Éviter un 15e féminicide au Québec

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Par Anne-Frédérique Tremblay
Éviter un 15e féminicide au Québec
Le Havre des Femmes étaient présent à la marche à ce sujet à Québec. Crédit photo: Havre des Femmes

Le Havre des femmes a appris avec tristesse et colère le décès d’une 14e femme dans un contexte de violence conjugale à Montréal la semaine dernière. Afin d’éviter que ce genre de situation se produise à nouveau, la maison d’aide et d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale rappelle que plusieurs services sont offerts en cas de besoin pour les femmes de la région.

Le Havre des Femmes offre également des services pour les enfants vivant dans un contexte de violence conjugale, pour celles qui en ont vécue et pour les proches. Des hébergements sont mis à la disposition des femmes afin d’assurer leur sécurité. Des points de services sont présents dans toutes les municipalités du territoire de Montmagny et de L’Islet pour des consultations.

« On connait l’étendue du territoire et on ne veut pas brimer les femmes. Si elles n’ont pas de moyen de transport, on se déplace aussi. On fait de la consultation autant pour les femmes que pour les jeunes. On a des intervenantes jeunesses qui sont psychoéducatrices spécialisées en violence conjugale. S’il y a des répercussions, des impacts de la violence que l’enfant a vécue, les mamans vont être outillées pour contrer ces conséquences et rebâtir leur lien mère-enfant qui est toujours brimé par cette violence », évoque Karine Boutin, intervenante et agente de sensibilisation pour le Havre des Femmes.

Les maisons d’hébergement ont été longtemps sous-financées. Des subventions ont été données en raison du contexte actuel. Plus nous effectuons de la prévention, plus nous évitons le pire.

« On ne veut pas que la 15e soit en Chaudière-Appalaches. On ne veut pas qu’elle soit nulle part, mais on ne veut pas que la femme ne sache pas qu’on existait. Souvent, de savoir qu’il y a un organisme qui existe, c’est dans les premières indications du pourquoi une femme s’est sortie de cette situation. On ne veut donc pas que les femmes pensent qu’elles n’ont pas d’alternatives à la violence qu’elles vivent ».

Selon l’agente en sensibilisation, le déconfinement est le moment de la perte de contrôle de l’agresseur sur sa victime et c’est la partie la plus dangereuse.

«On a demandé que des actions soient faites. On est allé marcher à Québec en disant : la 14e est toujours en vie, agissons avant qu’il lui arrive quelque chose. Il y a moyen de contrer la violence conjugale. On demande d’être plus entendu sur les moyens qu’on peut prendre comme société pour enrayer la violence envers les femmes», affirme-t-elle.

Faisant partie du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale,  elles ont comme mission d’éduquer, de sensibiliser et de poser une action. Une femme peut demander de résider dans l’une des 42 maisons afin d’obtenir de l’aide. Les services sont confidentiels, rapides, disponibles en tout temps, ainsi qu’en toute sécurité.

Des signes parfois non-apparents

Le message que Mme Boutin souhaite donner, c’est de parler du Havre des Femmes à leurs amies. Si une personne observe des comportements et attitudes jugés « intenses », il est important d’en discuter.

Dans certaines situations, les signes peuvent être moins apparents puisque le tout se passe dans l’intimité. Mme Boutin propose à nouveau de nommer l’organisme à leurs amies pour s’assurer qu’elles sachent où se référer.

« Souvent, les femmes ne nomment pas la violence en premier. Elles vont dire qu’il est jaloux, contrôlant, intense, qu’il n’est pas toujours comme ça. Par la suite, on va entendre parler de violence », souligne-t-elle.

Elle ajoute : « On se donne dans une relation amoureuse et on se donne souvent même doublement dans ces relations, parce que ça commence, ça va bien et tout d’un coup, ça revire de bord et tout ce que l’on fait n’est pas correct », explique Mme Boutin qui précise qu’il s’agit d’une manipulation de l’agresseur.

Mme Boutin conclut en mentionnant qu’il importe que les femmes fassent confiance en leur instinct et de ne pas hésiter de les contacter.

Pour obtenir de l’aide : SOS violence conjugale 1 800 363-9010.

Numéro du Havre des Femmes : (418) 247-7622

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