Immigration : les citoyens ont une part de responsabilité

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Par Eric Maltais
Immigration : les citoyens ont une part de responsabilité

Que ce soit pour le travail, pour réaliser un projet de vie familiale ou encore pour vivre une expérience dans de grands espaces avec une qualité de vie exceptionnelle, les immigrants – ou nouveaux arrivants selon le choix de les identifier – souhaitent naturellement recevoir un accueil chaleureux et vivre une intégration réussie. Pour qu’ils y arrivent cependant, les citoyens doivent prendre conscience qu’ils ont une part de responsabilité.
Voici un constat majeur qui ressort de la 2e rencontre citoyenne de la série « Personne n’en parle », tenue la semaine dernière à la Bibliothèque de Montmagny. Claude Massé, de la Fonderie Poitras, Hayette Laouari, de KPMG, Abdoul Echrat, du Forum mondial de la langue française et Hélène Blais, de la Société de développement de la MRC de Montmagny, ont accepté de transmettre leur expérience de vie au quotidien.
Attirer des travailleurs qualifiés ou journaliers sur la Côte-du-Sud demeure une problématique majeure considérant que toutes les régions du Québec vivent une pénurie de main-d’œuvre, d’où l’importance de sensibiliser la population à l’importance d’être inclusif et d’aller vers les nouveaux arrivants parce qu’Ils souhaitent, non pas se « ghettoïser », mais vivre ensemble avec les Sudcôtois.
« Lorsque je suis arrivée au Québec, c’était la Fête nationale dans le cadre du 400e de Québec avec des spectacles sur les Plaines d’Abraham et plein de gens maquillés. Je me suis dit « Wow! Quelle fierté pour ce peuple. Je veux faire partie de ce pays », rappelle Mme Laouari. Tellement qu’elle a décidé de faire sa vie ici et y a rencontré son conjoint. Mais l’Algérienne de naissance, immigrée en France par la suite, a vécu les dédales de la complexité à obtenir la citoyenneté canadienne, sans parler de la reconnaissance des acquis. C’est tellement compliqué d’obtenir des équivalences de scolarité qu’elle a abdiqué dans le cas de sa formation en ingénierie. Incapable de trouver un emploi ici, elle travaille aujourd’hui comme directrice principale, projets d’infrastructures Canada, chez KPMG Montréal, avec la possibilité de gérer ses dossiers à partir de Montmagny.
Chômage de 12% à 14%
Lorsque l’on analyse la situation dans son ensemble, Québec, Montréal, Sherbrooke ou Gatineau demeurent des villes où l’immigration est plus naturelle, selon Abdoul Echrat. L’ensemble des autres régions du Québec accueille moins de 4% des nouveaux arrivants. Alors si ces gens ne se sentent pas bien et ne développent aucun lien avec nos communautés, ils vont partir pour une autre région. Pourtant, il en coûte une fortune aux manufacturiers pour les amener ici.
« Moi j’ai dû quitter mon emploi à l’Université de Rimouski parce que ma conjointe était incapable de se trouver un emploi en informatique. Elle en a déniché un à Québec et je l’ai suivie car je savais que ce serait plus facile pour moi », ajoute ce détenteur d’un doctorat en développement régional.
« Le chômage chez les immigrants joue entre 12% et 14% à Montréal. Il y en a des travailleurs. Je vais régulièrement en Afrique dans le cadre de mon travail et je pourrais emplir un avion d’individus prêts à venir travailler. Mais il y a une méconnaissance du pays, du Québec. Alors imaginez comment ils perçoivent les régions? » ajoute-t-il.
Besoins criants
La situation devient alarmante en ce qui concerne l’emploi. Selon le représentant du Forum mondial, l’indice de remplacement de la main-d’œuvre sur la Côte-du-Sud était de 54% en 2015, il a baissé à 50% ces années-ci et atteindra bientôt 47%.

« Cela signifie que pour 100 travailleurs qui partent à la retraite, il y en aura seulement 47 en provenance d’ici pour les remplacer », dit M. Echrat.

Cette baisse de la démographie étant marquée par une baisse de naissances, elle implique donc la fermeture d’écoles au primaire, la cessation de programmes d’enseignement professionnel au secondaire et au collégial et le manque d’étudiants pour combler les emplois d’été, dans les commerces, etc.
Voilà pourquoi les entrepreneurs qui réussissent à recruter une main-d’œuvre en provenance de l’extérieur souhaitent une intégration réussie. « Ces gens ne nous connaissent pas, d’où l’importance de comprendre leur historique. Connaître et découvrir leur culture, c’est essentiel», conclut Mme Laouari, qui croit en l’importance de mettre en place un organisme visant à faciliter l’accueil et la rétention.

Ci-joint, l’intégral de Personne n’en parle

 

 

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