Frédéric Corriveau, le cowboy qui range ses éperons…

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Par Eric Maltais
Frédéric Corriveau, le cowboy qui range ses éperons…
Mireille Thibault et Frédéric Corriveau, deux « ex » de la Chambre de commerce.

La troisième et dernière année du mandat de Frédéric Corriveau à la présidence de la Chambre de commerce de la MRC de Montmagny (CCMM) aura été la plus significative, autant par ses prises de position publiques que par la consolidation financière et le virage pour l’intégration des industries en son sein. Il laisse un organisme en santé, représentant l’ensemble de la MRC pour les commerçants, les industriels, les manufacturiers et les municipalités.

Avec calme et sérénité, l’homme d’action quitte son siège avec la satisfaction du devoir accompli, dans l’espoir que l’après COVID-19 laissera un héritage de nouvelles pratiques bénéfiques à une région comme la Côte-du-Sud.  « Actuellement, le plus grand défi est de remettre les employés au travail. Il y a deux poids deux mesures à cause des généreux programmes du gouvernement fédéral. Mais c’est un couteau à double tranchant. Si tu ne prends pas l’emploi disponible en ce moment, par rapport au fait qu’il est plus payant d’empocher le chèque de la Prestation canadienne d’urgence (PCU), lorsque se pointera la récession et que le gouvernement cessera de saupoudrer l’argent, tu risques alors de te retrouver… devant rien! ».

Le pouvoir d’une Chambre de commerce

M. Corriveau croit plus que jamais à l’importance de cet organisme qui favorise le réseautage d’une part et exerce des représentations d’autre part, en faisant du lobbying auprès des gouvernements et au nom de la communauté des gens d’affaires, des commerçants, des manufacturiers et des industriels: « C’est beaucoup travailler dans l’ombre aussi. C’est un travail très exigeant, dans lequel j’ai appris énormément en entreprenariat. J’ai grandi beaucoup en compagnie de trois directeurs d’exception que sont Sonia Godbout, Mireille Thibault et Marc Laurin ».

Il ajoute que ce fut un réel plaisir et un honneur de mieux connaître les entrepreneurs de la Côte-du-Sud dans une autre dimension que celles des activités sociales. À les côtoyer, il a ainsi mieux saisi l’importance d’être leur porte-parole auprès des diverses instances.

Cependant, il confesse que d’avoir dû recruter trois directeurs en trois ans n’a rien d’une sinécure: « Cette situation inquiète aussi la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ). Les Chambres ont besoin de quoi pour se donner une prospérité. Il faut se donner de la stabilité. C’est difficile pour un ou une DG d’une petite Chambre. Les gens prennent le tout très à coeur et les moyens financiers restent très limités. Il ou elle doit être un homme ou une femme orchestre. Avec un employé et demi ici, c’est incroyable tous les dossiers à traiter, c’est vraiment exigeant. C’est pourquoi la FCCQ se penche sur cette réalité et regarde pour trouver des solutions ».

Au sujet de la Chambre, celui qui a siégé six ans sur le conseil dit: » C’est le seul organisme dédié de lobbyisme dans la région. On en a besoin en considérant tout le travail qu’il accomplit car les gens ne voient que la pointe de l’iceberg. Je peux comprendre le DG d’être essoufflé. Mais recommencer à tous les ans avec une nouvelle personne n’est pas évident non plus pour les membres d’un conseil d’administration ».

Il se réjouit du retour des membres de l’industrie, un créneau fort en région: « Amable Bélanger était un industriel il y a 108 ans quand il a fondé la Chambre. Il fallait aussi saisir la chance de regrouper les 14 municipalités ».

Complexe sportif

Questionné au sujet des deux projets qui ont alimenté l’actualité au cours de la dernière année, le Pavillon des migrations et le Complexe sportif et de santé durable, l’entrepreneur de 46 ans a répondu, en son nom personnel toutefois: « Personnellement, jusqu’au dernier jour, je crois que nos dirigeants doivent travailler sur des projets qui auront une attractivité pour la Ville. Avec un taux de taxation très élevé si on se compare à des municipalités environnantes, il faut que notre argent soit un investissement et non une dépense. Un investissement doit rapporter et on doit investir pour de l’attractivité. »

« Après la COVID-19, la vie va changer. On va vivre une récession. Nous devons miser sur une population grandissante »

Cette déclaration représente en fait un acte de foi envers le projet qu’il a initié il y a plus d’un an et qui est aujourd’hui piloté par la MRC de Montmagny, après que la Chambre ait, en compagnie de gens d’affaires, investi et initié la réalisation d’une étude d’architectes quant à la faisabilité d’un Complexe sportif et de santé durable.

Corriveau précise sa pensée: « J’ose croire qu’après la crise, la peur de vivre dans la métropole fera que des gens vont réfléchir et choisiront un milieu de vie différent. Avec le télétravail, on a fait dans un mois ce qui aurait pris des années avant l’arrivée du virus. De cette crise, on va aussi tirer du positif ».

Cette réflexion porte le passionné d’équitation à penser que le gouvernement de François Legault, pour mettre le Québec au travail, débloquera lors de l’après-COVID-19 des fonds pour des projets majeurs en infrastructures, en éducation et en santé principalement. Il voit là une opportunité incroyable de réaliser un tel projet dans le cadre du programme québécois d’infrastructures (PQI).

Enfin, il croit en la CCMM pour veiller au grain. Pour lui, la table est mise et l’arrivée d’une nouvelle administration ne fera que bien servir la cause, à la suite des nombreux changements effectués sur le conseil d’administration. Quant au principal intéressé, il retourne se consacrer à ses entreprises et à à sa famille. Le cowboy a décidé de ranger ses éperons…

 

 

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