Vol de données : Desjardins se veut rassurant…

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Par Eric Maltais
Vol de données : Desjardins se veut rassurant…

Malgré le vent de face que doit affronter le mouvement Des jardins à la suite de la fraude de près de 3 millions de données sensibles de membres, la direction tente de rassurer les coopérants.
Suis-je touché par l’ampleur du phénomène? Comment dois-je rendre mes opérations sécuritaires? Quelles données sensibles à mon sujet risquent de venir me hanter dans quelques années? Mes REER sont-ils protégés? Voilà autant de questions que se posent les membres et la liste s’allonge tant et aussi longtemps que les réflexions se poursuivent…
Ainsi, précisons que les données volées sont les nom et prénom, dates de naissance, numéros d’assurance sociale, adresses, numéros de téléphone, courriel, habitudes transactionnelles et les produits détenus (compte bancaire, épargne, REER, assurances, etc).
Alors, les clients doivent aujourd’hui redoubler de prudence, s’assurer que les transactions effectuées aux comptes sont les bonnes, prendre le temps d’appeler à la ligne sans frais 1 800 224-7737 (1 800 CAISSES) du lundi au dimanche entre 9 h et 21 h ou, pour les entrepreneurs, à la ligne 1 888 233-2473 (1 888 AFFAIRE) s’il y a des questions sans réponse. Il faut aussi porter attention aux messages textes et courriels qui solliciteraient des informations personnelles. Desjardins confirme ne jamais procéder de cette façon.
L’institution financière a confirmé qu’elle offrira à ses clients dits à risque un service de surveillance du dossier de crédit et d’assurance d’une durée de cinq ans par la firme Equifax, incluant une surveillance quotidienne du dossier de crédit, des alertes en cas d’activité et une assurance de 50 000$ en cas de vol d’identité.
Vol d’un employé
D’entrée de jeu, il faut préciser qu’il s’agit d’un vol sans précédent de données personnelles qui a été l’affaire d’un employé du mouvement qui doit maintenant affronter la justice. Il reste à découvrir comment cet individu va collaborer avec les autorités policières menant l’enquête et évaluer comment et à qui ces informations ont pu être retransmises afin de valider leur circulation au fil des ans. Le fait que ces données puissent évoluer dans le temps brise ce sentiment de confiance qui existait chez les coopérants. Ce dossier a fortement ébranlé le présidente de Desjardins, Guy Cormier.
Chez les caisses régionales Desjardins, dont celles de la Côte-du-Sud, le mot d’ordre a été passé d’éviter de formuler des commentaires à ce sujet. À l’institution du boulevard Taché à Montmagny, le directeur Steeve Ouellet nous a référé à leur service de relations avec les médias.  L’Oie Blanche a alors appris que les employés ont été outillés de façon à répondre aux questions. Mais au final, les gens sont orientés vers les équipes destinées à traiter les appels téléphoniques.
Pointe de l’iceberg?
Les vols de données ne datent pas d’hier. Ashley Madison en 2015, Marriot en 2018, Facebook en 2018 (29 millions d’usagers), de même que d’autres institutions financières au Québec, dont la Banque de Montréal (50 000 clients) et la CIBC (40 000 usagers) qui ont été piratées récemment.
Tout cela sans parler des vols d’identité, un fléau dont on ne parle peu afin d’éviter de semer la panique dans l’ensemble des institutions financières.
Cette fraude survient la semaine même où Facebook faisait part de son projet de lancer une monnaie virtuelle. La libra, nous informe-t-on, serait une devise numérique adossée à une réserve d’actifs réels, y compris des dépôts bancaires et des titres d’État, et détenue par un réseau de dépositaires, dont Mastercard et Visa. Elle serait dotée d’une structure permettant d’assurer la confiance et la stabilité de son cours. Les personnes utilisant cette monnaie bénéficieraient d’un « degré d’assurance élevé » de pouvoir convertir sa devise numérique en devises, soutient-on. Voilà qui crée tout un questionnement sur la sécurité sur les réseaux sociaux.

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