Un sondage téléphonique controversé

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Par Marie-Eve Picard
Un sondage téléphonique controversé

Lors de la dernière séance publique du conseil de ville, plusieurs citoyens ont manifesté leur inconfort concernant la tenue d’un récent sondage téléphonique qui circulait à Montmagny. Selon l’administration de Rémy Langevin, il s’agirait d’une stratégie de la firme externe engagée pour établir un plan de travail de consultation publique dans le dossier du Centre des migrations – Pavillon multifonctionnel.

L’opinion publique sur des individus

À ce sujet, Jean-François Boulet a manifesté son inquiétude: « J’ai trouvé les questions vraiment spéciales et bizarres! Est-ce que c’est quelque chose qui a été commandé par la Ville? » Rémy Langevin a rétorqué: « Suite au projet du Centre des migrations à la séance du 20 janvier, j’avais demandé à mes membres du conseil si l’on poursuivait en allant consulter la population avec une firme externe. On leur a déposé différents articles de journaux, avons raconté la procédure autour de ce projet et demandé de prendre le pouls du milieu pour nous préparer un plan de travail qui va nous être déposé incessamment. Il y a une question en particulier qui a été portée à mon attention et j’ai dû intervenir pour demander au consultant de lui apporter une correction. »

M. Boulet a enchaîné: »Vous parlez bien de la question qui concernait plusieurs personnes? » Le maire a acquiescé. Le citoyen a ajouté: « Demander ce qu’on pense d’un individu par rapport à une idée qu’on peut avoir sur un projet, ça n’a rien à voir! »

« Je ne connais pas les questions et je n’aurai pas non plus le rapport de ce sondage-là. Ce n’est pas à moi qu’il va servir mais aux consultants. J’ai demandé d’enlever cette question et ses résultats pour que personne n’ait cette information » a précisé le maire.

 

Malaise autour de certains articles de loi

Guy Larochelle s’est alors informé au maire s’il était encore temps de faire des suggestions à ces consultants puisqu’il a dû intervenir pour la fameuse question. Le maire Langevin a aussitôt précisé: « Oh non, je ne me mêle pas de ça! Si je suis intervenu c’est parce que j’ai été interpellé pour rassurer des gens inquiets par cette question, ça s’arrête là. »

Le citoyen l’a ensuite interrogé: « Connaissez-vous les articles de loi 515, 516, et 517 de la loi municipale sur les référendum? Le maire ne semblait pas au courant. « J’ai posé la question à votre greffière et à d’autres hauts fonctionnaires municipaux à Rimouski et à Québec. La réponse qu’on me donne c’est qu’une municipalité peut, n’importe quand et sur n’importe quel sujet, consulter sa population par un référendum consultatif et non obligatoire. »

Le maire a rétorqué: « Oui, on aurait pu le faire de cette façon-là. » Le citoyen a ensuite voulu savoir: « Alors pourquoi ne pas l’avoir fait de cette façon, ça n’aurait pas coûté cher? » Le maire a simplement répondu: « Parce que ce n’est pas de cette façon-là qu’on a déterminé… mais oui, on aurait eu cette possibilité ».

M. Larochelle a alors renchéri: « Ça aurait été simple! Tu poses une question à la population et elle doit répondre oui ou non ». À cette affirmation, le maire est resté silencieux.  M. Larochelle a donc poursuivi: « Le sondage de la firme Léger portait sur le Centre des migrations, avec un paquet de questions pas en rapport avec le mandat que vous avez donné. »

Le maire a expliqué: « C’est leur façon de consulter les gens! Je ne sais pas de quoi ils parlaient dans ce sondage-là! »

Le citoyen a ajouté: « Le 20 janvier, vous avez annoncé que vous feriez une consultation publique pour connaître l’acceptabilité du projet Centre des migrations. »  M. Langevin  l’a aussitôt arrêté: « Non! Je n’ai jamais dit ça de ma vie, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. »

Aux frais du contribuables

Roger Boulet a ensuite pris la parole pour connaître le coût relié à ce sondage. « Je l’ignore, ce n’est pas moi qui l’ai commandé. On a donné un contrat à une firme », a dit le maire, en précisant que ce sont les contribuables qui leur ont demandé de consulter la population. « Le moyen qu’on a pris c’est d’engager une firme externe puisqu’on n’a pas la crédibilité de la population pour faire le travail. On peut aller jusqu’à 100 000$ pour attribuer un contrat sans soumission. On est donc allé directement avec eux. »

Combien aurait coûté un référendum? a questionné un citoyen. « 100 000$ et on ne reviendra pas sur la question », a avisé le maire alors qu’un commentaire a surgi de la salle mentionnant que « cela aurait causé beaucoup moins de problèmes! » Le maire a conclu la discussion  en soulignant qu’il manquait des signatures.

 

Décision du comité des finances

À son tour, Robert Gendreau a voulu savoir si tous les conseillers avaient voté en accord avec cette méthode de sondage téléphonique. M. Langevin a précisé qu’ils n’ont pas fait de demande de sondage. « Ah, ça c’est fait tout seul? » a demandé M. Gendreau. Le maire a acquiescé: « Exactement, ça c’est fait tout seul! »

Le citoyen s’est dit étonné tout en soulignant que la facture va rentrer sans qu’on sache le montant alors que rien n’a été commandé. Il a ensuite requestionné à savoir si tous les conseillers étaient d’accord avec cette façon de procéder. « Bien certains conseillers ont été informés de la démarche ».

« Après que ce soit engagé, c’est ça? Un terme de conseiller, c’est pas justement pour conseiller le maire ça? » a soulevé Robert Gendreau.

« C’est au comité des finances qu’on en a discuté. Voulez-vous en faire partie M. Gendreau? Alors présentez-vous aux prochaines élections et si vous êtes élu, vous pourrez en faire partie. Je vous y invite, les prochaines élections c’est en 2021! » a souri le maire. Le conseiller Jessy Croteau a alors apporté une précision sur la procédure au comité des finances. « Il y a des procès verbaux qui sont déposés en séance de comité et les gens autour de la table ont le loisir de poser des questions, mais s’ils n’en posent pas… »

« Et personne n’a posé la question sur le coût? Ce n’est pas important? », a dit le citoyen. Sur cette question, le conseiller Croteau est resté silencieux. » Vous allez le savoir quand nous aurons reçu la facture », a finalement conclu le maire Langevin.

 

 

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Marc Laurin

Le maire dit ici « …on n’a pas la crédibilité de la population pour faire le travail… » ! Pour ce qui est du coût du contrat à la firme spécialisée en gestion de crises, reste à savoir s’il a été octoyé par l’administration municipale elle-même ou par son ONBL à laquelle on délègue les communicatons.