Des producteurs de bois inquiets de la mise en marché collective du bois de sciage

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Par Katy Desjardins
Des producteurs de bois inquiets de la mise en marché collective du bois de sciage
Crédit photo : Fédération des producteurs forestiers du Québec.

Le Syndicat des producteurs de Bois de la Côte-du-Sud propose un projet de mise en marché collective du bois de sciage et déroulage. Comme pour la pâte, les prix seraient maintenant négociés par ce dernier plutôt que par les producteurs eux-mêmes. Selon l’organisme, cette nouvelle façon de fonctionner apportera un marché plus juste, mais certains producteurs ne sont pas du même avis.

Le producteur qui a accepté de rencontrer le Journal a demandé l’anonymat afin de ne pas nuire à ses affaires. Il œuvre dans le secteur de Montmagny-L’Islet depuis de nombreuses années. Il explique que, en ce moment, il existe deux méthodes différentes pour la vente du bois qui est destiné à devenir de la pâte et le bois de sciage qui devient des planches. La pâte est gérée par le Syndicat des producteurs de Bois de la Côte-du-Sud. Il détermine donc les prix pour tous les producteurs et les conditions. Pour le sciage, le marché est libre. Les producteurs contactent donc les moulins et négocient eux-mêmes leurs prix avec ces derniers.

Le Syndicat souhaite désormais que la vente du bois de sciage prenne la même forme que celle de la pâte, soit une mise en marché collective. Selon ce dernier, cela apporterait une meilleure équité entre les producteurs sur le territoire, car il négocierait les prix. Donc un type de bois aurait le même prix de vente pour tous.

Selon le Syndicat, il est nécessaire de changer le système, car le prix du bois dans les quincailleries est en hausse constante, contrairement aux revenus des producteurs. Cela se justifie par l’augmentation constante des coûts de production, notamment à cause de la hausse du prix des carburants. Il est donc d’avis qu’une mise en marché collective permettrait de garder un marché compétitif et d’assurer les meilleurs prix aux producteurs.

Le producteur qui est entré en contact avec le Journal n’est toutefois pas du même avis. Il reconnait que le coût du bois a beaucoup augmenté en quincaillerie comparativement à ses revenus, mais il ne croit pas que la mise en marché collective soit la solution la plus équitable. Il explique que plutôt que d’envoyer son bois au moulin de son choix qui lui offre le meilleur prix, le Syndicat choisira maintenant où il l’envoie pour un taux fixe. Il mentionne que cela pourrait lui faire perdre une part de profit, car il n’a plus la capacité de négocier ses prix. Il dénonce aussi le fait que la qualité du bois ne contera plus pour beaucoup dans la balance. Si un seul prix est fixé pour le produit, il craint que quelqu’un qui offre un bois d’une très bonne qualité obtienne le même prix que quelqu’un qui offre un produit du même type, mais de qualité inférieure.

Le producteur de la région mentionne également que chaque compagnie aura sa quantité de bois qu’il pourra produire et vendre. Il trouve ce principe désavantageux pour les plus petits producteurs qui ne font pas nécessairement les mêmes volumes chaque année et qui ne pourront désormais pas en faire plus que leur quantité assignée s’ils sont en mesure de le faire. Ils ne pourront donc pas faire plus de profit une année qu’ils seraient en mesure de bucher plus.

Le travailleur de Montmagny-L’Islet souhaite principalement que ses collègues du domaine s’informent davantage à propos du projet, car plusieurs ne semblent pas détenir toutes les informations. « Lorsque je parle avec les gens autour de moi, ils ne semblent pas avoir compris le projet de la même façon que moi. Je veux surtout que les producteurs s’informent afin de prendre une décision éclairée avant de faire passer le projet. »

Des précisions du Syndicat 

Le Syndicat des producteurs de Bois de la Côte-du-Sud souhaite ajouter quelques détails à la suite de la parution de l’article.

Mathieu Ouellet, directeur général, mentionne que les producteurs ne seront pas limités sur la quantité de bois qu’ils pourront produire, car aucun contingentement de la production n’est prévu en ce moment dans le projet de mise en marché collective. « La possibilité forestière correspond au volume maximal des récoltes annuelles de bois par essence ou groupe d’essences que l’on peut prélever tout en assurant le renouvellement et l’évolution de la forêt. La forêt produit donc plus de bois que nous en récoltons et la demande des acheteurs est bonne. Il n’y a donc aucune raison pour qu’une forme de contingentement soit appliquée. Le Syndicat n’empêchera jamais ses membres de produire de la richesse et d’améliorer leur sort. »

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Jimmy
Jimmy
1 mois

Il ne faut pas que sa soit accepté on regarde juste le prix de la pâte et sa monté juste de 2.50$ De la tonne Environ dans vingt ans c’est pas mal bon comme syndicat il a des fois qu’on n’a de misère de vendre notre pâte on n’a un maudit problème avec ça

Annie
Annie
1 mois

Assemblée Générale annuelle du plan conjoint mardi le 31 Mai à 09:30 au Centre Rousseau (Salle des Bâtisseurs; 390 Rue Vereault à St-Jean-Port-Joli).

Raynald Nadeau
Raynald Nadeau
1 mois

Bonjour cher propriétaire de boisés privés. Venez en très grand nombre à l’Assemblée Générale annuelle du plan conjoint de la mise en marché collective du bois de sciage. Au Centre Rousseau, Salle des Bâtisseurs, 390 rue Verreault à St-Jean-Port Joli, Qc G0R 3G0. Mardi le 31 Mai à 09:30 le matin.

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