Des professeurs craignent pour la transmissibilité d’Omicron

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Par Anne-Frédérique Tremblay
Des professeurs craignent pour la transmissibilité d’Omicron

Le Syndicat de l’enseignement de la Côte-du-Sud confirme que les enseignants sont heureux d’un retour en classe dès cette semaine. Toutefois, plusieurs se sentent craintifs vis-à-vis le variant Omicron beaucoup plus contagieux qui pourrait mettre à risque la santé des élèves et du personnel. Le Syndicat aurait préféré que l’annonce du retour se fasse moins à la dernière minute afin de pouvoir se préparer au retour des élèves.

Pour la plupart, les enseignants accueillent positivement le retour à l’école. La tenue des cours en classe facilite l’enseignement qui se veut plus difficile en ligne avec l’encadrement d’un grand nombre d’élèves. Le personnel constate des retards au niveau de l’apprentissage. Le retour en classe permet donc de corriger cette situation.

« La plupart des gens sont bien contents. Maintenant, il y a une question du niveau de sécurité dans nos écoles. Contrairement à ce que le Dr Boileau a dit en conférence de presse, ce n’est pas vrai que tous les problèmes sont réglés dans les écoles et que c’est sécuritaire », évoque le président du Syndicat de l’enseignement de la Côte-du-Sud, Pascal Côté.

En effet, le virus qui se veut plus contagieux amène une certaine crainte auprès du personnel.

« On ne peut pas demander aux enseignants d’ouvrir les fenêtres des classes quand il fait moins 30 et souvent, à cette température, les élèves restent en classe pour la récréation et parfois même sur l’heure du midi. Ils sont donc là à longueur de journée. »

À la suite d’un sondage réalisé récemment, le président observe que le personnel enseignant de la province est divisé en trois catégories : le tiers sont craintifs, anxieux et appréhendent le retour à l’école; un autre tiers se disent qu’ils veulent y retourner à condition d’ajouter des mesures sanitaires supplémentaires pour assurer la sécurité de tous et, finalement, certains se disent prêt à retourner à l’école puisqu’ils ne sont plus capables d’enseigner à distance.

Qualité de l’air

Le Syndicat se demande où est-ce que le gouvernement a pris l’information concernant la qualité de l’air dans les classes. M. Côté perçoit des problèmes par rapport aux échangeurs d’air. Des lecteurs de CO2 ont été installés afin d’avoir une bonne idée du taux de gaz carbonique ambiant. Toutefois, en raison du problème d’échangeur d’air, le problème demeure inquiétant parce que le taux ne cesse d’augmenter.

« Je reçois des photos de lecteur de CO2 d’avant les Fêtes où on est à 3 400 à 4 000 PPM et il y a un problème d’échangeur d’air. On se retrouve donc avec un virus ultra contagieux, dans des classes qui sont mal ventilées et là-dessus, de ce qu’on comprend, c’est que le ministre de l’Éducation a eu un an et demi pour se revirer de bord afin d’installer des échangeurs d’air ou des purificateurs d’air dans les écoles et ils ne l’ont pas fait. »

Le Centre de services scolaire de la Côte-du-Sud précise que l’installation d’échangeurs d’air a été finalisée dans 30 établissements. Ils sont actuellement en attente de livraisons supplémentaires. Les établissements priorisés sont ceux qui ont obtenu les moins bons résultats lors de la dernière étude réalisé.

Qu’est-ce qui a été fait?

M. Côté se pose la question : qu’est-ce qui a été fait depuis le 30 décembre? Un retour en classe était déjà prévu le 17 janvier et, selon le président, le ministère était bien conscient de la situation. Il se demande donc pourquoi les lignes directrices ont seulement été données au syndicat en milieu de semaine au lieu d’en début de la semaine dernière. Selon lui, plusieurs ont des craintes et avec raisons. Il perçoit beaucoup de situations semblables de dernière minute et de l’improvisation dans le milieu de l’éducation qui créent des incertitudes.

« Les gens ont un paquet de questions auxquelles on ne peut pas répondre et c’est par là qu’on s’en va. C’est le niveau d’improvisation où, à la limite, le fait d’arriver encore une fois à la dernière minute. On a des nouvelles façons de faire par rapport aux élèves et du personnel qui sont en isolement, où on est passé de dix jours à cinq jours, mais il y a une question de symptômes et de tests ».

Il évoque d’ailleurs que plusieurs enfants et personnels débutent la semaine sans test rapide de COVID-19. « Il y a un paquet de ficelles qui auraient dû être attachées, mais qui ne l’ont pas été. » Il souhaiterait également que des masques N95 soient distribués parmi tout le personnel enseignant de la province. De plus, l’idée que des parents volontaires remplacent en cas d’isolement d’un professeur est, selon lui, une solution un peu poussée. « De ce qu’on comprend, au niveau du centre de services, dans le plan de contingence, on va tout faire pour ne pas se rendre là. Donc, ça nous rassure. »

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