Un dernier voyage pour Gilbert Thibault
À l’époque, en 1993, Gilbert travaillait avec son père et ses deux frères. Or, ils n’avaient plus la même vision, ce qui a fait en sorte qu’ils sont partis chacun de leur côté.
N’ayant plus d’emploi, il a donc décidé, avec son épouse, de fonder une entreprise de transport.
« On est allé voir Gaston Ouellet à La Pocatière. Il croyait en nous et il était d’accord avec le projet, mais il nous a dit qu’il nous manquait la somme de 5000 $ pour bien faire », se remémore son épouse et cofondatrice de l’entreprise Transport Gilmyr, Myrtha D’Amours.
Heureusement pour eux, la mère de Mme D’Amours travaillait à la Caisse populaire de Rimouski et elle faisait des prêts. Ainsi, elle a permis à Gilbert Thibault et à Myrtha D’Amours de pouvoir fonder Transport Gilmyr.
« Je lui ai dit “Maman, ne pose pas de question et fais-moi confiance. Tu dois seulement me déposer 5000 $.” Elle m’a dit qu’elle ne savait pas ce que je faisais, mais qu’elle avait toujours confiance en moi. Alors, elle a immédiatement déposé les sous », se remémore Mme D’Amours.
C’est de cette façon qu’a commencé l’histoire de Transport Gilmyr. Par ailleurs, en 2014, M. Thibault a fondé Transport Gilbert Thibault, une entreprise spécialisée dans le transport en vrac. Puis, il a aussi fait, pendant plusieurs années, de la vente de bois de chauffage et de sirop d’érable.
Un voyageur dans l’âme
« Gilbert avait toujours des projets en tête et des rêves. Il adorait voyager et faire du camping. Puis, évidemment, c’était un passionné de la route et du transport. […] Il défonçait les portes. S’il avait un problème avec un chauffeur ou avec un client, il les appelait pour s’améliorer et régler la situation », souligne Mme D’Amours.
Quant à elle, sa fille, Véronique Thibault, ajoute que son père était un « fonceur » qui ne se décourageait pas malgré sa maladie.

La famille de M. Thibault. Photo de courtoisie.
Le combat contre la maladie
Le combat de M. Thibault contre la maladie a commencé à l’âge de 35 ans, alors qu’il a commencé à faire du diabète, ce qui a fait en sorte qu’en 2009, il a subi une chirurgie bariatrique.
« Il a eu la grosse chirurgie bariatrique. Or, l’opération s’est mal déroulée, puisqu’ils [les chirurgiens] ont accroché le pancréas, et il a fait une fuite à l’estomac. Ses reins ont arrêté pendant trois jours. Lorsqu’il s’est finalement sorti de tout ça, ses reins étaient à 30 % de leur capacité. Il a donc commencé l’hémodialyse », relate Mme D’Amours.
En 2016, Myrtha D’Amours a ensuite fait les démarches afin de lui donner l’un de ses reins. L’opération a eu lieu en 2017.
Au bout de six ans et demi, un cancer s’est déclaré sur le dessus de sa tête et a notamment attaqué l’os du crâne.
« Il a été opéré à deux reprises, puis il a souffert énormément. Le seul traitement pour guérir ça, c’était la luminothérapie, mais ce traitement allait à l’encontre des antirejets liés à la greffe. Il a donc perdu le greffon après un traitement, ce qui a fait en sorte qu’il a dû recommencer l’hémodialyse », raconte son épouse.
D’ailleurs, Mme D’Amours a suivi une formation afin de pouvoir faire de la dialyse péritonéale à la maison.
« À l’automne, on était monté en Floride avec le motorisé, puisque tout allait bien, mais en janvier, on a attrapé un virus. Il a donc eu de l’eau dans l’enveloppe du cœur. On a dû revenir au Québec. On est resté trois semaines ici. Ensuite, avec l’accord du médecin, on est reparti pour la Floride le dimanche, mais le mercredi, il était hospitalisé, car il y a un caillot qui est parti du cœur et qui s’est logé dans sa jambe », raconte-t-elle.
Après avoir été transporté en avion-ambulance, il est resté environ un mois dans sa chambre au troisième étage de l’Hôpital de Montmagny avant de finalement s’éteindre pour son tout dernier voyage.
« Je pensais qu’il allait encore être capable de passer à travers de tout ça. Ça s’est fait tellement rapidement », conclut Mme D’Amours.
Le Journal offre ses sympathies à la famille de M. Thibault.








