ITAQ : rien de moins qu’un moratoire en médecine vétérinaire

Éric Maltais
ITAQ : rien de moins qu’un moratoire en médecine vétérinaire
Une belle manifestation pacifique. (Courtoisie : Le Placoteux – Maxime Paradis)

Autour de 800 personnes accompagnées d’une trentaine d’agriculteurs au volant de leur tracteur ont pris d’assaut les rues de La Pocatière, samedi dernier, afin d’envoyer un signal fort au gouvernement de François Legault et aux gestionnaires de l’Université de Montréal (UM): ils veulent un moratoire, le temps qu’une étude soit effectuée au sujet de l’implantation de la Faculté de médecine vétérinaire dans l’Est du Québec et qu’elle tienne compte de La Pocatière comme site potentiel, considérant la présence historique de l’Institut de technologie agricole du Québec en son sein (ITAQ).

« On est très content de la participation citoyenne. Nous sommes heureux que les gens se soient déplacés, qu’ils se soient mobilisés et qu’ils aient roulé de façon pacifique », a d’abord lancé Nancy Dubé, directrice de la Chambre de commerce de L’Islet-Kamouraska, partenaire du comité organisateur de cette mobilisation.

Questionnée à savoir s’ils pensaient être vraiment entendus dans ce dossier, Mme Dubé a lancé : « Certain que cette fois le gouvernement aura des échos. Les médias nationaux couvraient cet événement. Pourquoi ne nous répondraient-ils pas? Ils le devront, car nous n’arrêterons pas là ».

Des appuis
D’ailleurs cinq des six candidats connus à ce jour en vue des élections du 3 octobre, dont Éric Duhaime, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) ont accepté l’invitation et ont publiquement appuyé l’ITAQ. Seul Mathieu Rivest, de la Coalition Avenir Québec, brillait par son absence. « J’espère que les gens vont voter pour quelqu’un qui les représentera. On n’a pas été gâté depuis quatre ans. Notre choix, notre priorité nous à la Chambre de commerce, c’est de veiller à notre économie locale d’abord », a poursuivi la directrice.

Frédéric Poulin, du PCQ, frappe fort sur le clou : « Le plus compliqué à comprendre, c’est pourquoi La Pocatière n’a jamais été considérée dans ce dossier. Cette démarche, elle appartient à l’UM, mais nous ne comprenons pas pourquoi il n’y a pas eu une vraie étude ».

M. Poulin exige donc du premier ministre François Legault l’imposition d’un moratoire sur l’octroi des contrats pour la réalisation du projet à Rimouski, ainsi que le financement d’une étude de faisabilité du projet à La Pocatière.

« Il n’est pas trop tard pour agir. Ce que ça prend, c’est de la volonté politique. J’ai lu ladite étude de l’UM financée par le gouvernement de la CAQ. Nous sommes déjà une année en retard par rapport au calendrier. Donc, ce n’est pas quelques mois supplémentaires qui changeront quelque chose à la pénurie de vétérinaires. Par ailleurs, j’ai visité le site de l’Université du Québec à Rimouski lundi dernier et, contrairement à ce que la députée sortante affirmait, aucun projet de construction n’a débuté sur les espaces principaux de l’université », ajoute celui qui est aussi agriculteur à l’Isle-aux-Grues.

Selon lui, après vérification du système électronique d’appel d’offres du gouvernement du Québec (SEAO), il appert que seul le contrat d’étude géotechnique et environnementale, au montant de 42 915 $, a été accordé le 11 août dernier. Les autres appels d’offres pour des services professionnels en architecture concernant la construction ou des services professionnels en génie mécanique et électrique, de même que ceux pour des services professionnels en génie pour la structure, ne seraient pas encore conclus.

« L’ITAQ n’a jamais été considérée par le gouvernement Legault! De surcroît, on apprend à la lecture de ce programme que notre députée sortante a appuyé non seulement une fois, mais bien deux fois par écrit le projet tel que présenté à Rimouski. Le plus blessant dans cette lecture c’est qu’elle fait référence à « la vitalité des régions et au succès de programmes similaires où près de 80 % des personnes formées demeurent en région. » C’est un réel succès académique, social et économique. »

Rivest se veut rassurant
Rencontré à Berthier-sur-Mer vendredi soir dans le cadre du lancement des activités entourant le lancement de la Fête des Arts & Traditions, le candidat caquiste s’est fait rassurant, affirmant qu’il se dit beaucoup de choses mais qu’il faut attendre la suite des événements avant de conclure trop vite.

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