Les puits privés d’Armagh intacts, concluent les chercheurs

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Par Eric Maltais
Les puits privés d’Armagh intacts, concluent les chercheurs
Des citoyens attentifs.

Selon le rapport des experts de firmes spécialisées, Arrakis et l’INRS, les puits privés résidentiels visés par deux études ne sont pas impactés par le site d’enfouissement sanitaire (LES) d’Armagh, au grand soulagement des élus municipaux de Bellechasse.

Ils ajoutent que ces puits se situent en amont du réseau hydrogéologique, faisant en sorte l’écoulement des eaux du LES dans le bassin versant se fait en direction nord vers le Ruisseau Roy, qui lui se déverse dans la Rivière-du-Sud menant au fleuve Saint-Laurent.
Voilà les conclusions des études présentées devant une quarantaine de personnes, élus et citoyens, mardi soir à la salle municipale d’Armagh. L’objectif de cette soirée était de permettre aux gens inquiets de tirer leur propre conclusion, à partir des éléments rendus publics.
« L’étude d’Arrakis, selon Marie-Claude Pharand, hydrogéologue, identifie très clairement que le sens d’écoulement de l’eau souterraine et de surface pouvant entrer en contact avec les activités du site d’enfouissement est contraire à la direction des puits privés localisés à proximité, ce qui les préserve de toute influence ». Ainsi, aucune résidence ne se situe dans le sens de l’écoulement des eaux.
Mme Pharand a rappelé que le premier mandat pour une analyse d’échantillonnages avait été donné en 2014 à la firme Aquatec, alors que cinq puits sur six avaient des problématiques. Il y avait donc eu une cueillette d’échantillonnage entre 2015 et 2017. En septembre 2017, Arrakis obtenait le mandat de faire l’étude à partir des données recueillies.
Suivre la topographie
Au sujet de la qualité de l’eau souterraine dans l’ensemble de la zone étudiée, « l’étude de l’INRS du Québec, de l’équipe du chercheur René Lefebvre, démontre un écoulement rapide et dynamique de l’eau, de même que le renouvellement rapide des eaux souterraines en raison de la topographie du secteur et des caractéristique du sol. Ces facteurs, ajoute le scientifique Jean-Marc Ballard, favorisent la dilution et l’atténuation des faibles concentrations de composés du site d’enfouissement pouvant atteindre l’eu souterraine.
Les coûts de ces études ont été défrayés par la MRC de Bellechasse et la municipalité d’Armagh. Les résultats étaient attendus car le site reçoit des matières résiduelles en provenance de trois MRC : Montmagny, Bellechasse et Lac Etchemin.

Satisfaits 
Le préfet Clément Fillion n’a pas manqué de souligner qu’il était de leur responsabilité de répondre aux interrogations de leurs citoyens quant à la qualité de l’eau souterraine sur le territoire et de leur permettre d’obtenir l’information souhaitée. Quant au maire d’Armagh Sarto Roy, à partir du moment où il y avait une inquiétude au sujet de la contamination des puits, il fallait s’assurer d’une expertise appropriée pour évaluer la qualité de l’eau. La combinaison des deux études leur donne maintenant une vision claire.
Les études des chercheurs appuient leur conclusion sur des suivis de l’eau effectués depuis 2005 au moyen de plusieurs puits d’observation, de puits de citoyens et de puits témoin, c’est-à-dire en dehors du périmètre délimité. Aussi, 16 nouveaux puits d’observation réalisés par les chercheurs de l’INRS en 2017-2018 permettront d’effectuer un suivi transparent. Ils permettront de détecter tout changement éventuel non prévu de la qualité de l’eau et d’assurer les mesures d’intervention au besoin. Il y a maintenant 30 puits en amont du LES sur moins de cinq kilomètres carrés qui permettent la captation de données.
Bonne qualité
Il est relevé dans les conclusions que le volume de contaminants est largement atténué par les eaux souterraines, que la propriété de l’eau est peu modifiée dans ce bassin versant, qu’il y a très peu de composés chimiques et qu’il n’y a eu aucune augmentation en ce sens depuis 2005.
Quant aux analyses d’eau du secteur comparé à d’autres sites, sur des prélèvements effectués entre 2005 et 2018, elle démontre une eau ferreuse en lien avec la géologie du territoire, avec parfois des odeurs de sulfures ou un goût désagréable, comme il s’en retrouve sur bien des territoires, selon François Huchet, scientifique à l’INRS.
Présence de BPC
Quant la présence de BPC, ces huiles usées provenant essentiellement de transformateurs d’Hydro-Québec, il est impossible de déterminer comment elles sont arrivées et le pourquoi de leur présence, mais leur teneur est si faible qu’elle ne présentait aucun risque pour la santé. Une trace avait été relevée en 2013, mais avec une dose 800 plus faible que la norme prescrite. Cette réponse déçoit les citoyens.
Faille des Abénaquis
Sur l’ancienne cartographie dans les années 1990, certains soulevaient la possibilité qu’il y ait une faille dans ce secteur, communément appelée Faille des Abénaquis, qui aurait pu être problématique. Or, depuis 2012, il est acquis au ministère de l’Environnement que cette faille n’existe pas, la plus proche ayant été cartographiée à ce jour se situant à trois kilomètres au sud-est du site.

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