Jocelyn Bérubé reçoit le prix Gérard-Morisset

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Par Michel Chassé
Jocelyn Bérubé reçoit le prix Gérard-Morisset
Le conteur Jocelyn Bérubé.

Après l’ethnologue Jean Simard en 2017, un autre Sudcôtois, Jocelyn Bérubé, résidant de Cap-Saint-Ignace, recevait récemment le prestigieux prix Gérard-Morisset de la culture, édition 2019. Il s’agit de la plus haute distinction attribuée à une personne pour sa contribution remarquable à la sauvegarde et au rayonnement du patrimoine québécois.

«Avec l’intelligence de son humour, il partage et vivifie le patrimoine immatériel par l’oralité et les arts du spectacle depuis près de 50 ans. Tour à tour comédien, musicien, auteur, compositeur, interprète et conteur, il porte la parole et la musique dans un parcours foisonnant qui le mène du théâtre au cinéma, de la radio à la télévision, du milieu scolaire à la scène nationale et internationale» expliquent les membres du jury.

Effectivement, M. Bérubé a connu et connaît toujours une carrière bien remplie. Né à Saint-Nil, petit village gaspésien aujourd’hui disparu, il déménage avec sa famille à Matane où ses études secondaires, par l’apprentissage de la trompette et une première présence sur scène, lui permettront de découvrir sa vocation.

À 30 ans, il réalise une première tournée de 77 spectacles de contes et de musique à la grandeur au Québec: «Je suis particulièrement fier d’avoir fait revivre, à ma façon, le conte dans les débuts de la décennie 1970» lance-t-il.

Au fil des ans, il enregistre des albums combinant le conte et la musique et compose la musique pour le cinéma, le théâtre, la télévision et la radio: «Mais le fer de lance de l’engagement de Jocelyn Bérubé à la faveur du patrimoine demeure le conte historique, rouage important de la mise en place des dialogues intergénérationnels et interculturels. Grâce à ce fil conducteur entre les époques, il fait plonger jeunes et moins jeunes dans un univers onirique qui évoque le Québec fier de son passé et les invite à faire le pont avec le présent» précisent les membres du jury.

«Je suis arrivé à faire aimer cet univers fabuleux du conte à des jeunes du primaire des quatre coins du Québec, dont les enfants issus de l’immigration, dans l’oralité d’une langue qui a forgé notre histoire et qu’on a le devoir de leur transmettre afin qu’en grandissant, ils en conservent en mémoire des souvenirs heureux, car leur terreau enrichit notre terroir» ajoute M. Bérubé.

Inscrit au Répertoire culture-éducation du ministère de la Culture et des Communications, l’artiste anime des centaines ateliers d’animations par année dans les écoles et les bibliothèques du Québec: «Ses contes rayonnent d’ailleurs dans d’autres cultures par la qualité du savoir qu’ils transmettent et par la profondeur de l’empreinte qu’ils laissent. Ainsi, Jocelyn Bérubé est convié à prendre part à de grands festivals et des activités spéciales au Québec, au Canada, en France, en Belgique, aux États-Unis, en Allemagne et en Afrique où certains de ses contes sont repris par d’autres conteurs, traduits, publiés ou enregistrés» de dire les membres du jury.

Deux heures!

Mercredi dernier, quand j’ai rencontré M. Bérubé à son domicile pour , il n’y a pas eu d’entrevue… J’ai plutôt eu droit à un conte que j’ai interrompu après… deux heures, travail oblige!

Car Jocelyn Bérubé ne parle pas; il conte, il raconte avec sa voix profonde, il gesticule avec ses bras. Il m’a raconté la piqûre qu’il a eue à l’école secondaire de Matane en apprenant la trompette, en jouant le valet dans une «scènette» de théâtre intitulée «L’amateur de peinture moderne» ou en écoutant un vieux M. Desrosiers relater ses histoires.

Il m’a parlé de son échec pour entrer au Conservatoire d’art dramatique de Montréal et des cours de diction qu’il a ensuite suivis pour y obtenir sa place. Il a rappelé l’arrivée à la tête du conservatoire du regretté comédien Albert Millaire qui allait favoriser le contenu québécois.

Bref, il m’a fait revivre la révolution tranquille des années 60 à laquelle il a fortement participé. Deux heures plus tard, quand j’ai interrompu l’histoire de sa vie, il n’avait pas encore 30 ans!

Avis aux intéressés, si vous devez faire une entrevue avec Jocelyn Bérubé, prévoyez plus de temps, car on ne peut pas empêcher ce conteur-né de faire ce qu’il fait de mieux: conter.

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Celine Gagnon
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Celine Gagnon

On aimerait bien le voir à la fête des chants de marin a saint jean port joly, en plus il habite juste à côté, c est une suggestion