Le manque de main-d’œuvre pèse de plus en plus sur nos entreprises

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Par Katy Desjardins
Le manque de main-d’œuvre pèse de plus en plus sur nos entreprises
Marie-Pier Pedneault, Maibec, Annick Tremblay, Ouellet Canada, Annie Beaumont, Amisco et Frédéric Jean, Emballages LM.

La Table régionale des élus municipaux de la Chaudière-Appalaches (TREMCA) avait fait une sortie médiatisée en novembre 2021 afin de dénoncer les problèmes occasionnés dans le milieu manufacturier par la pénurie de main-d’œuvre et d’émettre des recommandations. Environ six mois plus tard, TREMCA dénonce le fait que malgré plusieurs rencontres avec les instances gouvernementales, la situation demeure toujours la même.

Avec 2,8%, Chaudière-Appalaches est la région qui présente le taux de chômage le plus bas au Canada. Elle est aussi la région au Québec dont la plus grande part de l’économie origine du secteur manufacturier.

Les élus et les entreprises manufacturières de Montmagny-L’Islet s’unissent afin de rappeler au gouvernement l’importance d’agir afin d’améliorer la situation par rapport à la pénurie de main-d’œuvre. TREMCA dénonce que les mesures du gouvernement provincial, comme « Opération main-d’œuvre » n’incluent toujours pas le secteur manufacturier.

Les entrepreneurs de la région ne parviennent pas à répondre à la demande présentement à cause de ce problème. Ils doivent donc refuser des contrats, allonger leurs délais de productions, ou encore envoyer une partie de leur production dans leurs usines ailleurs dans le monde.

Rendre le travail avantageux

Pour les entreprises, il serait important de pouvoir garder leurs employés plus longtemps. Pour se faire, elles sont d’avis qu’il faut faire des assouplissements fiscaux pour les travailleurs de plus de 60 ans et les heures supplémentaires. Ainsi, plusieurs pourraient conserver leur emploi plus longtemps une fois l’âge de la retraite arrivé, car ils ne seraient plus autant pénalisés au niveau fiscal. « Cela serait une façon de pouvoir répondre à la demande à court terme. On le vit fréquemment, plusieurs qui partent à la retraite nous disent que s’il y avait plus d’avantages fiscaux, ils continueraient à travailler encore avec nous », explique Charles Tardif, Vice-Président, Développement des affaires et de l’Approvisionnement chez Maibec.

Automatisation

TREMCA souhaite aussi que le gouvernement donne les moyens aux entreprises de faire une migration technologique dans leur usine. Une plus grande part de la production serait ainsi assurée par les machines. Pour se faire, les PME auront besoin de soutien et de ressources, car cela n’est pas toujours facile à obtenir en région.

Les entrepreneurs rappellent que cela ne réglera pas entièrement le problème de pénurie de main-d’œuvre. Ils indiquent que moins d’employés seront nécessaires pour la production, mais qu’il en faudra plus pour l’entretien de l’équipement. Cela demande donc plus d’électromécaniciens, par exemple, un emploi pour lequel il est aussi difficile de recruter en ce moment.

« Quand on dit que 90% de nos entreprises sont en recherche de main-d’œuvre, la situation est grave. Il est impératif que le gouvernement prête une oreille attentive à leurs besoins, si on veut continuer à développer, il faut des changements », conclut la préfet de la MRC de Montmagny, Jocelyne Caron.

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