La soudaine frénésie du jardinage

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Par Marie-Eve Picard
La soudaine frénésie du jardinage
Nancy Ouellet des Serres du Canton.

Les propriétaires des centres d’horticulture sont unanimes: on assiste présentement à un engouement encore jamais vu pour le jardinage!

Ce phénomène est d’ailleurs observé à la grandeur du Québec et la région de la Côte-du-Sud ne fait pas exception, au grand plaisir de nos commerçants locaux!

80% du chiffre d’affaire en trois semaines

Mme Nancy Ouellet, copropriétaire des Serres du Canton à Montmagny, n’en revient pas. L’entreprise familiale pourtant bien active depuis 1982 dans la production et la vente au détail de plants de légumes, de fines herbes, d’annuelles et de vivaces n’avait encore jamais vécu pareille situation. “Nous sommes en avance de trois semaines sur notre production et avons fait environ 80% de notre chiffre d’affaires qui, habituellement, se déroule sur six semaines!”

Selon Mme Ouellet, des facteurs convergents expliqueraient cette frénésie. D’abord, la météo très clémente: le mois de mai nous a effectivement offert plusieurs journées chaudes et ensoleillées. Celles-ci auront sans aucun doute accentué le désir d’être à l’extérieur et de jardiner. Puis évidemment, la crise de la COVID-19 a un effet considérable et ce, à plusieurs niveaux.

L’effet COVID-19

Juin n’est même pas entamé que bon nombre de centres horticoles déclarent déjà une pénurie de plants de légumes et de terre à potager. “On a soudainement commencé à voir de nouveaux visages.” Nancy Ouellet constate effectivement que de nombreuses jeunes familles s’initient au jardinage. Elle suppose que la crise sanitaire a permis d’éveiller les consciences sur l’autosuffisance.

L’entrepreneure se réjouit aussi de la montée en popularité pour l’achat local : “Le panier bleu, le panier vert, le nouveau groupe Facebook d’achat local Côte-du-Sud sont toutes de belles initiatives et j’espère que ça va durer! C’est l’avenir de notre économie et la vitalisation de notre région!”

Enfin, tel que recommandé par le premier ministre, plusieurs personnes prévoient passer plus de temps chez eux et choisissent d’investir dans leur cour extérieure plutôt que dans les voyages.

L’effet thérapeutique de la nature

La période très difficile que nous vivons depuis quelques mois a fait beaucoup de ravages, notamment au point de vue de la santé mentale. L’effet thérapeutique du contact avec la terre et les végétaux aura finalement été reconnu par le gouvernement comme service essentiel, au grand soulagement des propriétaires. “Lors du confinement, on avait seulement droit de garder des employés pour les légumes et fines herbes. Ça été un vrai casse-tête avec nos annuelles qui représentent les trois quarts de notre production… 7 jours sur 7, six mois par année! Notre famille a décidé de prendre une chance et poursuivre la production: un énorme travail mais on a bien fait!”

Composer avec la réalité

Mme Ouellet et son équipe trouvent tout de même des solutions aux clients dépités de ne pourvoir repartir avec certains plants alors que plusieurs d’entre-eux revenaient pour la seconde fois: “La récente période de chaleur a tellement duré longtemps que ça a donné envie de jardiner plus tôt… mais plusieurs se sont fait jouer des tours avec le gel au sol!”

Quoi qu’il en soit, cette dernière s’émerveille de voir de plus en plus de gens s’intéresser au jardinage.

“C’est beau à voir!”- Nancy Ouellet.

Voici son entrevue:

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