Aucun service de psychologue depuis le début de l’année scolaire à L’Islet

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Par Anne-Frédérique Tremblay
Aucun service de psychologue depuis le début de l’année scolaire à L’Islet
«C’est sûr que ça amène une fatigue, un épuisement, une insatisfaction personnelle, car la charge est lourde. On fait ce qu’on peut, mais le manque de professionnels, surtout de psychologue, est criant», mentionne Johanne Ouellet, animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire (AVSEC).

À l’école secondaire Bon-Pasteur, aucun service en psychologie n’est offert depuis le début de l’année scolaire. Pourquoi? La psychologue permanente a pris sa retraite l’an dernier et le manque de main-d’œuvre en psychologie dans la province est majeur. Johanne Ouellet, animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire (AVSEC), rappelle que la mission de l’école québécoise est d’instruire, socialiser et qualifier, mais que certains axes sont mis de côté.

Johanne Ouellet est AVSEC dans sept écoles de la région, dont l’école Louis-JacquesCasault, Bon-Pasteur et cinq écoles primaires. Elle mentionne que le public n’est pas toujours conscient, mais les services offerts au niveau professionnel sont inégaux d’une école à l’autre. Après le départ à la retraite de leur psychologue, l’école secondaire Bon-Pasteur à L’Islet se retrouve sans service depuis le début de l’année scolaire. Mme Ouellet révèle que cela a toujours été un problème dans la MRC de L’Islet. Certains professionnels sont beaucoup moins intéressés à travailler dans de plus petites municipalités. Les écoles doivent donc compenser en laissant quelqu’un avec certaines compétences sans nécessairement avoir le diplôme s’occuper de gérer des situations de crise.

Une psychologue se rend tout de même à l’école Bon-Pasteur au besoin.Toutefois, elle doit aussi s’occuper de Saint-Aubert et SaintEugène. Les trois écoles sont donc orphelines de psychologue permanente dans le réseau scolaire.

Mme Ouellet avoue qu’elle porte une très grosse charge de travail cette année. Elle est seule, avec la psychoéducatrice, à pouvoir réaliser et offrir des services.

«Je suis quand même une animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire. Je ne devrais faire que de la prévention. Je travaille en prévention de la violence, l’estime de soi, les habiletés sociales, la sexualité. Ça nous demande à nous autres et à la psychoéducatrice aussi de faire bien plus de gestion à l’urgence en crise plutôt que de faire un suivi scolaire de prévention», affirme-t-elle.

«On ne peut pas travailler en profondeur, c’est difficile d’assurer un suivi et on peut très peu travailler en prévention. Je suis la seule qui  peut en faire, car je fais des ateliers en classe, mais ce n’est jamais comme on aimerait le faire», ajoute-t-elle.

Instruire, socialiser, qualifier
Selon le ministère de l’Éducation, l’école québécoise vise trois axes importants : instruire, socialiser et qualifier. L’AVSEC trouve étonnant que le gouvernement ne fasse rien, considérant la hausse d’anxiété chez les jeunes, la démotivation au niveau scolaire, etc. Elle constate que l’axe de la socialisation est présentement délaissé, mais ce genre d’aspect n’est pas évalué dans un bulletin. Certaines problématiques peuvent donc suivre les jeunes tout au long de leur cheminement scolaire.

«Comme professionnel, il faut aussi travailler avec les enseignants pour que le jeune soit bien dans la classe. C’est ça qu’on n’a pas le temps de faire. À cela s’ajoute le roulement du personnel enseignant là-dedans. Tu as un enseignant qui arrive et qui ne connaît pas les jeunes. C’est sûr que lui a besoin des professionnels, de la psychoéducatrice, pour travailler ensemble. C’est ce qu’on doit faire de façon plus élargie, mais qu’on ne peut pas faire parce qu’on éteint des feux. C’est ce qui amène notre épuisement», explique Mme Ouellet.

François Legault propose une offre aux syndicats
Le premier ministre François Legault a proposé une offre le 2 mai dernier aux différents chefs syndicaux, en compagnie de la présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel. Les quatre points principaux proposés se présentent comme suit : une augmentation de 8% sur trois ans à l’ensemble des employés de l’État; une augmentation de 18% aux nouveaux enseignants; une augmentation de 23% pour les préposés aux bénéficiaires en CHSLD; 14 000 nouveaux postes à temps plein dans le réseau de la santé.

La présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Sonia Ethier, a répondu à cette offre en mentionnant que les offres du gouvernement n’ont fait l’objet d’aucune évolution aux tables centrales et continuent de traduire une fermeture. Elle précise aussi que cette offre ne changera pas les situations de surcharge, de manque de ressources et de pénurie.

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