
Les intervenants de la maison La Frontière lors de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses. Crédit photo : Édouard Bérubé.
Les surdoses au cœur d’une journée de sensibilisation à Montmagny
« À Montmagny, c’est notre première édition dans la rue. On trouvait ça important de prendre l’espace public pour parler de la sensibilisation, car on a tendance à penser que la crise des opioïdes va seulement toucher les personnes en situation d’itinérance, mais c’est faux », explique une intervenante à la maison La Frontière, Mélanie Leblanc.
Selon cette dernière, il y a trois grands profils types des gens que cette dépendance touche.
Il y a d’abord les patients qui sont sous prescription médicale d’opioïdes afin de contrer une douleur physique.
Ça touche également les consommateurs récréatifs qui se disent qu’ils vont seulement consommer une fois la fin de semaine pour relaxer.
Puis, il y a aussi les personnes « marginalisées » par une problématique de santé mentale, par exemple, qui peut faire en sorte qu’ils vivent dans la rue.
D’ailleurs, Mme Leblanc souligne qu’il y a plus de 600 surdoses mortelles par année au Québec, selon les données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).
De ce nombre, en 2025 dans la région de Chaudière-Appalaches, il y a eu douze décès en lien avec des intoxications confirmées aux substances psychoactives, et 21 décès supplémentaires où il y a des intoxications suspectées, selon Santé Québec concernant son bilan de la dernière année.
« Ça disait aussi que la majorité des surdoses surviennent dans les domiciles. Il y a une hausse chez les hommes de 30 à 60 ans », souligne l’intervenante.
Des actions pour sensibiliser
Pour cette Journée internationale de sensibilisation aux surdoses, la maison La Frontière de Montmagny a décidé de faire une œuvre collective en invitant les citoyens à venir donner un coup de pinceau, car le thème pour cette présente édition est « Chaque vie est une histoire, les surdoses ont plusieurs visages ».
« Donc, le but était de représenter et de pouvoir discuter avec les citoyens afin de briser les préjugés autour des surdoses. On a aussi fait la distribution de trousses de naloxone et on a expliqué aux gens le fonctionnement, car on est les distributeurs officiels de naloxone dans la région », affirme Mélanie Leblanc.
En effet, seulement entre le 1er avril 2026 et le 31 juillet, la Maison La Frontière a distribué 135 trousses de naloxone.
« Tout le monde peut venir en chercher. Que ce soient des consommateurs eux-mêmes, des gens qui viennent en chercher pour quelqu’un de sa famille, des organismes communautaires, des entreprises, des bars, etc. Donc, tous les gens qui peuvent être en contact avec des consommateurs et c’est gratuit », ajoute-t-elle.
Par ailleurs, la naloxone n’a absolument aucun effet dans l’organisme s’il n’y a pas d’opioïdes dans le corps de la personne.
Ainsi, dans le meilleur des cas, la trousse va pouvoir sauver des vies, tandis que, dans le pire des cas, la naloxone ne va rien faire.







