Complexe sportif: 8 MOIS en Beauce pour réaliser un projet de 16 M $

Photo de Eric Maltais
Par Eric Maltais
Complexe sportif: 8 MOIS en Beauce pour réaliser un projet de 16 M $
Frédéric Corriveau, président de la Chambre de commerce de Montmagny.

Vivant le dernier droit de son 3e mandat à la présidence de la Chambre de commerce de Montmagny (CCM), Frédéric Corriveau joue ses dernières cartes sur l’implantation d’un complexe sportif à Montmagny, la pierre angulaire, selon lui, d’un projet de santé globale pensé en fonction des besoins du citoyen de demain.

De passage à nos bureaux, l’homme d’affaires est apparu ébranlé d’apprendre qu’à Saint-Georges-de-Beauce, le député Samuel Poulin a réussi à ficeler et concrétiser un projet de 16 M $, équivalant à ce que souhaiterait établir ici un comité de citoyens formé par M. Corriveau.

« Voilà ce qu’il nous faut. Nous avons besoin d’un consensus clair pour devenir une région attractive. Il faut arrêter de se faire mettre des bâtons dans les roues et ralentir le processus », a-t-il lancé, tout en précisant qu’il ne faut surtout pas attendre la construction du 3e lien reliant la rive sud à Québec par l’Île d’Orléans avant d’agir car la région aura tout simplement manqué le bateau.

« Toutes les municipalités autour de nous, celles ayant les capacités financières de le faire, se donnent des infrastructures permettant de développer un milieu de vie centré autour d’un complexe sportif et axé sur le concept de la santé globale. Comme entrepreneur, pour répondre aux besoins des jeunes travailleurs d’aujourd’hui, nous devons pouvoir offrir un environnement attractif. Il est ainsi essentiel de mettre nos infrastructures à jour pour que Montmagny demeure une option de choix. Notre environnement doit être concurrentiel. Nous ne les avons pas ces conditions gagnantes », indique-t-il.

Le président rappelle que, après de multiples rencontres, il a convaincu un à un les principaux acteurs du milieu de le suivre : « Jamais nous n’avons obtenu ce consensus historique dans un comité en regroupant des représentants de la ville de Montmagny, de la MRC, de la Commission scolaire, des politiciens et des citoyens pour réaliser un projet. Mais pourquoi faut-il une éternité pour concrétiser un projet ici alors que tout s’est effectué en huit mois en Beauce avec un député? Nous le savons, nous sommes allés les voir. Ils nous ont expliqué leur démarche, leur succès. On a besoin de combien de consultations avant d’agir? »

Aucun changement depuis 1972!

À sa 6e année à la présidence de la CCM, le président voulait sonner l’urgence de remettre Montmagny et la région sur la mappe. Il a alors sollicité une rencontre auprès du Dr Jean-Pierre Després. «En visitant l’école Louis-Jacques Casault, cet expert originaire d’ici a découvert que finalement rien n’avait changé depuis 1972 alors qu’il fréquentait cette institution, donc depuis presque 50 ans! Il a exposé que les travailleurs de demain sont orientés vers la qualité de vie à donner à leurs enfants afin de se déculpabiliser d’être moins présents. Il a parlé de son concept de complexe sportif orienté vers la santé globale. Nous avons rencontré des gens de gymnastique, de la danse, de la natation. Tous sont gonflés à bloc ».

Le président ajoute : « Nous avons écouté. Nous avons compris aussi. Nos clubs sportifs survivent et vivotent. Ils se font cannibaliser nos jeunes par les organisations voisines. Autour de moi, je constate la multiplication des familles qui partent. Je suis à l’aréna presque tous les jours avec mes enfants. Je vois et j’entends des choses. »

« Je trouve anormal que nos enfants qui suivent des cours de danse ne puissent le faire dans des locaux climatisés, que nos organisations ne peuvent inviter d’autres régions à des compétitions ici parce que nos équipements sont désuets. C’est ça notre réalité ».

Autant le président était fier d’avoir assis tout le monde ensemble, autant il se questionne pour la suite : « Pourquoi et comment les promoteurs beaucerons ont-ils réussi à faire inscrire leur projet au Plan québécois des infrastructures? C’est facile. En passant par les écoles car ils ont besoin de locaux supplémentaires. C’est notre cas nous aussi! En plus, on peut intégrer la restauration de la salle Edwin-Bélanger. Cette école de la Beauce a même reçu des budgets récurrents pour l’entretien annuel de ses équipements. Je pose une question: a-t-on une volonté réelle de réaliser ce complexe? »

L’homme d’affaires avoue que, en tant que parent, un père veut offrir le meilleur à ses enfants. « Quel est ce meilleur que nous pouvons offrir ici? Quand notre enfant voit partir ses amis pour joindre des organisations qui offrent plus de possibilités de développement, est-ce que nous avons envie d’offrir le meilleur à nos jeunes? Quand nos enfants nous demandent d’aller ailleurs, on fait quoi alors? »

M. Corriveau conclut: « Nous avons une ministre chez nous, Marie-Eve Proulx, et elle veut un projet ficelé et décidé par le milieu. Nous l’avons le consensus. Selon les informations que j’ai obtenues à la suite de la consultation menée par la Ville au sujet du plan stratégique le 29 octobre, notre dossier est ressorti en priorité dans les discussions. Agissons avant qu’il ne soit trop tard », conclut-il.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de