Deux agricultrices de Saint-Pamphile en mission au Sénégal

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Par Michel Chassé
Deux agricultrices de Saint-Pamphile en mission au Sénégal
Les agricultrices du Québec accompagnées du vidéaste et de deux Sénégalaises responsables de la mission. Celles-ci avaient fait coudre des robes du pays pour toutes les Québécoises à l’occasion d’une soirée interculturelle.

Accompagnées de 14 autres agricultrices provenant de la grandeur du Québec, Diane Bouchard et Isabelle Bélanger, copropriétaires respectivement de la Ferme Claude Dupont et Diane Bouchard et de la Ferme Bélica, toutes deux situées à Saint-Pamphile, ont participé à une mission de coopération canado-sénégalaise qui s’est déroulée du 11 au 26 janvier au Sénégal sous l’égide de l’UPA Développement international (UPA DI).

Accueillies à Dakar par le Conseil National de Coopération et de Concertation des ruraux (CNCR) et son Collège des femmes, les agricultrices québécoises ont pu découvrir, pendant deux semaines, la réalité des organisations paysannes, les défis qui se posent et le rôle inestimable des femmes.

L’importance des organisations collectives dans la défense de la ferme familiale, les enjeux liés à l’équité entre les femmes et les hommes, les difficultés de la relève, les questions de mise en marché des produits agricoles et alimentaires se trouvaient au coeur des discussions et des activités de familiarisation. Unique dans l’histoire d’UPA DI, cette mission visait notamment à souligner le caractère primordial de l’engagement des femmes sur les plans de l’alimentation, de l’occupation des territoires et de la survie d’une agriculture nourricière à échelle humaine.

Expérience extraordinaire

De Dakar à Saint-Louis, en passant par Thiès, Kaolack, Diourbel, nos Québécoises ont parcouru 4 500 kilomètres à travers le Sénégal où elles ont rencontré des élus, des représentants d’organisations agricoles et des membres de plus de quinze regroupements spécialisés. Dans un pays qui rime avec pauvreté et solidarité, elles ont fait connaissance avec des femmes et des hommes qui se battent pour assurer la subsistance de leur famille et se disent capables de générer suffisamment de revenus pour assurer à leurs enfants une vie meilleure.

Mmes Bouchard et Bélanger ont adoré leur mission: «Une expérience extraordinaire. Nous étions avec les gens du peuple, des personnes chaleureuses et reconnaissantes» lancent-elles.

Mme Diane Bouchard et une femme sénégalaise. Mme Bouchard fut une militante de la première heure pour les droits des agricultrices au Québec.

République démocratique d’Afrique de l’Ouest, Le Sénégal compte 16 millions d’habitants, dont 60% d’analphabètes, et 70% de sa population active travaille en agriculture, comparativement à 3% au Québec. Une ferme sénégalaise cultive surtout des arachides, la principale production du pays, et des céréales (maïs, mil, riz, sorvho) sur un à cinq hectares. Au Québec, une ferme cultive de 100 à 150 hectares: «Là-bas, tout est manuel et il y a peu d’électricité en campagne. La terre est sablonneuse et souvent privée d’eau. Ce qui leur manque le plus, c’est la mécanisation. C’est vraiment deux mondes si on compare avec le Québec» explique Mme Bouchard.

Les femmes aux mille bras

La composition uniquement féminine de la délégation québécoise s’expliquait entre autres par la position du gouvernement sénégalais qui estime que le changement va se faire par les femmes. Selon Mmes Bouchard et Bélanger, les hommes du pays l’affirment également: là où il y a des femmes, les projets avancent parce qu’elles sont d’excellentes gestionnaires: «Elles travaillent tellement qu’on les surnomme les femmes aux mille bras. Si on peut améliorer les conditions des femmes, nous allons améliorer celles de la famille et du pays» affirment nos deux Québécoises.

Très peu de Sénégalaises sont copropriétaires d’une ferme: «Nous semons des graines et ça commence à changer, mais le défi est colossal» ajoutent-elles.

Mme Isabelle Bélanger en compagnie de Mme Awa.

Formation

Mmes Bouchard et Bélanger ont constaté sur place que les formations données par l’UPA DI profitent à ceux qui les suivent: «On voit la différence et ceux qui n’ont pas reçu de formation veulent en avoir».

Encore?

De retour à Saint-Pamphile, les deux agricultrices apprécient le confort du Québec. Mais Mme Bélanger ne dit pas non à une future mission de formation à l’étranger pour aider ses «sœurs de terre».

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Gaëtane Corriveau
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Gaëtane Corriveau

Quel article intéressant! Bravo mesdames les agricultrices pour cette mission de coopération canado-sénégalaise! Vivement la suite!
Merci à l’Oie blanche et à son journaliste pour cette publication aussi instructive qu’enrichissante!