Pandémie ou pas, Le Temps des Cigales a le vent dans les voiles

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Par Michel Chassé
Pandémie ou pas, Le Temps des Cigales a le vent dans les voiles
Le Temps des Cygales emploie quatre personnes: Myriam Foy et Olivier Doray, les propriétaires, puis François Pelletier et Mathieu Gauvin, les employés. Copeau, le chien, mascotte et zoothérapeute de l’atelier, et Gabarit, le chat (absent sur la photo) font aussi partie de cette entreprise écoresponsable qui privilégie une approche et une échelle humaines.

L’Atelier TOC de Cap-Saint-Ignace, mieux connu sous le nom du Temps des Cigales, a connu une augmentation de son chiffre d’affaires au cours des cinq dernières années et ce n’est pas la pandémie qui va l’arrêter, surtout pas avec une récente commande de 1 575 planches à découper, sa plus grosse jamais reçue d’un seul coup, de la part d’une compagnie qui veut en faire cadeau à ses employés dans ses usines du Nunavut.

Évidemment, on taira le nom de la compagnie puisqu’il s’agit de cadeaux de Noël qui devaient partir par bateau la semaine dernière du port de Bécancour pour éviter la glace qui encombre la navigation plus rapidement dans le Nord: «Nous avons dû réorganiser nos espaces de travail et ajuster notre production pour livrer cette commande en si peu de temps. Nos employés ont même accepté de retarder leurs vacances» précise M. Olivier Doray, l’un des propriétaires.

Cette importante commande a aussi profité à ses partenaires, dont Composantes de bois MB, une entreprise située de Montmagny: «Benoît Jean, le propriétaire, fait un travail exceptionnel» ajoute M. Doray.

Les 1 575 planches à découper sont prêtes à partir.

Fierté

«De petits artisans en métier d’art comme moi, il y en a peu au Québec. Dans ce domaine, il faut du temps pour établir sa réputation. Et si notre chiffre d’affaires grimpe depuis cinq ans, c’est parce que nous avons su établir la nôtre. C’est une fierté pour nous d’être encore là alors que nous luttons contre la Chine, le Vietnam et la Thaïlande. Il faut que les gens de la région soient fiers d’investir dans les entreprises de la région. Oui, le produit est peut-être plus cher, mais il est beau et fabriqué ici. Il faut en être fier» de lancer M. Doray.

«En choisissant Le Temps des Cigales plutôt qu’une entreprise en Asie, la compagnie qui nous a demandé 1 575 planches à découper nous aide à passer à travers la pandémie tout en faisant tourner la roue dans la région» de renchérir le principal intéressé.

Entre bois et bouffe

À cheval entre le monde du bois et celui de la bouffe, Le Temps des Cigales se spécialise dans la production de trois types de produits: accessoires de cuisine et surfaces de travail, meubles sur mesure et design de cuisines.

Ses accessoires de cuisine sont faits de noyer, d’érable ou de cerisier. Pour la conception et la fabrication de ses meubles sur mesure (table, bibliothèque, buffet, vanité, etc…), on utilise tous les bois, avec une nette préférence pour les essences locales comme l’érable, le noyer, le cerisier, le chêne rouge ou blanc et le frêne: «Nous avons développé une solide expertise dans la conception et la fabrication de grandes tables. Plusieurs restaurants de Montréal possèdent de nos tables. D’ailleurs, nous sommes plus connus dans la Métropole et auprès de plusieurs grands chefs que dans notre région» affirme M. Doray.

Quelques accessoires de cuisine du Temps signés Le Temps des Cigales.

Enfin, Le Temps des Cigales conçoit et supervise l’installation de cuisines résidentielles: «Nous suivons le client de début à la fin; après avoir réalisé le concept selon le désir du client, nous confions sa fabrication à Miralis, une entreprise de Saint-Anaclet près de Rimouski qui est le leader québécois en fabrication de cuisine. Et nous procédons ensuite à son installation chez le client» explique M. Doray.

La cigale et la fourmi

Lancée en 2000 à La Pocatière par M. Doray, l’entreprise a déménagé à Cap-Saint-Ignace en 2016. Le nom, Le Temps des Cigales, se veut un clin d’œil à la fable «La Cigale et la Fourmi» de La Fontaine: «Nous vivons dans un temps où il y a trop de fourmis, où tout va vite, et pas assez de cigales pour faire tomber la pression et prendre le temps de vivre, de cuisiner» de conclure M. Doray, lui-même gourmet et excellent cuisinier.

Une planche à découper.
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