27 février 2024

L'art à l'ère de l'intelligence artificielle

Après s’être établie dans la région il y a de cela quelques années, Tania Hillion, artiste d’origine française, vient tout juste de s’installer officiellement dans un nouvel atelier à L’Islet. Développant de plus en plus ses techniques artistiques, elle utilise présentement l’intelligence artificielle à titre d’inspiration pour ses œuvres. Ses nouveaux locaux lui permettent d’envisager divers projets. Tania Hillion a accueilli le Journal dans ses locaux afin de présenter son travail des trois dernières années. Elle est désormais située sur le chemin des Pionniers Est à L’Islet. En déménagement depuis l’hiver dernier, Tania a effectué des travaux pour que les lieux répondent le plus possible à ses besoins. Installée auparavant à son domicile, il lui est maintenant possible de créer dans son propre espace. Sa carrière en plein essor, après avoir exposé à plusieurs endroits dans la région dont le Musée de la mémoire vivante et la Bibliothèque de Montmagny, l’artiste se dirige de plus en plus vers l’intelligence artificielle (IA) dans ses créations. Puisqu’il s’agit là d’un volet en pleine expansion, elle croit qu’il reste encore plusieurs aspects méconnus à découvrir et exploiter. « Plusieurs en entendent parler, mais ils ont de la difficulté à visualiser les aboutissements de l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, j’ai touché du bout du doigt le sujet en jouant avec un logiciel d’intelligence artificielle, en utilisant cela pour pouvoir générer des images de références pour faire les tableaux », indique-t-elle.

Sa dernière exposition, « Mythologie.s », utilisait notamment ce logiciel pour la conception des œuvres. C’était encore un terrain inconnu et elle ne savait pas où cet outil allait la mener. « On est en train de prendre une tangente, c’est quelque chose qui est en train de se développer de façon exponentielle et on n’a même pas le temps d’intellectualiser et de comprendre où ça peut aller. » À l’aide de commandes écrites, elle pouvait générer des images de ce qu’elle souhaitait. « Je m’adressais à lui comme un photographe parlerait à son assistant », explique-t-elle. C’était une expérience hors du commun qu’elle souhaiterait continuer à exploiter pour générer des images de référence dans le cadre de ses recherches. Elle préfère toujours travailler avec des modèles humains mais, dans les cas où il peut être plus difficile de trouver quelqu’un, c’est une alternative qui demande moins de financement, d’organisation et de temps. C’est une manière de créer des visages qui n’existent pas et les résultats peuvent être étonnants. « Ça me permet d’aller chercher une vraie tonalité de peau et de formes du visage très réalistes qui peuvent passer pour de vraies personnes. »

Il s’agit d’une alternative qui peut faciliter le métier, tout comme l’arrivée de la photographie. «J’ai décidé d’adhérer à ça à 400%, mais seulement en tant qu’outil. » Bien que certains résultats soient parfois tout à fait insolites, elle aime cet aspect de cocréation avec le logiciel. Il est à noter que l’image comme telle n’est pas utilisée, elle n’est qu’une source d’inspiration. Nouvel espace Alors qu’il s’agissait auparavant de bureaux de notaires, elle a modifié ses locaux à son image. « C’est l’espace et la lumière pour moi, c’est vraiment génial et c’est proche de chez moi alors c’est super.» C’est également plus facile pour elle d’exposer ses toiles dans le cadre de portes ouvertes ou encore d’accueillir des visiteurs ou des clients dans les lieux. « Je ne pouvais vraiment pas rêver mieux! » L’artiste met en valeur les visages dans ses œuvres et cet espace plus grand lui permet de bien comparer chaque portrait des séries qu’elle produit. « Avant c’était une logistique (…) maintenant c’est beaucoup plus fluide. »

Rappelons que durant la période estivale, elle a présenté à la chapelle des processions sa série « Mythologie.s », mentionnée plus tôt, qui a ressemblé 240 personnes. Ces tableaux, conçus dans son atelier, lui ont pemis de constater une nette différence. Moins de manipulations sont nécessaires pour chaque tableau. « Dans tout mon travail, il y a toujours beaucoup d’expérimentations jusqu’à ce que je sois sûre de l’axe que j’ai envie d’aborder visuellement et qui va pouvoir soutenir les idées de la thématique que je vais présenter », explique-t-elle. Maintenant installée, elle a déjà plein d’idées en tête pour l’atelier. Par exemple, la mise en place d’ateliers individuels ou en petits groupes. À l’heure actuelle, elle travaille sur un projet de recherches hors du commun. Plus d’informations seront dévoilées une fois que celui-ci aura progressé.