L’enfouissement des lignes de transport en quatre questions
Dans votre région, une nouvelle ligne de transport d’électricité est nécessaire pour soutenir le développement du potentiel éolien de l’est du Québec. Cette infrastructure est également essentielle pour accroître la fiabilité et la résilience du réseau face à l’intensification des événements météorologiques. Nous travaillons étroitement avec les organismes du milieu, les acteurs régionaux et la population afin d’élaborer un projet adapté à la réalité du territoire. Comme plusieurs personnes ont des questions sur la possibilité d’enfouir les lignes de transport, nous souhaitons apporter des éléments de réponse.
Est-ce que la ligne de transport de l’axe Appalaches-Bas-Saint-Laurent pourrait être enfouie ?
Compte tenu de la technologie existante, de contraintes techniques importantes et des coûts élevés, il n’est pas envisageable d’enfouir la ligne sur une distance de 250 km, d’autant plus que l’enfouissement entraîne une réduction de la capacité de transport de l’électricité. Pour maintenir la tension à un niveau stable, il faudrait installer des postes techniques environ tous les 5 à 10 km, ce qui multiplierait les infrastructures hors sol et entraînerait des répercussions sur le paysage et l’aménagement du territoire.
Le réseau de transport d’électricité d’Hydro‑Qu.bec compte plus de 34 000 km de lignes, dont moins de 1 % sont enfouies. L’enfouissement est réservé à des situations exceptionnelles, représentant de très courtes distances, lorsqu’un obstacle infranchissable empêche toute installation en aérien.
En raison des contraintes techniques, des coûts prohibitifs et de la nécessité de limiter les répercussions sur la facture d’électricité de l’ensemble des Québécoises et des Québécois, l’enfouissement demeure une exception, comme partout dans le monde.
L’enfouissement protégerait-il mieux l’environnement, les terres agricoles et les érablières ?
Contrairement à une perception répandue, l’enfouissement n’est pas sans effet sur le milieu d’accueil. Il nécessite d’importants travaux, comme le creusage de tranchées continues, l’aménagement d’accès permanents pour l’entretien et l’ajout de postes tous les 5 à 10 km environ pour maintenir le niveau de tension.
En revanche, une ligne aérienne permet :
• d’éviter des secteurs d’usages environnementaux sensibles ;
• de maintenir des usages agricoles compatibles avec l’emprise ;
• d’optimiser le trac. de ligne ou les mesures d’atténuation . mettre en oeuvre de manière ciblée.
L’enfouissement permet-il au réseau de mieux résister aux intempéries ?
Pas nécessairement. La majorité des pannes concernent le réseau de distribution et non le réseau de transport. Les lignes de transport aériennes sont peu touchées par la végétation et bénéficient, en hiver, du refroidissement naturel par l’air. Comme l’air froid dissipe la chaleur dégagée par les conducteurs, il est possible de transporter plus d’électricité pour répondre à la demande accrue, notamment pendant les périodes de pointe.
En cas de bris, une ligne souterraine est plus difficile à réparer, ce qui entraîne des délais d’intervention plus longs.
Pourquoi ne pas utiliser le courant continu, comme pour la ligne d’interconnexion Hertel–New York ?
Le courant continu est utilisé dans des cas très précis, entre autres pour des interconnexions point à point.
Dans le cas de l’axe Appalaches–Bas-Saint- Laurent, cette technologie :
• limiterait la flexibilité du réseau ;
• empêcherait l’implantation future de parcs éoliens ou d’autres projets d’énergie renouvelable le long de l’axe ;
• nécessiterait la construction de postes de conversion importants et coûteux à chaque extrémité
Le courant alternatif . 315 kV est la solution qui répond le mieux aux besoins actuels et futurs de la région.







