Le besoin de pharmaciens se fait sentir dans le réseau de la santé

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Par Diane Gendron
Le besoin de pharmaciens se fait sentir dans le réseau de la santé
François Paradis, président de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. Celle-ci regroupe 1600 membres sur 9000 pharmaciens au Québec.

Le manque d’effectifs sévit dans plusieurs secteurs d’activités. Mais il en est un dont on n’a peu entendu parler, c’est celui de la pharmacie dans le réseau de la santé. S’arrêtant à nos bureaux dans le cadre d’une tournée, le 1er mai, le président de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.), François Paradis, révélait l’impact de cette pénurie et les pistes de solution proposées.

D’abord, l’état des lieux: seulement 17 % des pharmaciens du Québec travaillent dans les établissements. Le taux de pénurie s’élève à 18%, très près de la moyenne provinciale qui est de 19 %.

Le rôle du pharmacien en établissement de santé et CHSLD touche à deux volets: la distribution des médicaments et les soins pharmaceutiques sur les étages auprès des patients, par l’analyse en profondeur de la médication et les ajustements permettant d’éviter la cascade d’événements susceptibles d’engendrer des problèmes. «On va même jusqu’à déprescrire certains médicaments», indique M. Paradis en ajoutant qu’en moyenne un bénéficiaire en CHSLD prend 14 médicaments différents.

Bref, ces interventions individualisées apportent une valeur ajoutée dans les unités de soins, souligne le président de l’A.P.E.S. «Or le manque d’effectifs a un impact direct sur ce type d’activité qu’on va être obligé de restreindre, parce qu’il faut s’occuper d’abord des services essentiels», dit-il.

Les solutions

Les solutions passent d’abord par la diplomation d’un plus grand nombre de pharmaciens. «Le cours de pharmacie de base, c’est quatre ans d’université, par contre pour travailler en établissement de santé, il y a une formation supplémentaire de 16 mois pour obtenir une maîtrise en pharmacothérapie, qui permet d’avoir les connaissances pour travailler avec les personnes âgées.

Actuellement en moyenne, au cours des cinq dernières années, 65 personnes obtiennent leur maîtrise annuellement pour tout le Québec. «Il faudrait en avoir au moins une centaine par année» observe M. Paradis. L’Association a amorcé des pistes de solution en travaillant à promouvoir la profession dans le cadre de colloques annuels.

Par ailleurs, compte tenu des besoins qui augmentent avec la population qui vieillit et les médicaments qui sont de plus en plus complexes, il faudrait que le ministère de la Santé et des Services sociaux ouvre davantage de postes pour envoyer un message à la relève qu’il y a de la place dans le réseau, note le président de l’Association. Il faudrait aussi faire connaître l’accessibilité à un nouveau programme d’intéressement, en force actuellement dans cinq régions, permettant à un étudiant à la maîtrise d’être payé pendant cette période.

Finalement, la solution passe aussi par un salaire concurrentiel par rapport à celui offert aux pharmaciens du secteur privé.

En terminant, François Paradis croit que le ministère réalise l’ampleur du problème. Cependant, le président de l’APES lance une dernière observation à savoir qu’il est toujours préférable de trouver des solutions d’intéressement que des solutions de contraintes pour attirer la relève.

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