Une fillette du Bélarus se refait une santé à Saint-Michel-de-Bellechasse

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Par Diane Gendron
Une fillette du Bélarus se refait une santé à Saint-Michel-de-Bellechasse
Dès son arrivée, Katia a eu un coup de cœur pour Mikiuk, le chien du couple.

Depuis le 22 juin, Mireille Bergeron et Florence D’Allaire de Saint-Michel-de-Bellechasse partagent leur vie quotidienne avec Katia Ecatarina Orlova, une fillette du Bélarus. La petite habite le pays voisin de l’Ukraine, où se trouve la centrale Tchernobyl détruite lors d’un accident nucléaire en 1986. Depuis plusieurs années, la fondation Séjour Santé Enfants Tchernobyl (SSET) rend possible ces séjours à l’étranger en trouvant des familles d’accueil pour permettre à ces jeunes de se refaire une santé afin de mieux combattre les radiations.

Diane Gendron-L’Oie blanche

Katia fait partie du groupe de 12 jeunes dispersés dans autant de familles québécoises. Dans son pays, elle habite à Krasnopolye, une ville qui se trouve en zone contaminée. D’ailleurs, 23% du territoire du Bélarus se situe dans cette zone.

Arrivée le 22 juin, Katia repartira vers son pays le 9 août.

Née bien après la catastrophe nucléaire, elle célébrait ses 10 ans le 12 juillet dernier, le jour même où nous l’avons rencontré en compagnie du couple qui l’accueille. Mignonne mais plutôt timide, Katia portait sa plus belle robe pour fêter son anniversaire. Elle trimballe sa peluche nommée Mouton un peu partout. Dans son bagage, elle a aussi apporté des cadeaux pour sa famille d’accueil.

Un rayon de soleil

Pour le couple de Saint-Michel-de-Bellechasse, Katia est un rayon de soleil dans leur vie. «Elle nous procure beaucoup de bonheur. On la voit progresser et découvrir avec intérêt notre environnement. Elle aime nos cours d’eau et nos montagnes, peu présents dans son pays. Elle a adoré ses balades sur les traversiers de Québec et de l’Île-aux-Grues» racontent-t-elles. La fillette aime aussi les jeux de société, jouer à la cachette et bricoler.

Dès son arrivée à Saint-Michel, Mikiuk, le chien du couple, a conquis le cœur de Katia. Au dire des deux femmes, cet ami à quatre pattes est devenu un compagnon de jeu mais également une source de motivation pour apprendre des mots français. À ce sujet, il y a aussi Google traduction qui aide à converser entre sa famille temporaire au Québec et ses parents au Bélarus.

Un rêve partagé

L’idée d’accueillir un enfant de la zone contaminée de Tchernobyl a germé dans la tête de Mireille Bergeron, directrice d’écoles, après avoir entendu le récit de l’expérience d’un couple d’enseignants de Montmagny, Richard Fradette et Chantal Blais. Ceux-ci ont accueilli à chaque été une fille, prénommée Lisa, provenant de la région affectée. Ils conservent encore des liens étroits avec elle.

Aimant voyager, le couple Bergeron-D’Allaire s’intéresse aux autres cultures et va volontiers à la rencontre des gens. Dans leur maison, une impressionnante bibliothèque révèle leur passion pour le monde.

Les ravages de la radiation

Le jour de notre entrevue, Larissa Losseva, l’interprète de la fondation SSET qui accompagne les 12 familles québécoises dans leur expérience, était présente à Saint-Michel-de Bellechasse. Parlant fort bien le français, elle a raconté à quel point son pays demeure touché par la contamination radioactive. «Les radiations restent des centaines d’années. Quand un élément comme le cisium arrive à sa demie vie (après 30 ans), un autre se développe. On ne sait pas aujourd’hui quelles sont les choses qui vont se développer dans le futur» explique Mme Losseva.

Les ravages causés par cette catastrophe sont encore bien visibles dans les «no mans land» entièrement brûlés. Les arbres sont morts, les villages détruits. Au début, il y avait des règles de consommation à respecter dans la région habitée de la zone contaminée. Maintenant, il existe des laboratoires où l’on peut mesurer les taux de radiation des fruits et des légumes, etc. De plus, une fois par année les enfants vont au sanatorium avec les enseignants pour une période de 24 jours et c’est gratuit» note l’interprète.

Lors de son passage à Saint-Michel, pour souligner la fête de Katia, Mme Losseva a concocté un repas aux saveurs du Bélarus. Au menu, le borsh (soupe à la betterave), des crêpes de patates farcies de viande, des boulettes de viande, sans oublier le gâteau.

Soulignons en terminant que les familles qui accueillent ces enfants le font à leurs frais (transport aérien, assurances, coût de l’obtention du visa et de l’interprète). Les dons sont appréciés. On peut toujours le faire en émettant un chèque au nom de Séjour Santé Enfants Tchernobyl.

Katia Orlova et l’interprète Larrissa Losseva (au centre) posent en compagnie de Mireille Bergeron et Florence D’Allaire qui accueillent la fillette dans leur maison.
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