20 avril 2024

La MRC prête à accueillir les projets éoliens

Le Journal a rencontré la directrice générale de la MRC de Montmagny, Mme Nancy Labrecque, et le directeur adjoint, M. Daniel Racine, afin de connaître la position de la MRC de Montmagny dans les divers projets éoliens en cours. Bien que les entreprises soient présentement en élaboration pour la mise en place des projets, la MRC prévoit bénéficier des retombés monétaires de l’énergie éolienne à long terme pour le développement sur le territoire. En plus de travailler avec les entreprises, les MRC de Montmagny et de L’Islet font partie de l’Alliance de l’Est. Principalement, pour bénéficier de leur expertise, mais notamment pour pouvoir obtenir des retombés à long terme. Dans une situation où la MRC atteindrait le nombre limite de MW installé possible dans le secteur, les retombées des nouveaux projets qui s’ajouteront dans l’est seront également bénéfiques pour les 28 municipalités. « Avec l’Alliance, on a une force de frappe qui est intéressante », mentionne Mme Labrecque. Rappelons qu’en mars dernier, le projet d’EDF de 180 MW d’électricité de la Forêt Domaniale a été retenu. Celui-ci sera situé principalement en secteur forestier dans les environs de Cap-Saint-Ignace, Notre-Dame-du-Rosaire et Sainte-Apolline-de-Patton. La fin des travaux, normalement de 30 éoliennes, est prévue pour 2026. Un règlement d’emprunt de 20,8M$ a été adopté à cet effet.

Dans le cadre de l’appel d’offres d’Hydro-Québec de septembre dernier, EDF a déposé une seconde demande pour une deuxième phase du projet qui s’étendra cette fois-ci dans une autre partie des municipalités de Saint-Apolline et de Cap-Saint-Ignace, non exploitée, en plus d’une section qui s’étendra dans la MRC de L’Islet, plus précisément à Saint-Cyrille-de-Lessard. Le projet, de 198MW serait prévu pour décembre 2029, et dénombrerait entre 25 et 33 éoliennes. Pour cette deuxième phase, un règlement d’emprunt de 15,6M$ est prévu si le projet est retenu. Mme Labrecque indique que les autres projets provinciaux ont toujours été rentables, alors ils ne craignent pas que le remboursement se fasse rapidement. « Les prévisions sont positives. (…) On va savoir à la toute fin le coût, mais ces projets sont réputés d’être rentables. »

Alors que Kruger n’a pas été retenu lors du dernier appel d’offres, ils sont de retour pour celui-ci dans l’espoir que le projet voie le jour. Notons qu’ils ne sont pas les premiers à s’intéresser au secteur de Saint-Paul-de-Montminy qui détient un bon potentiel éolien.  Kruger vise à obtenir 200 MW comme mentionné dans une précédente édition du journal, pour 20 à 30 éoliennes. De leur côté, leur plus grand défi demeure l’interconnexion, considérant que Saint-Paul se retrouve éloigné du point de raccordement d’Hydro-Québec.

Pour les résultats de cet appel d’offres, seulement l’un des deux projets pourra passer à la prochaine étape, si bien sûr, l’un est retenu. Pour le moment, chacune des entreprises s’assure de bien respecter les règlements des municipalités auxquelles les projets se déploieront. Des études sur le territoire sont en cours. Daniel Racine, directeur adjoint de la MRC, indique que le territoire à la chance d’avoir des secteurs forestiers non habités, les éoliennes seront donc presque invisibles aux yeux des citoyens. Retombés sur le milieu Pour les redevances, la MRC souhaite que les municipalités puissent faire du développement du territoire avec les profits. « Idéalement, cet argent ne devrait pas être utilisé pour diminuer les taxes ou à faire de l’entretien, mais vraiment, à faire du développement. » La MRC souhaite poursuivre l’encadrement des entreprises pour que la qualité du paysage soit malgré tout préservée. « Si on veut aller vers l’énergie verte, vers les redevances que ça peut amener, il faut qu’il se passe quelque chose », indique Mme Labrecque. Ils vont s’assurer que les distances soient bien respectées pour ne pas nuire aux citoyens, mais également, au milieu touristique. Lorsqu’un promoteur vient sur place et respecte bien les règles de la municipalité, M. Racine souligne qu’il va de soi que le projet se poursuivre. « Si on veut du développement, il faut permettre des choses, mais pas n’importe comment », ajoute Mme Labrecque. N’étant pas les premiers, ils vont s’inspirer de ce qui a été fait ailleurs. Et l’avenir? À long terme, une fois que la durée de vie des éoliennes sera à terme, la MRC va s’assurer que les entreprises traitent bien la situation. « Il va falloir être vigilant par exemple dans les générations futures, si ça l’a changé, comment on les transforme. Nos préoccupations actuellement, c’est : à quel moment vont-ils faire les chemins? Où? De quelles façons vont-ils faire les aménagements? Comment vont-ils transporter les choses? », souligne M. Racine. Des comités en place vont pouvoir informer la population lors de la construction. Il est à noter que plusieurs entrepreneurs locaux vont être interpellés pour la réalisation du projet, une autre façon d’apporter des retombées économiques dans le milieu. Jusqu’à présent, il y a eu des séances d’informations où la population a eu l’occasion de poser leurs questions et d’autres poursuivront. La réponse sur les prochains projets retenus se fera au début de l’année 2024.

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