09 juin 2024

Le design de mode au-delà des frontières

Laura Rouleau, originaire de Montmagny, partira prochainement en France pour réaliser une formation de mode haute couture. Récemment diplômée de l’École supérieure de mode de l’ESG à l’UQAM, elle sera la première étudiante à pouvoir bénéficier de cette entente outre-mer pour perfectionner ses apprentissages dans son domaine. Après avoir étudié à l’École Louis-Jacques-Casault à Montmagny, Laura a réalisé une technique en commercialisation de la mode, sans nécessairement savoir dans quel métier précis elle voulait poursuivre. Elle a par la suite continuer son cheminement dans un programme de deux ans de couture sur mesure. Appréciant travailler de ses mains, elle a décidé de se concentrer sur le design et appliquer à l’Université du Québec à Montréal. Maintenant âgée de 25 ans, elle voyagera dès septembre sur un autre continent pour poursuivre sa passion qui ne cesse de s’accentuer.

Elle partira pour environ cinq mois en France, plus précisément à Reims pour une formation professionnelle de créations hautes gammes. Elle pourra en apprendre davantage sur certains aspects dont elle a moins eu l’occasion de traiter lors de son baccalauréat. Il est à noter que Laura n’avait pas prévu aller en France. C’est un de ses professeurs, bien reconnu dans le monde de la mode qui l’a approché et suggéré de faire un stage ou une formation en Europe. Cependant, les prix étaient exorbitants, surtout en prenant compte que tout le matériel est aux frais de l’étudiant chaque session. Toutefois, le temps a bien fait les choses! L’UQAM a réussi à créer une liaison avec une école spécialisée en France, soit l’Institut de formations aux textiles du monde. Étant la première à tester cette nouveauté, tous les frais pour cette expérience hors du commun seront couverts.

La suite Laura réfléchit déjà à la suite des choses. Elle considère la possibilité de réaliser un autre stage dans une plus grosse maison de couture. Il est certain qu’elle souhaiterait plus tard travailler dans une grande entreprise de design, mais elle garde ses portes ouvertes.  « On ne sait jamais où cela va nous mener. L’année dernière, je ne pensais même pas aller en France, ce n’était même pas dans mes plans. On ne sait jamais ce qui peut se présenter à nous », souligne-t-elle.  De retour dans la province, elle est également consciente que son expérience lui ouvrira des portes. « C’est juste du bon! » Soulignons qu’elle collaborera prochainement avec une compagnie de danse pour l’élaboration de costumes inspirés de l’eau. Les danseurs qui enfileront ses créations partiront en tournée partout à travers l’Europe, ce qui lui ajoute une belle visibilité, selon elle. La nature…source d’inspiration Laura s’inspire principalement de la nature dans son processus créatif, particulièrement de Montmagny. « J’ai toujours aimé la nature ici. La forêt et tout ce qui l’entoure. »  Sa dernière collection était d’ailleurs conçue sous la thématique de l’eau, soit les animaux marins, les fonds marins, la pollution, etc. Après plusieurs recherches, il est possible d’y voir le mouvement de l’eau sous différentes formes dans ses habits.

Enfin diplômée! Pour en arriver là où elle en est, Laura a parcouru beaucoup de chemin. Son programme n’était pas de tout repos. À plusieurs moments, les journées débutaient tôt le matin pour se terminer tard le soir. « J’ai commencé, on était 26 étudiants et j’ai terminé mon baccalauréat à 10 », raconte-t-elle. Elle assure tout de même que les professeurs étaient à l’écoute et bien présents pour les étudiants. Sa dernière collection dans le cadre de son programme est composée de cinq créations. Parmi celles-ci, une demande spécifique pour une séance de photographies a mis au défi Laura : elle devait réaliser l’une de ses idées de tenues en deux jours. Soulignons que la tenue était fabriquée d’environ 10km de cordes créées totalement à la main par Laura. Au total, 400 heures ont été investies dans la robe. « C’est la pièce vedette de toute la collection! » Son cahier de croquis était un atout tout au long de son parcours et il est possible d’y découvrir ses idées et ses recherches sous forme de dessins, tissus, formes, photos de magazine, le tout au même endroit. « Je me suis trouvée une passion pour la transformation textile », précise-t-elle. Ces créations sont présentement utilisées dans le cadre de séances photos, par exemple pour des magazines, des défilés, des événements et autres. La collection de Laura sera exposée dans le pavillon de Design de mode de l’UQAM.