à une couverture cellulaire fiable est devenu essentiel pour la sécurité des citoyens, le développement économique, les services d’urgence et la qualité de vie de nos communautés rurales.
Même si des progrès ont été réalisés au cours des dernières années, plusieurs secteurs de la Côte-du-Sud demeurent insuffisamment desservis. Cette réalité ne touche pas seulement certains secteurs de Montmagny-L’Islet, mais également plusieurs municipalités du Kamouraska où des problématiques de couverture persistent encore aujourd’hui.
Je crois qu’il faut poursuivre les investissements et évaluer sérieusement l’installation de nouvelles infrastructures dans les secteurs où les besoins sont démontrés. Aucune communauté ne devrait être laissée pour compte lorsqu’il est question d’accès aux services de communication.
Les échanges devront se poursuivre avec les municipalités, les fournisseurs de services et les différents partenaires gouvernementaux afin d’identifier les meilleures solutions. Le gouvernement fédéral devra également être un partenaire important dans ce dossier pour appuyer les démarches et accélérer le déploiement des infrastructures nécessaires dans les secteurs mal desservis.
Enfin, il sera essentiel d’agir avec transparence auprès de la population à chaque étape du processus. Les citoyens ont le droit d’être informés de l’évolution des démarches, des échéanciers et des défis rencontrés. Une communication claire et continue favorisera la confiance et la mobilisation nécessaire pour faire avancer ce dossier prioritaire.
Valérie Hamel: La CAQ n’a pas complété le déploiement des tours cellulaires qui étaient requises. Le PQ s’engage à compléter le programme de couverture cellulaire de la CAQ dans les municipalités mal desservies. Le PQ a mis de la pression sur la CAQ pour qu’ils poursuivent le plan élaboré dans les dernières années sans succès, soit à garantir l’accès à Internet haute vitesse partout au Québec, y compris dans les régions éloignées.
Au PQ on voit la connectivité comme une infrastructure de développement régional, on croit à l’attractivité des municipalités, à l’innovation et au développement économique.
Éducation
Les sports-études et arts-études sont populaires dans plusieurs régions et attirent plusieurs jeunes de la Côte-du-Sud vers de plus grands centres, par exemple Lévis. Comment assurez aux jeunes de la région un accès à des programmes spécialisés ?
Mathieu Rivest: La première étape pour assurer le développement était d’avoir des infrastructures de qualité. Grâce au projet du Complexe sportif et culturel de Montmagny, on va faire un grand pas en avant. Avec celui du Dôme, on n’aura plus rien à envier à Lévis ou à Rivière-du-Loup. Des infrastructures de qualité, c’est la clé et c’est sur ça qu’il va continuer de travailler. Au fait, la Côte-du-Sud aura sous peu deux piscines neuves (La Pocatière et Montmagny), en plus de deux salles de spectacles modernisées et bien des projets qui améliorent notre environnement scolaire. Pensons aussi au postsecondaire, qui connaît une hausse de sa clientèle en plus d’avoir obtenu des aides substantielles du gouvernement du Québec lors du dernier mandat. L’éducation est une priorité pour la vitalité de la Côte-du-Sud pour le candidat.
Jordan Veillette: Nous ne pouvons pas offrir toutes les concentrations dans chaque petite école, mais nous pouvons beaucoup mieux mettre nos ressources en commun.
Et nous avons déjà la preuve que ça peut fonctionner. À Montmagny, l’école secondaire Louis-Jacques-Casault lance en 2026-2027 une nouvelle concentration hockey destinée aux jeunes des MRC de Montmagny et de L’Islet, avec des entraînements intégrés à l’horaire scolaire.
Le nouveau Complexe sportif Promutuel Assurance à Montmagny ajoutera également un centre aquatique, une palestre de gymnastique et des locaux permettant notamment la danse. Ce sont exactement les infrastructures autour desquelles nous pouvons développer davantage de parcours spécialisés.
Je souhaite favoriser davantage de collaborations entre les écoles secondaires, les municipalités, les organismes sportifs et culturels et les établissements d’enseignement supérieur de la région.
