Le match de sa vie

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Par Marie-Eve Picard
Le match de sa vie

Tommy Groleau, un Beauceron d’origine, se présente aujourd’hui comme un Magnymontois de cœur. C’est pour occuper le poste de directeur de la concession Honda Degiro de Montmagny et joindre l’équipe de hockey Les Sentinelles qu’il s’est amené ici en 2010. Sa glorieuse carrière d’hockeyeur, notamment au niveau senior, ses prouesses dans le junior AAA, sa participation dans le junior majeur ou encore son titre de meilleur défenseur dans la fameuse télé-série “Québec-Montréal” font de lui une figure emblématique du hockey régional. À 44 ans, il demeure un véritable modèle d’ambition et de persévérance pour bien des sportifs.

Mais il y a des batailles encore plus ardues à mener. Tommy Groleau l’a compris car il livre maintenant le combat de sa vie contre un adversaire qui ne s’est pas annoncé, un cancer ayant débuté de façon très agressive l’an dernier. Inquiété par des maux incessants au dos, il décide de consulter un médecin. Le 9 juin 2022, un diagnostic – tant redouté – le frappe de plein fouet: métastases osseuses. Des analyses plus poussées dévoilent que le cancer primaire provient de l’estomac mais malheureusement, ce dernier n’a toujours pas été localisé en raison de sa taille semblable à la pointe d’une aiguille. Comble de malheur, il venait à peine de perdre son père, rendant le deuil encore plus pénible. Celui qui aura chaussé ses patins pour affronter les anciens Canadiens à Montmagny a dû les accrocher, un mois plus tard, pour une période indéterminée…

L’équipe derrière lui

Depuis le jour 1, Tommy Groleau se dit très bien entouré. Tout d’abord par sa famille qui lui apporte un soutien incommensurable: “Ma conjointe Nadine est extraordinaire!” Ses deux enfants et son bulldog Brady sont également d’un appui à toute épreuve et lui donnent la force de se battre chaque jour. Il jouit aussi d’un cercle d’amis très solide qui le visitent constamment et l’aident à garder le moral, comme Michèle Denault et son conjoint Stéphane Lavoie. “Tous les jours lors de mon séjour à l’hôpital, il m’apportait une petite Corona et me promenait à l’extérieur avec ma chaise roulante” se rappelle-t-il. Ses coéquipiers du Décor Mercier et Samuel Blais des Rangers de New York, pour ne nommer que ceux-là, sont aussi venus le visiter. “Ils ont tous été incroyables avec moi… ça vaut de l’or!” M. Groleau prend soin de souligner l’inégalable dévouement dont fait toujours preuve l’équipe de l’Hôpital de Montmagny avec lui, dont Dre Dominique Poirier. “Elle m’a carrément rendu à ma finale et c’est à moi de la gagner”. Dr Boulanger, Dr Gilles Fortin, toute l’équipe d’oncologie, j’en aurais pour deux heures à énumérer les gens qui sont là pour moi”, lance-t-il, ses yeux exprimant tant de reconnaissance.

Le plan de match

Les premiers mois furent très difficiles: marcher, apprendre à se lever de son lit d’hôpital à la maison, etc. “J’ai cru ne jamais plus patiner de ma vie”. Fort heureusement, l’athlète réagit bien aux traitements actuels, voire mieux qu’il ne le pensait. “Comme au hockey, j’écoute le plan de match du médecin à la perfection”. Il explique que son traitement comporte quatre phases. Au moment d’écrire ces lignes, 14 séances de chimiothérapie étaient complétées. Malgré l’apparition d’effets secondaires tolérables, les résultats sont très encourageants. “Mes marqueurs sont passés de 5000 à 47, c’est super bas! Aujourd’hui, je m’entraîne et j’ai même recommencé à patiner!” se réjouit-il. Le Journal a d’ailleurs pu capter sur pellicule ce moment si émouvant alors qu’il a accomplissait son tout premier tour de glace à la vitesse grand V.

Focus

“Toute ma vie, j’ai eu peur de mourir. Je suis hypocondriaque”, admet Tommy Groleau. Mais après avoir encaissé cette horrible nouvelle sur son état de santé, il a décidé de rester fort et de se battre. Son ultime but: surmonter chaque étape, au jour le jour. Son parcours n’est toutefois pas de tout repos, comme en font foi ses fractures aux côtes ou encore son allergie à l’immunothérapie. “J’ai brûlé au 3e degré, ce qui a fait glisser et tomber toute ma peau au dos. J’ai dû être hospitalisé d’urgence”, explique-t-il, tout en soulignant qu’il garde tout de même son sourire, son sens de l’humour et son focus, peu importe l’épreuve qu’il rencontre. “Les médecins m’ont dit que je suis devenu une source d’inspiration pour les membres du personnel”, soutient-il, visiblement touché par ce compliment. Le combattant croit sincèrement que la source de guérison réside d’abord et avant tout dans l’attitude à adopter devant l’adversité.

Réduire la vitesse

Le hockeyeur se réjouit de redevenir peu à peu fonctionnel. Cette période de transition entrouvre la porte à un retour à une vie normale. “Mais avant, je vivais à 200 milles à l’heure. Les sports des enfants et l’école, les allers-retours à Lévis, le travail 45 h/semaine, mes matchs senior. Désormais, c’est une journée à la fois.” Lorsqu’il est en forme, il va voir son fils jouer au hockey et sa fille pratiquer le soccer. Lors de moments de fatigue, il se repose. Il profite de la vie et partage chaque petit moment qui passe en compagnie des gens qu’il aime et, surtout, n’abandonne jamais la lutte. Quand on joue le match de sa vie…

 

L’article « L’attaquant remplace le défenseur » vous présente la carrière de Tommy Groleau.

 

 

 

 

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Mylène Gingras
Mylène Gingras
9 jours

Magnifique texte sur un sujet extraordinaire qui est Tommy et son combat. Tommy tu es un modèle pour nos jeunes et moins jeune !