Ô sacro-sainte liberté !

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Par Céline Chabot
Ô sacro-sainte liberté !

Mais qu’est-il donc arrivé à ce mot ? Ce mot si cher, si précieux avant qu’il ne soit galvaudé, utilisé à toutes les sauces dans le seul but de satisfaire ses désirs les plus puérils, se concentrer uniquement sur son nombril ?

Qu’en est-il advenu, pauvre de pauvre petit mot si maltraité ? Avons-nous oublié que nos prédécesseurs se sont battus pour la liberté, la vraie ? Qu’ils en sont morts pour la plupart ? Si quelqu’un avait crié LIBERTÉ au temps de l’infâme esclavagisme, la majorité aurait applaudi. Quand les femmes ont crié LIBERTÉ alors qu’elles ployaient sous le joug du patriarcat plusieurs ont suivi, vrillé au coeur l’espoir d’un monde meilleur. Quand les homosexuels, encore passibles de la peine de mort dans certains pays rappelons-le, ont crié LIBERTÉ, nombreux sont ceux qui se sont levés et ont marché à leurs côtés.

Ainsi, la liberté se révèle d’abord et avant tout une quête pour les opprimés de la planète : ceux qui se font massacrer au nom de la guerre, de la répression, du fascisme, de la tyrannie. Les laissés-pour-compte dont se foutent éperdument leurs exploiteurs se remplissant les poches et la panse. Ça vaut pour les exclus, les femmes battues, les enfants abandonnés promis à une vie pleine d’embûches, les travailleurs enchaînés à un dur labeur pour un salaire de misère…

Mais voilà, nous lui avons enlevé tout son sens. Allez savoir si le Petit Robert ou le Larousse ne changeront pas bientôt sa définition dans le dictionnaire ! Aujourd’hui, liberté signifie tout simplement faire ce que l’on veut quand on le veut, comme on le veut et où on le veut, aux dépens de la collectivité. « Libârté » serait-il devenu synonyme d’égoïsme, quand on ne pense qu’à soi et qu’on se fout des autres ?

Il semble pourtant qu’il n’y a pas si longtemps, les gens se montraient sensibles à la réalité de ceux qui les entouraient. Ils s’entraidaient, se parlaient sans passer par les réseaux sociaux, avaient même des projets de société… Imaginez !

Maintenant on va à Cancún en temps de pandémie et on se conduit en irresponsables finis, jouant les clowns à bord d’un avion. C’est comme ça. On est rendu là. Il s’agit d’une minorité d’abrutis ? Bien sûr, mais ils se disent influenceurs et plusieurs demeurent – comment dire – fragiles. Où et quand avons-nous perdu le nord ? Dur à dire. Tout comme il devient difficile de déterminer qui exactement il faudrait blâmer pour ce genre de spectacle ô combien désolant.

Liberté : un mot massacré. Responsabilité : un mot oublié.

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Talbot
Talbot
5 mois

C’est certain que quand on se met à croire qu’il y a un rhume tellement grave q’il faut se faire tester pour apprendre qu’on l’a, on embarque dans le narratif communiste et on tourne tout à l’envers! Quand j’ai mal à la tête, je prends une aspirine et ça fonctionne même si je n’oblige pas le monde entier à en prendre une en même temps que moi!

Tremblay
Tremblay
5 mois

En quoi des gens qui vont en voyage dans un pays libre, histoire de se reposer de l’atmosphère étouffante artificiellement crée par nos élus paniqués, serait plus irresponsable que les décisions de faire travailler des soignants positifs prises par ces élus?