L’objectif doit être que les jeunes puissent avoir accès à des parcours stimulants sans devoir nécessairement quitter leur communauté ou parcourir de très longues distances chaque jour.
Nancy St-Pierre: Les jeunes de la Côte-du-Sud doivent avoir accès à des parcours stimulants sans être obligés de quitter leur région.
Je souhaite travailler avec les centres de services scolaires, les établissements d’enseignement et les organismes du milieu afin de développer davantage d’offres spécialisées, que ce soit en sports-études, en arts-études ou dans d’autres domaines d’excellence. Nos jeunes méritent les mêmes possibilités que ceux des grands centres.
Valérie Hamel : Je salue le travail du cégep de La Pocatière (qui dessert notre circonscription) quant à ses équipes de sports-études, que ce soit en volleyball et en football. L’année prochaine, il y aura une équipe de hockey masculin. Au centre d’études collégiales de Montmagny, on parle même d’une concentration en golf. Le cégep de La Pocatière offre le programme Arts, Lettres et Communications, avec un volet Langues à Montmagny, offrant la possibilité aux étudiants de faire des stages à l’international.
Secteur forestier
La Côte-du-Sud compte de nombreux producteurs forestiers ainsi que d’acériculteurs. Que proposez-vous pour assurer un développement en harmonie entre ces deux secteurs ?
Mathieu Rivest: La forêt est un pilier économique de notre région. Les défis actuels exigent une approche concertée avec les travailleurs, les entreprises et les associations du milieu. C’est en misant sur l’expertise et la collaboration des acteurs du milieu que nous pourrons y parvenir. Dans un contexte marqué par les fermetures et les ralentissements, le dialogue avec les acteurs du terrain demeure essentiel pour assurer la vitalité de la filière forestière et de l’acériculture. On doit travailler à développer un modèle adapté à chaque région qui vise la croissance des retombées économiques de notre forêt.
Jordan Veillette: Il ne faut surtout pas opposer les producteurs forestiers et les acériculteurs. Les deux secteurs sont importants pour l’économie et l’occupation du territoire de Côte-du-Sud.
La forêt privée occupe une part extrêmement importante du territoire de la MRC de L’Islet. Son aménagement est donc à la fois un enjeu économique, environnemental et d’occupation du territoire.
Nous devons mieux planifier l’utilisation de la forêt à long terme, protéger le potentiel acéricole tout en permettant aux propriétaires forestiers de mettre leur bois en marché et de tirer un revenu adéquat de leur propriété.
Les décisions concernant l’aménagement de la forêt privée doivent aussi être prises avec les producteurs eux-mêmes. Ce sont eux qui connaissent leur territoire et qui investissent pendant des décennies dans son aménagement.
L’objectif doit être une forêt productive, diversifiée et résiliente qui permette à la fois le développement de l’acériculture, une industrie forestière forte et la protection de nos écosystèmes.
Nancy St-Pierre: La forêt et l’acériculture sont deux piliers importants de l’économie de la Côte-du-Sud.
Le développement harmonieux de ces secteurs passe par une planification concertée, une gestion durable du territoire et un dialogue constant entre les différents intervenants. Je souhaite favoriser les pratiques qui permettent à la fois la croissance de l’industrie forestière et le maintien du potentiel acéricole, afin que ces activités continuent de contribuer à la prospérité de notre région pour les générations à venir.
Je vous remercie de l’attention portée à ces réponses et demeure disponible pour toute précision supplémentaire.
Valérie Hamel : le PQ propose de faire respecter le principe de résidualité de la forêt publique pour garantir la stabilité des marchés des producteurs forestiers de forêt privée.
Du côté de l’acériculture, mener, avec les partenaires municipaux et agricoles, une réflexion sur la taxation municipale du territoire agricole, notamment dans un contexte où le Programme de crédit de taxes foncières agricoles représente une part croissante du budget du MAPAQ et interdire la taxation municipale des outils de mise en marché collective comme le contingent acéricole et de mettre en production acéricole 50 000 nouveaux hectares d’érablière en forêt publique.







