Retrait des masques: bonne nouvelle, s’il n’y a pas de retour en arrière

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Par Anne-Frédérique Tremblay
Retrait des masques: bonne nouvelle, s’il n’y a pas de retour en arrière

Le gouvernement du Québec a annoncé la semaine dernière que le port du masque ne sera plus obligatoire pour les élèves du primaire et du secondaire lorsqu’ils se trouveront assis en classes, et ce, à compter du lundi 7 mars. Le président du Syndicat de l’enseignement de la Côte-du-Sud (SECS-CSQ), Pascal Côté, avance qu’il peut s’agir d’une bonne nouvelle pour un retour plus vers la normale, si la décision est basée sur des informations scientifiques et qu’il n’y a plus de retour en arrière.

Puisque les écoles de la région seront en semaine de relâche du 7 au 11 mars, le retour en classe sans masque débutera officiellement le lundi suivant pour Montmagny et L’Islet.

Le président du Syndicat rappelle que tous les enseignants sont essoufflés et fatigués de la pandémie, au même titre que la population en général. Bien que l’opinion de tous soit partagée, plusieurs sont heureux de ce retrait. « Si c’est vraiment une décision qui est basée sur la science, de la santé publique, et que ce n’est pas un calcul politique, les gens ont hâte d’enlever le masque. C’est donc une nouvelle intéressante », explique M. Côté.

Il ajoute qu’il s’agirait d’une mauvaise nouvelle si c’était une décision précipitée. Selon lui, seulement l’avenir confirmera si c’était le bon choix. « Ce qu’on espère, c’est qu’on ne reviendra pas en arrière », ajoute-t-il.

À l’heure d’écrire ces lignes, le masque demeure obligatoire dans les aires communes, lors des déplacements des élèves ainsi que dans les transports scolaires. Pour les élèves du préscolaire, le masque continu d’être requis dans les autobus ou les berlines transportant des élèves de niveaux scolaires différents.

Qualité de l’air
Pascal Côté évalue qu’il reste encore plusieurs démarches à réaliser pour assurer une bonne qualité de l’air dans les écoles. « Les classes où il y a de la ventilation mécanique, on sait que ça va bien. On sait qu’il y a eu des investissements et qu’il y a eu de l’entretien. Les classes et les écoles où on parle de ventilation en ouvrant les fenêtres, on est au même point qu’on était au mois de décembre », énonce-t-il.

En cette période hivernale où la température est changeante, plusieurs enseignants sont encore obligés d’ouvrir les fenêtres pour s’assurer de diminuer le taux de CO2 dans leur classe respective.

« On a beau dire ce qu’on veut, on dirait que le gouvernement se met la tête dans le sable concernant la qualité de l’air dans les écoles. On a hâte qu’il prenne le taureau par les cornes et qu’il constate que la qualité de l’air n’est pas bonne », mentionne M. Côté.

Selon les informations du Centre de services scolaire de la Côte-du-Sud, toutes les classes ont accès à un lecteur de CO2 à l’heure actuelle. « Nous évaluerons dans quelques semaines les résultats obtenus et nous pourrons identifier les actions à prendre dans les classes concernées. Pour le moment, des échangeurs d’air ont été installés à Saint-Thomas puisque les résultats des mesures effectuées à l’automne relevaient déjà des taux autour de 2000 PPM », informe le Centre de services.

Pression sur les enseignants
Le retour en classe en janvier n’a pas été facile pour les enseignants de la région. Le nombre accru de cas de COVID chez les élèves et les professeurs a apporté son lot de difficultés. « Cette situation a causé une pression énorme sur les épaules des enseignantes et des enseignants qui ont eu soit à remplacer des collègues ou faire de l’enseignement à partir de la maison », évoque M. Côté. Le président souligne que le professeur doit non seulement encadrer l’élève une fois en isolement, mais qu’un suivi doit être consacré dès son retour en classe. Le syndicat déplore la non-reconnaissance de l’employeur vis-à-vis la charge de travail additionnelle qui a été nécessaire et requise.

Malgré l’absence d’un professeur, les écoles ont toujours réussi à trouver un remplaçant pour enseigner en classe. En cas d’une grande transmission du virus, des classes fermaient ou l’école fermait complètement le temps que la situation se stabilise, comme il a été vu à l’école Saint-Pie X. «On fait souvent appel à des enseignants qui sont déjà sur place, mais qu’on paye en surplus. Les enseignants prennent sur eux autres, ils dépannent et ils font ce qu’ils ont à faire, mais on parle de situations exceptionnelles. Les enseignants agissent de façon que ça fonctionne. Mais, si ça n’avait pas été de la collaboration de tout le monde, ça n’aurait pas fonctionné», avoue M. Côté.

En revanche, le président assure que la situation s’améliore de plus en plus dans les écoles de la région et que le nombre de cas de COVID est à la baisse, limitant ainsi le taux d’absentéisme.

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