Les aidants naturels… un soutien essentiel

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Par Céline Chabot
Les aidants naturels… un soutien essentiel

Nous avons récolté les témoignages de trois personnes de la région exerçant le rôle de proche aidant. Si une telle fonction apporte son lot de responsabilités, chacun ici a tenu à préciser qu’il ou elle le faisait de bon cœur, avec amour et dans le seul but de voir ses proches vieillir dans les meilleures conditions.

INFIRMIÈRE UN JOUR, INFIRMIÈRE TOUJOURS

D. est une infirmière à la retraite. Elle accompagnait déjà ses parents alors qu’ils occupaient toujours leur maison. La transition vers une résidence pour aînés a ajouté à sa routine des tâches plus ponctuelles telles que faire le tri des biens, vendre ou donner meubles et objets divers, faire des boîtes… enfin « casser maison». Sans parler des démarches précédentes auprès des administrateurs de la résidence choisie, comme la réservation et la gestion du bail. En plus des comptes, des avis de changement d’adresse et de la paperasse en général. Depuis, D. fait les courses, va à la pharmacie, à l’épicerie et s’occupe de gérer la prise de médicaments. Comme ses parents n’ont plus de véhicule, elle voit à ce que l’ensemble de leurs besoins soient comblés et qu’ils sortent de la résidence régulièrement, histoire de changer d’air. Elle s’avère une ressource inestimable lorsque vient le temps de les accompagner à un rendez-vous médical, s’assurant de poser les bonnes questions. Dur, dur comprendre le jargon médical, surtout lorsqu’on est malade. Les parents de D. comptent tous deux 89 printemps. D’un naturel aidant, celle que l’on surnomme la « nurse » s’occupe également des rendez-vous et papiers d’une tante à Québec.

« IL FAUT PARFOIS DÉFONCER DES PORTES »

M. est aussi à la retraite. Son quotidien ressemble étrangement à celui de D. Son père a 94 ans, sa mère 93 et ils vivent eux aussi ensemble dans une RPA depuis quelques années. Il s’occupe de leurs rendez-vous, fait les courses, l’épicerie, leur donne un coup de main avec le ménage ou passe simplement piquer un brin de jasette. Son épouse et lui cuisinent de bons petits plats qu’ils leur apportent ou partagent en bonne compagnie. M. tout comme D. joue le rôle de trait d’union entre ses parents et les services sociaux, la direction de l’établissement, ses frères plus éloignés qui ne peuvent se montrer aussi présents, les différents intervenants, etc. Proche aidant? Il préfère parler d’accompagnement global, ce qui inclut les étapes plus difficiles comme les actes notariés et les préarrangements. Ses parents savent qu’ils peuvent le joindre en tout temps, gage de sécurité pour tous. Traverser les méandres des divers services administratifs n’étant pas chose facile, M. a dû mettre la pression pour ramener sa mère auprès de son mari après un séjour de quelques semaines dans une unité de soins de longue durée. « Ça prend un certain doigté. » Très impliqué, M. siège au Comité des usagers du CISSS Chaudière-Appalaches.

PRÉSENTE JUSQU’À LA TOUTE FIN

P. a accompagné sa belle-sœur jusqu’à son dernier souffle. Sur une période de cinq ans, soit de sa sortie de l’hôpital jusqu’au récent décès de cette dernière, P. s’est donné pour mission d’en prendre bien soin. « Le tout s’est déroulé dans un climat de confiance et de respect mutuel. Quand nous avons réalisé qu’elle tenait à demeurer dans sa maison, nous nous sommes partagé les tâches afin d’y arriver. Elle s’est sentie vraiment rassurée. » Une belle complicité s’est développée entre elles au cours de ce long processus. « Je dois avouer que je ne m’attendais pas à vivre une si grande aventure humaine avec elle. Lorsque les différentes phases de fin de vie ont surgi, je me sentais parfois bien impuissante. » L’épouse du frère de P. savait très bien qu’elle pouvait compter sur elle, quoi qu’il arrive. « Lorsqu’elle me présentait un problème auquel elle devait faire face, je lui proposais des solutions et cela lui apportait un certain réconfort. » P. se sent aujourd’hui en paix avec elle-même, sachant qu’elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour alléger les souffrances de sa belle-sœur – autant morales que physiques – dans les dernières années de sa vie.

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