« Des comités pour nous écouter ou nous entendre? »

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Par Marie-Eve Picard
« Des comités pour nous écouter ou nous entendre? »

« Une assistance encore jamais vue » aurait été enregistrée lors de la dernière assemblée de conseil, a déclaré le maire Langevin, vraisemblablement impressionné par cette affluence de citoyens à l’hôtel de ville le 20 janvier. La grande majorité d’entre eux étaient rassemblés pour manifester leur désaccord quant au dépôt du Règlement 1230, la dernière étape avant l’acheminement du projet au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH).

D’abord à l’arrivée des élus, plusieurs personnes ont tourné le dos aux conseillers pendant quelques secondes afin de passer un message. La séance s’est ensuite déroulée dans le calme jusqu’à la période de questions. Il faut spécifier qu’il était très difficile de bien entendre les allocutions car aucun microphone n’avait été installé dans la salle. « Certaines personnes nous l’ont reproché… faute avouée, à moitié pardonnée. » a soutenu le maire. Une dizaine de citoyens ont ensuite pris la parole:

Lisyanne Metthé.

Lisyanne Metthé a d’abord soulevé: « Une étude préliminaire faite par des professionnels et qui a été jointe au dossier envoyé au MAMH a permis d’estimer que ce projet  pouvait entraîner un déficit annuel de 200 000$ et il semblerait qu’aucune étude de faisabilité et de rentabilité n’a été faite à ce jour. Considérant cela, vous engagez-vous à engager une firme d’experts indépendante pour réaliser cette étude afin de questionner sa viabilité par transparence et rendre ces évaluations publiques afin d’informer la population pour qu’elle puisse se prononcer sur ce projet?

Le maire a rétorqué: « J’aimerais bien savoir d’où vient ce 200 000$ là! On a toujours affirmé que le déficit anticipé était plutôt de l’ordre de 83 000$. Pour la question sur l’étude, on va déterminer une méthode de consultation de groupes d’intérêt et à l’intérieur de ces rencontres, on pourra répondre à ces questions et faire connaître les réponses. Après avoir discuté avec les gens qui ont des intérêts ou des contre-intérêts avec ce projet, on aura l’occasion de faire connaître ces précisions-là ».

« Quand vous parlez de groupe d’intérêt, est-ce que vous parlez des citoyens également? »a renchéri Mme Metthé.

« On va déterminer le processus de consultation. Au départ il y a des gens qui ont posé des questions et on va rencontrer ces gens-là dans une démarche élargie. On est à travailler la méthode pour rencontrer les attentes des gens du milieu. C’est récent qu’on ait révisé notre façon de procéder. On a mandaté des gens pour nous faire une proposition et quand elle sera prête on va la diffuser à la population.

Voici l’extrait vidéo:

 

Hayette Laouari.

Hayette Laouri a d’abord demandé au maire si le projet avait été déposé au MAMH. Le maire a répondu: »Oui, absolument », mais s’est aussitôt fait signaler le contraire par Me Karine Simard, greffière de la Ville. Celle-ci a repris: « La réponse est non. La dernière étape était ce soir au niveau du dépôt du certificat et dans les prochains jours le dossier sera transmis au ministère. »

« Vous avez sûrement vu le dossier qui a été récemment déposé au MAMH, signé par plusieurs personnes additionnelles jumelées aux 879 signatures sur le registre, ce qui fait un total de 992 personnes? Cela démontre une acceptabilité sociale qui n’est pas avérée et qui suscite un doute. Allez-vous passer au référendum? » a repris Mme Laouari.

Le maire a été catégorique: « Non. On va y aller par des rencontres de groupes pour présenter le projet. On a respecté les règles de la loi sur les référendums. » À cette affirmation, plusieurs mécontentements se sont fait entendre dans la salle. » On a tenu la journée comme la loi nous oblige de faire. On ferait la même chose pour un autre processus similaire! »

Hayette Laouari a alors demandé au maire de préciser car: « Comment nous, en tant que citoyens, on peut s’exprimer pour apporter des idées, des contraintes ou même aller argumenter sur l’intérêt de ce projet-là dans le sens de sa priorité, son positionnement, sa rentabilité ou ses études? On a fait des recherches et des études parce qu’on n’a pas reçu de choses concrètes face à nos demandes d’accès à l’information! Nous donnez-vous un engagement qu’au prochain conseil municipal vous allez arriver avec un plan de communication impliquant les citoyens? »

