Se penser invincible…

Se penser invincible…

Philippe Caron à l'hôpital l'Enfant-Jésus quelques jours après l'accident.

Philippe Caron se pensait invincible, comme plusieurs jeunes de 18 ans. Voilà pourquoi il a mis sa vie en danger en prenant sa voiture à 2 heures du matin, après le travail, parce qu’il n’a pas su écouter son corps qui l’avertissait d’épuisement. Il ne marche plus depuis… La plus belle année de sa vie, qu’il affirme lui-même, a basculé en cauchemar à la suite d’un bête accident.

Informé au sujet de ce drame, le journal s’est rendu au Centre François-Charron de Québec pour le rencontrer. Le jeune homme y séjourne, en réhabilitation depuis le 21 août. Il a subi une opération de 7 heures au lendemain de son accident. En plus de subir un traumatisme crânien, sa lombaire 3 a été cassée et déplacée sous le coup de l’impact, paralysant ainsi ses jambes.

“J’aurais dû dormir au travail, j’aurais dû moins sortir avec mes amis cette semaine-là. J’aurais dû. J’aurais dont dû…”

Rappelons les faits. Dans la nuit du 12 août dernier, Philippe Caron complète son quart de travail chez Croisières Lachance, à Berthier-sur-mer. Il prend sa voiture pour se rendre chez lui à Montmagny afin d’aller dormir. Cette décision, qui a plutôt l’air banale, a complètement changé le cours de sa vie. Bang!

Il avait eu une grosse semaine, mais ne ressentait pas nécessairement la fatigue. Ce dimanche-là, tous ses rêves et ses projets se sont effondrés lorsque sa voiture percute un mur de briques après qu’il se soit endormi au volant. Quelques secondes les yeux fermés et son avenir se transporte sur un lit d’hôpital, à se demander s’il restera invalide.

L’accident s’est produit sur la 132 à un kilomètre de l’hôpital, moins de deux kilomètres de chez lui. Il était pourtant si près de son lit… Sur l’adrénaline, le jeune homme a réussi à ramper hors du véhicule puisqu’il ne sentait plus aucunement ses jambes. Un voisin, qui a entendu le bruit de l’impact, a appelé les ambulanciers.

Message d’espoir
Philippe se veut un modèle d’espoir et de persévérance. Grâce aux traitements de physiothérapie qu’il reçoit et aux efforts qu’il déploie, il marche aujourd’hui sur de courtes distances avec l’aide de béquilles. « La période la plus importante pour la réhabilitation, ce sont les trois premiers mois. Comme j’ai fait d’énormes progrès jusqu’à présent, nous sommes très confiants pour l’avenir. Je suis content de mon évolution, parce que se réveiller à 18 ans, sur un lit d’hôpital, et que tes jambes ne fonctionnent plus, ça te fait capoter », confie-il. Il partage encore que c’était une des plus belles années de sa vie jusqu’à ce moment fatal. Il avait pris part à l’organisation d’un événement de musique électronique à Montmagny et avait été invité au camp de sélection pour faire partie de l’Everest, l’équipe de hockey junior AAA.

La semaine dernière, Philippe a repris le volant pour la première fois et il affirme ne pas avoir peur de conduire à nouveau. Il engagera maintenant les démarches pour récupérer son permis de conduire d’ici quelques semaines. « Le meilleur conseil que je peux donner maintenant c’est de s’arrêter, même pour une sieste de 15 minutes. Il faut apprendre à s’écouter, ça peut éviter beaucoup de dommages ».

Il apprécie le support de sa famille et de ses amis dans cet épisode de sa vie. Il confesse leur importance dans son rétablissement, autant physique que mental. “Ils ont aussi appris à prendre le temps. Je pense que c’est une bonne leçon pour tout le monde”.