Des enfants lançent «Notre Jour J»

Photo de Michel Chassé
Par Michel Chassé
Des enfants lançent «Notre Jour J»
Nicolas Paquin montre ses deux dernières publications, son livre «L’espion de Tourville» et l’ouvrage collectif «Notre Jour J».

L’auteur Nicolas Paquin, de Saint-Roch-des-Aulnaies, a consacré six mois de travail à la production de «Notre Jour J», un ouvrage collectif éponyme signé par quelque 80 élèves primaires de cinq écoles du Kamouraska et qui porte sur le débarquement de Normandie survenu le 6 juin 1944. Le lancement de l’album a eu lieu en grandes pompes jeudi soir dernier à La Pocatière en présence de vétérans de la Côte-du-Sud.

L’auteur a d’abord animé des ateliers pédagogiques pour sensibiliser les enfants aux réalités de la Deuxième Guerre mondiale, leur parlant entre autres de Gilbert Boulanger, de Montmagny. Installé dans une bulle de verre sous le fuselage de l’avion, ce mitrailleur a participé à 37 bombardements, dont deux à bord d’un Halifax lors du Jour J.

Grâce aux miracles de la technologie, Nicolas Paquin a aussi permis aux élèves de 10-12 ans de parler avec des Français qui, au même âge, ont connu les horreurs de la guerre.

Au début de l’album «Notre Jour J», on tombe sur une photo saisissante, prise par un photographe de l’armée américaine, qui rappelle le genre de tragédies que peut engendrer une guerre. Elle montre deux jeunes Français, Max et Jean, 12 et 8 ans, qui arrivent à Saint-Lô, complètement en ruine, pour retrouver leur père, Raymond Robin. Ils ne le retrouveront jamais: membre de la Résistance, Raymond a été tué par les Allemands le 15 juin 1944.

Les élèves qui ont participé à l’album «Notre Jour J» ont été confrontés aux dures réalités de la guerre avec cette photo où l’on voit deux jeunes Français, Max et Jean, 12 et 8 ans, qui cherchent leur père… tué par les Allemands.

S’inspirant des ateliers, les élèves ont ensuite écrit des histoires sur ce qui les avait touchés, émus, histoires que Nicolas Paquin a regroupées dans l’album.

En plus de rendre hommage aux soldats canadiens, «Notre Jour J» vise un objectif de mémoire et de paix: «Nos vétérans ne veulent pas qu’on se souvienne du nombre de médailles sur leurs uniformes. Ils veulent qu’on se souvienne des horreurs de la guerre et de nos disparus afin que de tels conflits ne se reproduisent pas» explique M. Paquin.

Chaque élève participant aura une copie de l’album: «Le projet a nécessité beaucoup de temps et de travail. Mais il faut comprendre qu’il ne s’agit pas d’un projet de fin d’année scolaire: c’est une commémoration assumée et sentie de jeunes qui prennent à cœur le Devoir de Mémoire. Il s’est passé quelque chose dans le cœur des enfants qui est digne d’être souligné. En bout de ligne, la littérature a fait ce qu’elle doit faire: changer les humains» de conclure M. Paquin.

Le lancement de «Notre Jour J» à La Pocatière fut le seul événement en sol québécois reconnu par Anciens Combattants Canada pour souligner le 75e anniversaire du Débarquement de Normandie.

L’auteur Nicolas Paquin en compagnie de quelques enfants qui ont participé au projet «Notre Jour J».
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Richard Lavoie
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Richard Lavoie

Bravo Nicolas Paquin! C’est une très belle initiative . Et M. Chassé, félicitations pour ces belles entrevue et article.