« On fait un pas de côté pour être capable de faire les choses différemment. On va établir une procédure de rencontre de citoyens et de groupes d’intérêt mais elle n’est pas encore déterminée. Laissez-nous quelques semaines et à la prochaine séance, si on est en mesure de vous expliquer le procédé, on le fera! Sinon, ce sera plus tard. Le maire termine en souriant: « Mais comme il n’y a pas « d’urgence d’agir… »

La citoyenne poursuit: « Vous allez vous lancer dans un projet de 3,15M$ avec des frais d’opération, qui a un impact sur la communauté au niveau des retombées économiques potentielles ou même sur sa viabilité dans notre région. Est-ce possible d’attendre que certains citoyens qui désirent formuler une demande pour s’impliquer tous ensemble et bénévolement puissent le faire? Aurez-vous l’ouverture pour ces gens-là et peut-il même être possible qu’il en sortira la conclusion que ce projet n’est pas intéressant pour la région par exemple? Vous êtes prêts à cette ouverture? »

« Je ne peux pas vous répondre », a rétorqué le maire, ce qui a soulevé des grognements dans la salle. »Mais si des études et des analyses indépendantes prouvent que ce projet n’est pas viable, est-ce que vous avez cette ouverture-là? » redemande Mme Laouari.

« Le conseil soutient encore que ce projet est important pour notre communauté. Partant de cette équation, on va travailler et mettre les gens dans cet esprit-là. Si on se rend compte que l’on travaille avec des gens qui n’ont pas la même finalité pour améliorer le projet et faire en sorte que ça réponde aux préoccupations des gens d’affaires, du milieu communautaire et d’autres, c’est sûr qu’on part avec deux prises! Il faut travailler avec des gens qui veulent travailler avec nous! » précise Rémy Langevin.

La citoyenne reformule sa question: « Les gens veulent travailler avec vous! Mais si dans ce projet personne n’embarque, est-ce que vous laissez tomber? » Le maire lui répond alors qu’il ne croit pas à cette affirmation. « Mais à date c’est ce qui s’est passé! Vous n’avez pas de partenaires privés, pas de soutien public, ni des citoyens… » Le maire l’ interrompt en disant : « J’ai répondu à votre question mais elle ne fait pas votre affaire! »

Mme Laouari s’impatiente: « Vous ne répondez pas à ma question! Oui ou non!? » Le maire réprimande alors Mme Laouari, l’accusant de prendre du temps aux autres citoyens car sa question est trop longue. Celle-ci reformule à nouveau: » S’il s’avère que le projet n’est pas viable, vous avez l’ouverture pour éventuellement l’annuler? »

« Mais qu’est-ce que vous entendez par projet viable? Avez-vous déjà vu une structure municipale qui est rentable? Si c’est le cas, le privé le ferait! » lance M. Langevin.

Hayette Laouari soulève alors le questionnement: »Ce n’est peut-être pas une infrastructure qui devrait être faite par la municipalité, par le financement PPP ou un partenariat, par exemple? Le maire précise alors que dans ce secteur-là, ça ne peut pas être privé! » La citoyenne termine sur la réflexion que c’est peut-être le débat d’idées qu’on devrait avoir.

 

 

Roger Boulet.

Roger Boulet a alors lancé ce commentaire: « Depuis trois mois, vous refusez un référendum que tout le monde demande. Là, vous demandez une consultation de petits groupes que vous allez former par vous j’espère… toujours en contournant le référendum. Les conseillers et vous savez très bien que vous perdriez votre projet, vous tomberiez à terre avec ça! Si vous mettiez votre siège en jeu là-dessus, vous seriez dehors demain matin! (Applaudissement général) Lisez le code de déontologie de maire et de conseillers parce que vous ne l’avez pas lu: être à l’écoute de ses citoyens! Si vous faites un référendum et vous gagnez, aucun problème, vous allez avoir gagné tout ce que vous voulez! Mais vous savez que vous allez perdre! Au début, vous avez dit que le projet avait été très bien expliqué et que tout le monde avait compris. Mais maintenant, personne ne l’a bien compris, vous reformez le projet et mettez des petits sous-groupes, ça va durer trois mois, en détournant encore dans vos conseils assis sur vos chaises! C’est ça que vous passez comme une démocratie, un geste social envers le monde de Montmagny? Vous êtes anti-social et anti-démocrate, vous êtes le contraire d’un maire! »

 

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Richard Lavoie
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Richard Lavoie

Ceux qui se trouvent dans la salle sont des opposants. Alors comment peuvent-ils dire que tous les citoyens sont contre? Il me semble qu’une pétition contre ce projet circulait? Quels sont les résultats?

Nancy Lemieux
Guest
Nancy Lemieux

La population a le droit à un vote . C’est vous et moi qui payons votre salaire maire et conseillers .