Alexis Caron-Côté aux premières loges des Jeux Olympiques
Alexis Caron-Côté n’était peut-être pas au départ d’une descente des Jeux olympiques de Milan-Cortina. Pourtant, il a lui aussi vécu l’expérience unique olympique. Ayant grandi à Montmagny pendant une dizaine d’années, il était à l’analyse des épreuves de surf des neiges, pour une troisième expérience sur la scène olympique après Pyeongchang en 2018 et Beijing en 2022.
« Décrire l’expérience, c’est toujours un moment fébrile. C’est un sport que je suis depuis que je suis tout jeune. Mon père avait la boutique Neige et Vent à Montmagny. Le snowboard, c’est chez nous depuis super longtemps. De pouvoir couvrir ce sport pour les Jeux olympiques, c’est un peu un aboutissement », confie-t-il.
Alexis Caron-Côté a décortiqué les épreuves de style libre de demi-lune, de grand saut et de descente acrobatique, autant chez les hommes que chez les femmes pendant deux semaines. En tant qu’analyste, c’est lui qui décrit chaque action et explique la dénomination des figures des planchistes pendant la descente, en passant par les degrés de rotation, la qualité de l’exécution des manœuvres ainsi que l’ampleur du saut. « Je décris la descente parce que ce sont des manœuvres. Si on prend la demi-lune, ce sont cinq manœuvres une à la suite de l’autre. Ça va vite. Je fais l’analyse, mais un peu de description par le fait même », souligne celui qui travaille en création publicitaire habituellement.
« Mon travail était vraiment de m’assurer que les néophytes comprennent ce qui se passe et que les adeptes puissent tirer leur compte aussi. »
Alexis Caron-Côté en n’est pas à sa première expérience aux Jeux olympiques. En 2018, il s’était envolé vers Pyeongchang en Corée du Sud pour sa première expérience sur la plus grande scène sportive au monde. En 2022, il avait aussi été au micro des épreuves de surf des neiges pour les JO de Beijing en Chine. Cette fois, en raison des restrictions sanitaires encore en place, il a dû analyser les figures à partir des studios de Montréal. La formule à distance a été reprise pour Milan/Cortina. « Je pouvais aller aux pratiques le matin, mon hôtel était à proximité des pentes, je jasais avec les athlètes », aborde-t-il, en ajoutant que cette proximité lui permettait d’enrichir son analyse, notamment sur les conditions des pistes. Il s’est toutefois adapté à cette formule à distance. Pour réduire l’écart entre être sur place et dans les studios, il a pris contact avec plusieurs athlètes canadiens sur les réseaux sociaux, où il a développé des contacts avec lesquels il a pu discuter quotidiennement afin de récolter davantage d’informations.
Un défi supplémentaire dans un sport largement teinté d’anglicismes. L’analyste prend soin de traduire les figures et d’en expliquer l’origine, question de rapprocher le public francophone de la discipline.
Son parcours vers les Jeux n’a rien d’un hasard. Depuis sa jeunesse, la planche à neige a été une partie intégrante de sa vie, notamment avec la boutique sportive Neige et Vent à Montmagny, dont son père était propriétaire pendant de nombreuses années. À son arrivée à Montréal, Alexis Caron-Côté a travaillé dans des boutiques spécialisées en planche à neige avant de participer à des chroniques d’équipement au Réseau des sports. De fil en aiguille, il a touché à la captation, puis à l’animation, notamment lors du Shakedown au mont Saint-Sauveur. Il a ensuite prêté sa voix à des émissions américaines traduites en français, avant d’être approché pour les Jeux de 2018.
Alexis Caron-Côté compte vivre une quatrième fois l’expérience olympique lors des Jeux olympiques d’hiver en 2030, qui se dérouleront dans les Alpes françaises.