Torture, séquestration et fraude : Dave Mathieu écope de près de six ans de prison
Pendant sept jours, cet homme a été battu, brûlé, humilié et mutilé dans un chalet de la région, au cœur d’un conflit lié au trafic de stupéfiants. Cette séquestration d’une brutalité extrême a mené à la condamnation de Dave Mathieu, 35 ans, de la région de Montmagny, qui devra purger 69,5 mois d’emprisonnement.
Dans un jugement rendu le 16 février au palais de justice de Québec, le juge Jean-Philippe Robitaille décrit une affaire marquée par une violence presque inimaginable, où la victime a vécu ce que le tribunal qualifie d’« une semaine d’horreur ».
Les événements remontent au 13 février 2024.
La victime, identifiée sous les initiales D.T., se rend dans un chalet pour y livrer de la cocaïne. Mais à peine arrivée, elle comprend qu’il s’agit d’un piège.
Elle est immédiatement battue, menacée avec une arme à feu et transportée dans un garage adjacent à une résidence.
Dans ce milieu où gravitent plusieurs acteurs du trafic de stupéfiants, la tension est palpable. Selon la preuve retenue par la Cour, Dave Mathieu s’approvisionnait régulièrement en cocaïne auprès de Dave Galienne-Picard, un individu de Montmagny associé à la Blood Family Mafia (BFM). La victime, elle, avait déjà vendu de la drogue pour la BFM ainsi que pour les Hell’s Angels. Or, elle aurait transmis des informations confidentielles à ceux-ci sur ceux-là.
Peu après le début de la séquestration, Dave Mathieu est appelé sur place.
Lorsqu’il arrive, la victime est déjà ligotée à une chaise et blessée. Au lieu de quitter les lieux, l’accusé prend part aux violences.
Le tribunal conclut qu’il a frappé la victime avec une barre de fer, participé à trois simulations de noyade et contribué à maintenir la séquestration pendant que d’autres sévices étaient infligés.
Il a également aidé les agresseurs en apportant de la nourriture pendant que la victime demeurait captive.
Le jugement décrit une succession d’actes d’une cruauté extrême. La victime a notamment été aspergée de diésel, brûlée et battue, alors qu’elle était toujours attachée.
Des vidéos présentées en preuve montrent certaines scènes troublantes, dont une simulation de noyade et une autre où l’oreille droite de la victime est sectionnée à l’aide d’un couteau de type exacto.
La captivité durera une semaine entière.
Durant cette période, la victime est déplacée dans une grange à Saint-Malachie, où les sévices se poursuivent.
Lorsque les secours finissent par intervenir, l’état de l’homme est alarmant.
À l’hôpital, chez la victime, les médecins constatent des brûlures, de nombreuses ecchymoses et lacérations, ainsi que des fractures à une vertèbre et à la base du crâne. Les agresseurs lui ont également amputé les deux oreilles et sectionné deux orteils. Sur son front, ils ont gravé le mot « RAT ».
Or, D.T. a refusé de porter plainte et de collaborer avec la police. Elle était absente en salle de cour.
Une défense de coercition ?
La défense soutenait que Dave Mathieu avait joué un rôle secondaire et qu’il avait agi sous la pression d’un individu plus dangereux.
Le juge Robitaille rejette toutefois cette version, estimant que l’accusé a tenté de minimiser sa participation et que sa crédibilité est sérieusement compromise.
Même s’il n’a pas planifié le piège initial, le tribunal conclut que sa responsabilité demeure presque entière en raison de sa participation active aux violences.
D’autres crimes
Dave Mathieu avait également plaidé coupable à une fraude de plus de 1500 $. Il avait convaincu une victime qu’il pouvait lui obtenir un emploi au Nunavut, à condition de payer des formations en ligne.
En octobre 2025, alors qu’il attendait toujours sa sentence, il a aussi fracassé la vitrine d’un dépanneur fermé pour voler trois bouteilles de vin, contrevenant ainsi à son couvre-feu.
Le tribunal lui a imposé six ans de prison pour les accusations de voies de fait graves et de séquestration, purgées concurremment. À cela s’ajoutent un mois pour la fraude et six mois pour l’introduction par effraction.
Après crédit pour la détention provisoire, la peine totale à purger est de 69,5 mois d’emprisonnement.








