Pas de récession en vue, selon Michel Doucet

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Par Eric Maltais
Pas de récession en vue, selon Michel Doucet
Michel Doucet, vice-président, stratège d’investissement et gestionnaire de portefeuille chez Valeurs mobilières Desjardins

Selon Michel Doucet, vice-président, stratège d’investissement et gestionnaire de portefeuille chez Valeurs mobilières Desjardins, il n’y aura point de récession au Canada en 2020. Au pire, une croissance frisant le 1,4% occasionnée par certaines situations ponctuelles dans le monde comme le coronavirus, un virus à l’origine d’une épidémie de pneumonie qui afflige depuis décembre la région du Wuhan, en Chine.

Dans le cadre de sa conférence sur les Perspectives économiques 2020, présentée mercredi dernier, l’invité de la Chambre de commerce de la MRC de Montmagny s’est plutôt attardé à la place qu’occupe le secteur manufacturier dans l’économie, soit entre 15 et 20%, par rapport aux deux tiers des dépenses de consommation reliées aux services. L’effet d’un ralentissement ne peut être que temporaire parce que dans les services, la consommation n’est que retardée en considérant qu’il s’agit à la base d’un besoin, donc si je ne l’achète pas aujourd’hui, je le ferai demain!

Ainsi selon le stratège, tout est relié à l’importance qu’il accorde à la Chine dans son portefeuille financier, soit à peine un pourcent. La perte de rendement ne peut donc être significative. Second facteur qui aurait pu faire planter l’économie : les relations entre l’Iran et les États-Unis. Mais le déclenchement d’une guerre ne servirait les intérêts de personne. Les belligérants ne font donc que se lancer des avertissements pour signaler qu’ils sont aux aguets, des actions sans conséquence.

« Est-ce que l’économie américaine va bien? Très bien! Il serait plus dangereux pour les Américains que les démocrates se donnent un candidat de gauche comme Bernie Sanders en vue des élections présidentielles de l’automne. Cela pourrait faciliter la réélection de Donald Trump. L’économie passe avant les mesures sociales », a soulevé le conférencier tout en ajoutant qu’avec l’actuel président américain, l’économie se porte bien. Le danger de l’inflation guette davantage les gouvernements, d’où l’importance des décisions que prendra le gouverneur de la Banque du Canada. Dans les faits, l’objectif demeure d’agir en fonction de maintenir un dollar canadien à une valeur oscillant entre 75 et 77 cents en rapport avec la devise américaine. Ce taux favorise les exportations, une politique qui semble plaire aux industriels de la Côte-du-Sud.

Même le retrait des Britanniques de l’Union européenne, le Brexit, ne semble pas affecter l’économie internationale. Depuis le temps que ce divorce se prépare et est annoncé, les actions qui avaient à être prises l’ont été depuis longtemps.

Plein emploi
Au cours des années, M. Doucet a mené divers projets touchant à l’économie internationale nord-américaine, aux finances publiques canadiennes et aux marchés financiers. Il maintient qu’une augmentation du taux d’intérêt de base pourrait étouffer une économie qui fonctionne bien. Le marché de l’emploi roule rondement, les gens ont de l’argent dans les poches et on prévoit des augmentations de salaire entre 3 et 4%. Mais les employeurs doivent se démarquer s’ils désirent conserver leur main-d’œuvre, a-t-il ajouté. Avec un record du taux de chômage à 2,4% sur la Côte-du-Sud, il s’agit indéniablement d’un marché de travailleurs.

Autant les Québécois ont fondé de nombreuses familles de 12, 14, 18 enfants après la 2e guerre mondiale, inondant ainsi le marché de l’emploi en main-d’œuvre dans les années 1980, autant le taux de natalité a chuté pour qu’on se retrouve aujourd’hui avec une rareté de la main-d’œuvre. Il faudra s’y faire car le problème persistera encore longtemps, d’où l’importance d’offrir un traitement royal pour une bonne rétention des employés.

Un récent sondage mené à Québec indiquait que les deux tiers des travailleurs âgés entre 25 et 40 ans se disent prêts à écouter des offres pour améliorer leur situation, précise le conférencier.

Des conditions d’emploi extraordinaires et des salaires en hausse permettent aux Québécois, selon M. Doucet, de mieux contrôler leur endettement. « Même qu’ils se permettent aujourd’hui un taux d’épargne de 8%. Ils sont en train de se bâtir un bas de laine », a-t-il conclu.

Voici une partie de l’exposé de M. Doucet:

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