Le premier roman de Mireille Gagné se distingue

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Par Marie-Eve Picard
Le premier roman de Mireille Gagné se distingue
Mireille Gagné. (Crédit photo : Laurence Grandbois Bernard)

Autrice. romancière, nouvelliste et poète, Mireille Gagné est native de L’Isle-aux-Grues. C’est avec une grande fierté qu’elle lançait son tout premier roman Le lièvre d’Amérique aux éditions La Peuplade le 20 août dernier. Une oeuvre qui se distingue déjà dans l’industrie littéraire alors qu’elle se retrouve finaliste au prix Première Plume, Furet du Nord – Decitre, un concours très prestigieux en France.

Depuis toujours, Mireille Gagné se passionne pour la littérature québécoise. Son père était un grand chasseur et sa mère occupait la profession d’enseignante sur l’ile. En bas âge, Mme Gagné et sa famille se sont installées à Montmagny afin qu’elle puisse y compléter son primaire et son secondaire, où elle a découvert un réel intérêt pour l’écriture. Elle orientera ensuite ses études, d’abord en informatique de gestion. Suivra une réorientation de carrière en Communication à l’Université de Sherbrooke, qui lui permettra de constater son intérêt toujours grandissant pour la rédaction.

Comme le veut la citation « On peut sortir la fille de l’isle mais pas l’isle de la fille! », Mireille Gagné garde, bien ancrée en elle, toute la richesse de ses souvenirs d’enfance d’une vie d’insulaire. Sa relation avec le monde animal interpelle vraisemblablement l’imaginaire de cette jeune artiste en devenir.  Ce qui lui inspira d’ailleurs en 2010 un premier recueil de poésie: « Les Oies ne peuvent pas nous dire ». L’autrice souligne sa grande fierté d’enfin publier des textes qu’elle a retravaillés maintes fois et ce, pendant une dizaine d’années! Cette publication marquait en fait la naissance d’une jeune autrice prolifique. Mireille Gagné publiera effectivement plusieurs autres recueils tels que: Les hommes sont des chevreuils qui ne s’appartiennent pas (2015), Noirceur et autres couleurs, Minuit moins deux avant la fin du monde, Le syndrome de Takotsubo et son tout dernier: Le ciel en bloc, qui sera disponible le 28 septembre prochain.

Un temps précieux

L’impression de vivre dans un temps toujours en fuite est possiblement l’un des plus grands fléaux de notre société. Cette pression de l’urgence aura d’ailleurs longtemps dominé le processus de création de Mireille Gagné. « Je manque de temps! J’ai l’impression que je faisais de la poésie et de la nouvelle parce que c’était plus facile d’arrêter en cours de route; fermer un univers puis en reprendre un autre plus tard. » souligne-t-elle. Maintenant que ses deux enfants sont un peu plus vieux, l’autrice s’est accordé le temps d’écrire ce qui devait être une courte nouvelle au départ. mais qui n’a cessé de se rallonger. » De fil en aiguille, des points de vue se sont ajoutés à ses textes, jusqu’au point de constater l’accomplissement d’un roman: Le lièvre d’Amérique. Un travail de longue haleine, mais un temps bien investi! Cette perpétuelle quête contre la montre lui aura d’ailleurs inspiré la thématique de l’oeuvre qui traite du « workaholisme ». Fascinée par le sujet, Mme Gagné aura passé de nombreuses heures à étudier les caractéristiques comportementales de cette dépendance au travail.

Le lièvre d’Amérique

Voici un résumé du livre. L’organisme de Diane tente de s’adapter doucement. Elle dort moins, devient plus forte et développe une endurance impressionnante. L’employée modèle qu’elle était peut encore plus se surpasser au travail. Or des effets insoupçonnés de l’intervention qu’elle vient de subir l’affolent. L’espace dans sa tête se resserre, elle sent du métal à la place de ses os. Tout est plus vif – sa vision, son odorat, sa respiration. Comble de la panique, ses cheveux et ses poils deviennent complètement roux en l’espace d’une nuit. Et puis les mâles commencent à la suivre. Quinze ans plus tôt, Diane connaît un été marquant de son adolescence à l’Isle-aux-Grues, ces jours de grosse mer où Eugène bravait les dangers, la fascination de son ami pour les espèces en voie d’extinction et – comment s’en remettre – le soir de l’incendie. Ce roman, une fable animalière néolibérale, s’adresse à celles et ceux qui se sont égarés.

Distinctions

Le tout premier roman de Mireille Gagné capte l’attention de l’industrie littéraire québécoise, même au-delà des frontières – en France, notamment. Que de grandes reconnaissances pour cette artiste trentenaire qui se retrouve déjà finaliste pour trois grands prix prestigieux dont Le Wepler-Fondation, parmi une douzaine d’auteurs francophones en lice pour décrocher un mécénat financier de 10 000 euros. Si elle est envahie de critiques positives par des chroniqueurs du Devoir, de La Presse et du Soleil … pour ne nommer que ceux-là, sa nomination dans le Figaro (Journal très renommé en Europe) demeure possiblement sa plus grande fierté.  « Ces reconnaissances vont bien au-delà de mes attentes! Quand j’écris, c’est qu’à ce moment-là j’ai vraiment besoin d’extérioriser quelque chose.. quand j’ai un projet, il m’habite entièrement pendant des semaines! Je ne le fais pas pour les critiques, mais je dois avouer que je suis vraiment touchée! » avoue Mme Gagné. Cette dernière soulève aussi être ravie que plusieurs lecteurs communiquent directement avec elle pour lui faire part de leur état d’esprit à la suite de leur lecture. « Plusieurs me parlent de leur envie de prendre le temps de se ressourcer, de retourner vers la nature et de s’enraciner correctement en oubliant l’effervescence qui nous entoure ».

Il est possible de dénicher les oeuvres de Mireille Gagné en librairie ou dans une bibliothèque près de chez vous!

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