Faute de personnel qualifié, des firmes comptables réduisent les déclarations d’impôts
En pleine saison des impôts au Québec, le Journal s’est demandé si la région comptait trop peu ou trop de comptables. Or, deux firmes affirment avoir cessé de prendre de nouveaux clients ces dernières années pour la réalisation des impôts en raison du manque de techniciens comptables qualifiés.
Désormais, la firme Raymond Chabot Grant Thornton de Montmagny ne s’occupe que des cas « complexes », en raison de la valeur ajoutée et du manque de personnel qualifié.
« On a dû diminuer beaucoup la quantité d’impôts traités au bureau. Tout ça est causé par le personnel qui est plus rare et plus difficile à trouver. Il faut comprendre que la période des impôts est très courte avec beaucoup de volume. De notre côté, on a gardé des déclarations d’impôts un peu plus complexes où on avait de la valeur ajoutée pour rendre service à nos clients », confie l’associé en certification chez Raymond Chabot Grant Thornton Montmagny, Raymond Morin.
Désormais, dans la filiale de Montmagny, il y a trois personnes qui sont dédiées aux impôts avec cinq ou six personnes qui font de la révision. Or, auparavant, il y en avait le double qui s’occupait de cette facette, en plus d’avoir pratiquement l’entièreté du bureau qui s’impliquait.
De son côté, la firme magnymontoise Bernier Gosselin CPA a pris la décision de ne plus prendre de nouveaux clients pour la réalisation d’impôts.
« Je ne prends plus de nouveaux clients depuis deux ans. Les seuls nouveaux que je prends, ce sont les conjoints de clients existants, des nouveaux conjoints ou des compagnies. Mais, même au niveau du commercial, ça fait environ un an que je n’en prends plus. [...] C’est vraiment en raison d’un manque de personnel », exprime le copropriétaire de Bernier Gosselin CPA, Luc Gosselin.
Selon ce dernier, le problème que sa firme a connu s’est déroulé durant la pandémie, alors que les entreprises privées et les industriels sont venus « vider » les bureaux comptables.
« Ils sont venus chercher toutes les bonnes techniciennes d’expérience pour les engager au sein d’entreprises en donnant des salaires beaucoup plus élevés. Maintenant, nos personnels d’impôts, il faut pratiquement les former tous les ans », réenchérit-il.
Les deux intervenants des deux firmes, soit Raymond Chabot Grant Thornton Montmagny et Bernier Gosselin CPA, ont tous deux abordé la situation de la fiscalité gouvernementale reliée aux impôts.
« Il va falloir que le gouvernement se mette le nez dans ça assez vite, puisqu’avec l’ordre des comptables professionnels agréés (CPA), ça fait longtemps qu’on dit que la loi fiscale au niveau des particuliers est beaucoup trop complexe pour rien, déplore M. Gosselin. [...] Dans les dix dernières années, les systèmes ont beaucoup évolué afin d’avoir une meilleure information simplifiée, mais ce n’est pas fini. La première chose à régler ce serait qu’il y ait seulement une déclaration d’impôt au Québec », note M. Morin.
Désormais, la firme magnymontoise Raymond Chabot Grant Thornton ne compte qu’un quart des clients qu’elle avait il y a de ça cinq ans pour les impôts. De son côté, Bernier Gosselin CPA se maintient avec un peu plus de mille clients concernant les impôts.