Concentration gymnastique: une différence marquée pour les athlètes

Photo de Anne-Frédérique Tremblay
Par Anne-Frédérique Tremblay
Concentration gymnastique: une différence marquée pour les athlètes
De gauche à droite, Claudie Morin, Anaève Gaudreau, Laurence Guimond, Alicia Richard, Mia-Élizabeth Gagné, Anne-Louise Boulet, Zoé Caron et Émy Tanguay.

La concentration de gymnastique de l’école secondaire Louis-Jacques-Casault sera de retour pour la prochaine année scolaire. Initiée il y a deux ans, elle permet aux jeunes gymnastes d’ajouter trois heures supplémentaires de pratique à leur horaire afin de bien se préparer aux futures compétitions.

Le groupe de concentration est composé de secondaires 1 à 5, tous athlètes pour le club Magny-Gym. En plus des heures passées à s’entraîner à l’extérieur de l’école, elles peuvent profiter du temps scolaire pour perfectionner leurs acquis et développer de nouvelles compétences. « La façon d’intervenir auprès de l’athlète est plus facile. Chacune est d’un niveau différent au compétitif, mais elles ont établi des objectifs personnels pour la concentration qui ne sont pas nécessairement à l’intérieur de leur groupe de semaine. Avec tout ça, elles sont capables de se faire un horaire et je les guide. Je leur donne les outils pour atteindre leurs objectifs », souligne la directrice générale du club Magny-Gym, Brigitte Vézina.

Une gymnaste s’entraîne normalement environ trois fois quatre heures par semaine, donc un total de 12 heures, en dehors de l’école. Ses compétiteurs, souvent en sport-étude, peuvent s’entraîner plus de 20h par semaine. La concentration permet donc d’équilibrer davantage le nombre d’heures pratiquer au quotidien, soit 15h, afin qu’elles arrivent à un niveau plus semblable. Débutants très jeunes, les gymnastes doivent s’assurer de s’entraîner de façon constante et assidue afin d’être capables de bien performer.

La concentration permet également, selon Mme Vézina, de bien développer sa « boîte à outils ». « On va t’aider à mettre de l’autonomie dedans, de la maturité, de la prise de décisions, vivre avec les conséquences, etc. On tente de les outiller pour qu’elles se servent bien de ce qu’elles ont appris ».

La concentration permet surtout aux jeunes de bouger davantage. Pour Alicia Richard, 13 ans, qui réalise sa deuxième année de concentration, c’est une façon de se concentrer sur plus d’éléments en même temps. «La gymnastique, ce n’est pas vraiment commun. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui en font et la concentration est une bonne façon pour moi de bouger», témoigne-t-elle.

Voyez  le témoignage de Claudie Morin qui réalise sa deuxième année dans la concentration ainsi que celui de Zoé Caron qui y participe pour la première année.

(Montage: Marie-Ève Picard)

Horaire flexible

Le temps de pratique se déroule simultanément avec deux cours qui reviennent à répétition dans l’horaire de la gymnaste. Les professeurs s’ajustent donc aux élèves afin de s’assurer qu’elles ne manquent rien d’important et qu’elles soient à égalité avec les autres élèves. En cas d’examen ou de cours important, l’une d’elles peut manquer un cours de la concentration. « Elles s’organisent avec leur professeur et quand ce n’est pas possible de reporter l’examen ou que la partie théorique est trop importante, à ce moment-là, elles peuvent venir à une période et pas à la suivante ou vice-versa », explique Mme Vézina.

Si l’élève éprouve certaines difficultés à l’école, le volet scolaire va prendre le dessus sur le volet sportif afin d’assurer la réussite de chacune d’entre elles. Différentes formules ont été testées depuis la création de la concentration, mais Mme Vézina pense que celle actuelle a fait ses preuves. « Je fournis l’horaire sur papier aux professeurs, ce qui facilite les choses ». Selon elle, c’est une bonne façon pour les gymnastes de développer une saine gestion de leur horaire, de leur contenu académique et gymnique.

Alicia Richard.

« La pandémie nous a fait mal »

Un constat a été établi du fait que plusieurs gymnastes ont pris la décision d’arrêter leurs pratiques plus tôt qu’en temps normal en raison de la pause causée par la COVID.  « La pandémie nous a fait mal. Étant des adolescentes, on privilégie peut-être d’autres choses. Ce qu’il faut comprendre, mais ça n’empêche pas que c’est malheureux », évoque la directrice. Elle respecte leur décision, mais avoue s’attacher à chacune d’entre elles. Plusieurs ont débutés très jeunes alors Mme Vézina les suit tout au long de leur cheminement. Le départ de l’une d’entre elle peut s’avérer difficile considérant qu’elles possèdent chacune un grand potentiel.

Les longues pauses forcées ont fait perdre, pour certaines, l’intérêt à poursuivre la pratique de leur sport. La première année de concentration comprenait deux groupes gymnastes et la seconde, l’actuelle, un seul. Les acquis peuvent être perdus rapidement, selon Andrée-Anne Caron, directrice adjointe, ce qui peut rendre le retour plus difficile. « À cet âge, c’est une période de changements, donc le centre de gravité n’est plus à la même place, alors ce que tu as réussi il y a quelques mois, tu n’es plus capable de le faire, ce qui rend cela encore plus décourageant ».

Toutefois, celles en concentration ont eu l’occasion de continuer plus longtemps en raison des mesures sanitaires en place. Selon Mme Caron, celles qui ont eu la chance de se pratiquer sur l’horaire d’école ont pu constater une nette différence.

Les personnes intéressées à la concentration gymnastique peuvent consulter le site Internet de Magny-Gym.

 

Mme Brigitte Vézina.
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