Les Jumelles Martyres s’ouvrent sur leur histoire

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Par Kassandra Blouin
Les Jumelles Martyres s’ouvrent sur leur histoire
Mireille et Isabelle Grenier partagent une complicité spéciale.

Mireille et Isabelle Grenier ont livré une conférence poignante le vendredi 3 mai au Salon du Livre de Cap-Saint-Ignace. Publié en octobre 2018, leur livre «Les Jumelles Martyres» relate les six années d’enfer qu’elles ont vécues entre 1967 et 1973 dans leur famille d’accueil. Dans le volume comme dans la conférence, elles reviennent sur les gestes de violence et d’abus dont elles ont été victimes et, surtout, lancent un message d’espoir en mettant de l’avant comment elles s’en sont sorties.

C’est avec un mélange de souvenirs et d’archives, comme les dossiers des services sociaux, que les deux sœurs ont écrit ce livre qui projette un message de force et de courage. Abandonnées dès leur naissance dans une crèche de la région de Montréal, les jumelles y ont passé deux ans avant d’être adoptées par la famille Lavoie. Pendant deux ans, les jeunes filles ont été attachées à leur couchette au grenier, privées de lumière, de contacts humains et surtout de leurs besoins de base, comme aller à la toilette.

La famille adoptive ne voulait qu’encaisser le bénéfice financier qui venait avec les filles: «On ne savait jamais à quoi s’attendre. Les abus étaient rendus tellement fréquents» de dire Isabelle après avoir parlé de la paralysie dont elle a souffert à la suite d’un coup à la tête asséné par sa mère adoptive.
Complètement déconnectées de la réalité, les jumelles ignoraient qu’il ne s’agissait pas de leur vraie mère: «On ne savait même pas quel âge on avait, ni que Noël existait».

Après six ans d’enfer, les deux sœurs ont été placées dans une nouvelle famille. Elles ont connu plusieurs familles différentes, sans jamais pouvoir trouver de stabilité dans leur vie: «Il faut parfois faire preuve de foi et sauter dans l’inconnu en espérant que notre parachute s’ouvrira» lance Mireille.

Redonner au suivant

Aujourd’hui, sorties de leur calvaire, les deux femmes consacrent leur vie à aider les autres. Mireille est devenue travailleuse sociale et évalue les familles d’accueil pour les enfants aux besoins particuliers: «Je m’en suis sortie et je vais en aider d’autres à s’en sortir» explique-t-elle.
Isabelle a une résidence d’accueil pour les personnes vivant avec des déficiences intellectuelles ou des problèmes de santé mentale. Elle lance un appel à la réflexion en posant la question suivante: «Qu’est-ce qu’on peut faire personnellement pour aider les plus vulnérables autour de nous?».

Les deux soeurs ont décidé d’écrire le livre pour redonner espoir: «Ne nous laissons plus attacher par la peur. La violence est un fléau» dénoncent-elles.

Construire son bonheur

«On a fait le choix de construire notre propre bonheur» affirme Mireille en expliquant leur décision de ne pas poursuivre la famille Lavoie, sauvant ainsi de nombreuses années à ressasser leurs déboires encore et encore. Sur une dernière note positive, elles ont conclu à l’unisson: «Nous ne sommes plus des victimes. Nous crions haut et fort VICTOIRE».

 

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