Charles Milliard veut redonner du pouvoir aux régions
Candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard affirme vouloir faire des régions une priorité centrale de sa campagne et éventuellement de son leadership. Issu d’une famille de la Côte-du-Sud, il dit bien connaître les réalités vécues à l’extérieur des grands centres.
« Je veux être candidat dans la circonscription d’Orford. Ma famille vient de la Côte-du-Sud. J’ai des racines à Saint-Pacôme, Rivière-Ouelle, Saint-Gabriel. Je connais bien le coin », a-t-il expliqué en entrevue.
Pour M. Milliard, la revitalisation des régions passe d’abord par un changement des relations entre Québec et les municipalités. Il souhaite accorder davantage d’autonomie aux administrations locales afin qu’elles puissent répondre plus efficacement à leurs enjeux propres. « Il faut redonner plus de pouvoir aux municipalités pour régler nos enjeux locaux et régionaux », soutient-il.
Le candidat libéral mise également sur le dynamisme économique des PME pour assurer l’avenir des régions. Il souhaite revoir la fiscalité des entreprises et favoriser l’entrepreneuriat local, tant chez les jeunes que chez les moins jeunes. « Je veux que les rues principales et les parcs industriels du Québec soient remplis de gens qui veulent se partir en affaires », affirme-t-il.
La place accordée aux aînés constitue un autre pilier de sa réflexion. Selon lui, le manque de ressources adaptées en milieu rural contribue à l’exode et à l’affaiblissement du tissu social. « Il faut construire davantage de résidences et de ressources intermédiaires dans nos régions rurales pour éviter que nos aînés soient déracinés et que les familles se séparent », avance-t-il.
Dans un contexte économique incertain, notamment marqué par les tensions commerciales avec les États-Unis, Charles Milliard reconnaît l’inquiétude grandissante chez les entrepreneurs. Pour y répondre, il plaide pour une diversification accrue des marchés. « Il faut soutenir les efforts pour développer le commerce avec le reste du Canada. On a un potentiel inexploité avec l’Ontario et le Nouveau-Brunswick. Le reste du Canada, c’est un potentiel inexploité de 40 millions d’habitants », dit-il, tout en rappelant l’importance de tirer profit des accords de libre-échange, notamment avec l’Union européenne.
Sur la question du coût de la vie, le candidat reconnaît la complexité du défi. « Si c’était facile, ça serait déjà réglé », admet-il. Selon lui, il faut augmenter les revenus ou diminuer les dépenses. Il mise toutefois sur la création de richesses et sur une plus grande consommation locale pour atténuer la pression sur les ménages. « Si une plus grande part du panier d’épicerie provenait de producteurs locaux, ça coûterait moins cher, ce serait meilleur pour l’environnement et ça aiderait à maintenir les gens dans les régions », soutient-il. Il milite en faveur de la création de politiques en ce sens pour faire une différence.
Enfin, Charles Milliard se dit préoccupé par l’exode des jeunes, un phénomène bien documenté dans les plus récentes données démographiques. Il affirme ne pas vouloir être un chef « qui ferme des villages », mais plutôt un leader qui favorise leur vitalité. « Il faut revoir les conditions de vie de nos agriculteurs, le régime forestier, le modèle de redevances minières. C’est en renforçant l’économie locale qu’on va garder nos jeunes et nos familles en région », conclut en insistant sur la nécessité de renforcer l’entreprenariat en Côte-du-Sud.