Les jours de grève du Front commun sont commencés!

Journal L'Oie Blanche
Les jours de grève du Front commun sont commencés!
Le Centre de services scolaire ce matin.

Le personnel de soutien, le personnel professionnel, les enseignantes et enseignants du Centre de services scolaire de la Côte-du-Sud ainsi que les enseignants du Centre d’études de Montmagny ont débuté ce mardi une grève de trois jours. Cette grève se tient à la largeur du Québec afin d’avoir un impact sur les négociations pour améliorer les conditions de travail des 420 000 employés.

Plus tôt ce mois-ci, les travailleurs de la CSN, la CSQ, le FIQ et l’APTS ont pris part à une grève afin de bouger les choses. Ne voyant pas de différences au sein des négociations, de nouvelles mobilisations ont été ajoutées.

Le mardi matin, soit le 21 novembre, des centaines d’employés du Centre de services scolaire de la Côte-du-Sud se sont déplacés à l’école Louis-Jacques-Casault, et ce, dès 10h. Les participants se promènent par la suite dans les rues de Montmagny. Un grand rassemblement terminera l’événement devant les bureaux du Centre de services sur la rue Saint-Louis.

Ce mercredi, le personnel scolaire voyagera à l’hôpital de Montmagny pour accompagner le milieu de la santé.

Pour terminer, le personnel sera convié à l’Assemblée nationale du Québec en compagnie des régions de Chaudière-Appalaches et Québec.

Le président du Syndicat de l’enseignement de la Côte-du-Sud, M. Pascal Côté, tient à rappeler que le blocage de la négociation ne tourne pas uniquement autour de l’offre salariale du 29 octobre dernier, mais des conditions de travail avant tout.

Les participants qui se déplacent dans les rues.

« Quand, dans un groupe moyen, on a seulement 50% des élèves qui cheminent normalement en fonction de l’âge et du niveau scolaire, malgré toute la bonne volonté des enseignantes et enseignants, il est impossible de donner un enseignement de qualité », souligne M. Côté.

Il rappelle que selon une étude réalisée au printemps auprès des employés de Côte-du-Sud, plus du tiers du temps de classe est attribué à la gestion de classe et à la gestion des difficultés. «Seulement 66% du temps d’enseignement est considéré de qualité par nos membres. Ramené sur une année, c’est l’équivalent de 60 jours d’enseignement perdu! »

« Ce n’est pas pour rien que la tâche et la composition de la classe sont au cœur de nos revendications », ajoute-t-il.

Besoin de soutiens

Pour le président du Syndicat du personnel de soutien scolaire Bellimont, M. Samuel Fortin, les enseignantes et enseignants ont besoin de support en classe, notamment de techniciennes et techniciens en éducation spécialisée. « Même si les besoins sont criants, nous avons des TES qui ne travaillent que 20 ou 25 heures par semaine », rappelle-t-il. « Ça n’a aucun sens. Les besoins sont là, mais on peine à engager les ressources, faute de financement. Faute d’un nombre d’heures normal, nos TES désertent. »

Il ajoute que les conditions de travail de l’ensemble du personnel de soutien se sont détériorées au point qu’il devient extrêmement difficile de recruter.

« Les gens quittent pour la retraite dès qu’ils le peuvent et le CSS peine à les remplacer. Ça en dit long sur les conditions de travail. »

M. Jean-François Jomphe, président du Syndicat du personnel professionnel de l’éducation de Chaudière-Appalaches, constate la même situation de son côté. « Pour intervenir auprès de ces jeunes en difficulté, on a besoin notamment de psychologues, psychoéducateurs ou travailleurs sociaux. Or, le CSS est incapable de combler les besoins », affirme-t-il.

« On fait appel au privé pour combler le manque de personnel. Ça n’a aucun sens! Les conditions de travail et les salaires doivent être compétitifs si on veut attirer et retenir le personnel. »

Pour les trois syndicats, aucun règlement n’est possible sans une amélioration importante des conditions de travail, à l’inclusion de l’offre salariale. Ils ajoutent que la pénurie frappe partout, enseignants, personnel professionnel et personnel de soutien. Pour eux, sans amélioration notable, les difficultés de recrutement ne feront que s’amplifier. Or, « C’est de l’avenir de nos enfants dont il est question », conclut M. Jomphe.

 Soulignons que le CISSS de Chaudière-Appalaches sera en grève jusqu’au 24 novembre.

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