Le CISSS et Réhab rencontrent les citoyens inquiets

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Par Katy Desjardins
Le CISSS et Réhab rencontrent les citoyens inquiets
Michelle Michaud, directrice générale de Réhab, Michel Laroche, directeur des programmes santé mentale et dépendance au CISSS et le maire de Montmagny, Marc Laurin, lors de la rencontre du 5 mai.

Le 5 mai dernier, une rencontre d’information a été organisée par la Ville de Montmagny pour les citoyens qui sont situés près de la résidence de l’organisme Réhab qui ouvrira prochainement sur la rue Samuel-Caron. La directrice générale de Réhab, Mme Michelle Michaud, et le Directeur des programmes santé mentale et dépendance au CISSS Chaudière-Appalaches, M. Michel Laroche, étaient présents afin de rassurer la population sur les services qui seront offerts.

M. Laroche explique que Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches avait déterminé que les MRC de Montmagny et de L’Islet avaient besoin d’environ sept places d’hébergement en ressources intermédiaires en santé mentale pour sa population. À la suite d’un appel d’offres public, le contrat a finalement été octroyé à Réhab qui offrira finalement neuf places. Le directeur ajoute que l’organisme a l’obligation d’opérer la résidence selon les critères du CISSS, sans quoi le contrat pourrait être résilié. Des visites seront fréquemment effectuées afin de vérifier la conformité des lieux.

Il mentionne l’importance d’offrir le service d’hébergement à proximité de la communauté dans laquelle les gens résident. Le directeur explique que cela permet de garder la famille proche de la personne, donc de s’assurer qu’elle aura un bon suivi lorsqu’elle retournera vivre chez elle. « La famille c’est un outil majeur pour ces gens pour lui permettre de se rétablir. »

Le CISSS de Chaudière-Appalaches opère environ 45 ressources intermédiaires en santé mentale dans la région administrative.

Michel Laroche reconnait que les enjeux de santé mentale peuvent faire peur aux gens lorsqu’ils ne sont pas familiers avec les diverses clientèles. « C’est une clientèle que l’on connait peu malheureusement. Au début c’est normal d’être méfiant, mais après on réalise que ces gens sont simplement des personnes qui ont vécu une mauvaise expérience, qui ont perdu un emploi, qui ont vécu une rupture amoureuse et qui ont perdu pied. »

M. Laroche reconnait que les préoccupations des citoyens sont tout de même légitimes, mais il tient à les rassurer sur la clientèle : « Il n’y aura pas de pédophilie, de prédateur, etc. Ces gens ne vont pas dans une ressource intermédiaire. Il n’y aura pas d’autre clientèle que santé mentale.»

Selon les représentants présents à la rencontre, des intervenants seront présents en tout temps sur les lieux afin de superviser les résidents. Mme Michaud ajoute qu’ils seront choisis en fonction de la clientèle présente afin de répondre aux besoins de tous. Elle explique qu’il est plus facile pour Réhab de trouver les bons intervenants malgré le manque de main-d’œuvre, car l’organisme opère plusieurs résidences dans Chaudière-Appalaches et bénéficie d’une grande équipe.

La Résidence de la Rive devrait être opérationnelle vers la fin du mois de mai. Le CISSS de Chaudière-Appalaches s’est engagé lors de la rencontre à en tenir de nouvelles afin de rassurer les citoyens davantage par rapport aux enjeux liés à la santé mentale.

Les citoyens ne se sentent toujours pas rassurés

À la sortie de la rencontre du 5 mai dernier, le groupe de citoyen ayant été invité ne se disait pas plus rassuré à propos de la nouvelle résidence qu’ils ne l’étaient avant de recevoir les informations de Michel Laroche du CISSS de Chaudière-Appalaches et de Michelle Michaud, directrice générale de Réhab.

Leurs craintes principales demeurent à propos de la clientèle qui résidera dans cette ressource intermédiaire en santé mentale. Selon l’appel d’offres public que les citoyens ont réussi à obtenir, sous la rubrique « Caractéristiques de la clientèle confiée à la ressource intermédiaire », un passage à propos de caractéristiques particulières que certains clients pourraient avoir mentionne : « Présente un tableau clinique complexe comme par exemple la consommation de drogue, des démêlés avec la justice, un trouble grave du comportement; démontre un niveau de dysfonctionnement dans plusieurs sphères de vie. »

Lorsque confronté à ce passage par un citoyen lors de la période de questions, M. Laroche mentionne que le CISSS de Chaudière-Appalaches doit s’assurer d’être en mesure de servir une clientèle plus large que celle qui habitera la résidence. Il ajoute que personne avec des démêlés à la justice ne devrait être placé dans ce quartier. Il mentionne toutefois qu’il ne peut pas garantir à 100 % que cela n’arrivera jamais.

Les citoyens ne se disent pas satisfaits de ces paroles et souhaiteraient que ce passage de l’appel d’offres soit retiré par le CISSS afin de s’assurer que cette clientèle ne se retrouvera pas éventuellement près de chez eux.

Les résidents déplorent également le manque de collaboration de la Ville de Montmagny dans le dossier. Ils expliquent avoir demandé à l’administration municipale d’ouvrir la rencontre d’information à tous les citoyens de leurs quartiers, mais environ 50 personnes ont reçu une invitation. Plusieurs sièges étaient vides lors de la séance, mais plusieurs citoyens ont n’ont pas pu entrer, car ils ne demeuraient pas dans le périmètre déterminé par la Ville. Il était toutefois possible d’assister virtuellement à la rencontre et l’enregistrement de cette dernière est disponible sur le site web de la Ville de Montmagny.

Toujours selon les résidents présents à la séance d’information, l’administration municipale aurait dû être en mesure de répondre aux questions de ces derniers avant le 5 mai, car ils tentent d’obtenir des réponses depuis le 18 février.

Un commentaire du maire difficile à avaler

Lorsqu’un citoyen a posé une question sur l’impact que pourrait avoir cette résidence sur la valeur de sa maison, le maire de Montmagny, Marc Laurin a répondu : « Je suis rassuré par ce que j’ai entendu, maintenant avec l’attitude de certain, peut-être que vous être en train de créer un problème. À force d’attirer l’attention sur quelque chose, on crée une problématique qui n’existe pas qui pourraient faire dévaluer le secteur. »

À la fin de la rencontre, des citoyens ont repris le micro afin d’affirmer leur désaccord par rapport à ce point de vue du maire. « Oui, on est un regroupement citoyen, oui nous nous sommes préparés, mais de me faire dire qu’on crée de la peur en posant des questions, je ne suis pas à l’aise avec ça. », exprime Mme Audrey Martin. Elle a ajouté qu’elles croient les questions des citoyens légitimes et qu’ils sont en droit de connaitre la ressource qui s’installe près de chez eux. Plusieurs personnes présentes ont appuyé ses affirmations à la fin de la rencontre.

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