Pour pallier au manque de main-d’œuvre: les entreprises doivent se tourner vers la technologie

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Par Diane Gendron
Pour pallier au manque de main-d’œuvre: les entreprises doivent se tourner vers la technologie
Dominique Bois, économiste à Emploi-Québec, révèle la situation en chiffres.

Pour pallier le manque de main-d’œuvre qui frappe de plein fouet les entreprises de tous les secteurs, ici comme ailleurs, la solution passe par la technologie. Tel est le message que les quelque 40 représentants d’entreprises ont reçu lors du deuxième Rendez-vous «Manufacturiers et innovation» qui avait lieu le 20 septembre à Montmagny.

Dressant le portrait du marché du travail dans la région, Dominique Bois, économiste à Emploi-Québec révèle que le taux de chômage en Chaudière-Appalaches, qui se situe à 3,3%, est le plus bas au Canada. Il s’agit d’un creux historique.

À noter cependant que ce taux est plus élevé dans Montmagny-L’Islet. Plus précisément, il s’établit à 6,6% pour L’Islet et à 5,7% pour Montmagny. Ici, on observe que le taux de participation au travail est plus faible chez les jeunes hommes de 15 à 24 ans (11,2% dans L’Islet et 8,6% dans Montmagny) faisant ressortir la problématique de persévérance scolaire.

Il faut savoir aussi qu’au cours des derniers mois, plus de 120 000 postes étaient disponibles au Québec. Il y en avait plus de 6700 en Chaudière-Appalaches et quelque 300 dans Montmagny-L’Islet. Autre donnée intéressante, le nombre de prestataires d’assistance sociale a diminué de près du quart au Québec.

Bref, depuis 20 ans, le taux d’emploi a augmenté dans tous les groupes d’âges. Finalement, mentionnons que le taux d’emploi chez les femmes a devancé celui des hommes et on peut s’attendre à ce que cette tendance se poursuive, a indiqué M. Bois.

Décroissance démographique

La situation actuelle s’explique par la conjoncture économique favorable et la baisse démographique. Le marché du travail a bénéficié de plusieurs années de croissance ce qui fut propice à l’intégration des chercheurs d’emploi, notamment chez les personnes plus faiblement qualifiées. Depuis 2011, on assiste cependant à un ralentissement démographique, les générations issues du baby-boom ont commencé à se retirer et les nouvelles générations sont moins nombreuses à faire leur entrée sur le marché du travail. Les analystes estiment que cette décroissance se poursuivra jusqu’en 2030 environ.

Les entreprises demeurent donc préoccupées par le nombre restreint de travailleurs, une situation qui a des effets sur leur potentiel de croissance et peut même affecté leurs opérations courantes.

Le directeur général de Prolam, Benoit Risi, témoigne de son expérience.

L’exemple de Prolam

Le directeur général de Prolam, M. Benoit Risi, est venu témoigner de son expérience. Il a notamment expliqué qu’entre 1997 et 2001, l’utilisation du capital humain avait diminué de 53% chez Prolam, ce qui n’avait pas empêché la valeur de la productivité d’augmenter de 200%. M. Risi a insisté sur le fait que la technologie faisait partie intégrante de l’ADN de l’entreprise et qu’elle ne se limitait pas à la mécanisation ou la robotisation, mais qu’elle influençait tous les aspects de l’entreprise, incluant les sciences sociales, la matière première, le contrôle de la qualité, la santé et sécurité, les finances, etc. Il a conclu en rappelant qu’il faut être créatif et innovant sur tous les tableaux.

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