21 juin 2024

Une lutte constante pour la survie des communautés de la route 216

Traversant le sud des MRC de Montmagny et de L’Islet, la route 216 offre aux passants ses vallées et montagnes, des paysages bucoliques façonnés par des siècles d’histoire. Tout au long de celle-ci se sont enracinées des communautés qui se sont développées au fil des générations, comme celle de Saint-Marcel et celle de Sainte-Apolline-de-Patton. Or, celles-ci se battent maintenant au quotidien pour leur survie. Rongées par le déclin démographique, elles ont toutes deux perdu 20% de leur population en 20 ans. Malgré tout, leurs citoyens ne s’avouent pas vaincus et tentent par tous les moyens de renverser cette tendance. Ils sont les Gaulois de la 216.

Avec ses quatre-cent-vingt-deux habitants, Saint-Marcel se bat pour maintenir ses services. En cette période postpandémique, elle souhaite utiliser la démocratisation du télétravail afin d’assurer sa survie.

‘’Nos citoyens sont des gens généreux. Ils s’impliquent dans leur milieu, que ce soit par la création d’emplois, le bénévolat, le soutien apporté aux familles lors de maladie, de décès ou autres. Les Marcellois sont fiers de leur village et ils s’impliquent dans le rayonnement de celui-ci’’, avance Mélanie Bourgault, mairesse de la municipalité.

Quant à la décroissance démographique, l’élue souhaite demeure optimiste. ‘’Depuis la pandémie, nous observons une volonté des citadins à s’installer en campagne et effectuer du télétravail. Les terrains de villégiature à Saint-Marcel se font de plus en plus rares, ce qui nous rassure malgré tout’’, soutient-elle. Pour celle-ci, la proximité avec la nature qui diminue la charge mentale des individus ainsi que la facilité et l’accessibilité au télétravail pour s’épanouir dans un environnement sain et reposant constituent des atouts indéniables pour attirer les citadins à s’établir chez eux.

Pour celle-ci, le maintien des services de proximité tels que la bibliothèque, l’école, la patinoire, les activités de loisirs, les premiers répondants, le marché d’alimentation, etc., sont essentiels. ’’Pour maintenir tous ces services, les citoyens et les organismes doivent les soutenir et penser à acheter localement. Des idées de développement, c’est vraiment la partie facile. Il faut ensuite trouver les moyens pour financer le tout, tout en ayant en tête la capacité de payer des citoyens. Les membres du conseil sont conscients des enjeux actuels et souhaitent à tout prix respecter les contribuables en leur offrant des services de qualité selon la réalité d’aujourd’hui’’, soutient la mairesse.

En même temps, Saint-Marcel vit plusieurs enjeux de taille présentement. ‘’Comme la majorité des villes et villages au Québec actuellement, le problème d’hébergement est majeur. Nous avons des emplois dans le secteur, mais le manque de logements disponibles nuit au recrutement de travailleurs qualifiés et à la venue de nouvelles familles’’, précise la mairesse.

De plus, les gouvernements ne facilitent pas sa tâche. ‘’La lourdeur des processus pour déposer des projets est assez impressionnante et nécessiterait un employé à temps plein à l’année. Et c’est sans compter les délais ou des termes souvent trop courts pour nous permettre de bien préparer nos dossiers. Nous faisons presque du bénévolat et nous devons conjuguer travail, vie familiale et obligations municipales. Il y a donc un manque important en termes de disponibilité de ressources humaines’’, dénonce Mélanie Bourgault.

Pour assurer leur pérennité, elle souhaite un rapprochement entre les municipalités du sud des MRC de L’Islet et de Montmagny. ‘’[Elles] auraient avantage à partager les ressources pour maximiser l’efficacité et minimiser les coûts de gestion. Un beau défi pour les prochaines années, mais qui sera profitable pour chacune des municipalités’’, conclut-elle.

Nichée entre les montagnes appalachiennes et les champs, la municipalité de Sainte-Apolline-de-Patton mise son avenir sur son école et les activités de plein air.

‘’Les Apollinois et Apollinoises forment une communauté tissée serré. Ils se sont épauléss dans le dossier de la survie de l’école primaire et ils continueront de le faire. Nos gens sont mobilisés’’, soutient Bruno Gagné, maire de la municipalité de cinq cent cinq âmes.

Pour celui-ci, la survie de l’école du village est essentielle. En effet, la municipalité a fait les manchettes nationales il y a quelques années à cause de son concours visant à offrir à une famille un terrain pour se construire et à une autre la location d’une maison pour une année. Malheureusement, la famille Dubois-Bourgault récipiendaire de cette dernière a quitté la région avec ses six ans avant la fin de son bail. Par contre, les élus l’ont offerte à une autre famille comptant quatre enfants, finaliste du concours, qui a accepté de s’installer dans le village.

De la sorte, l’école primaire de Sainte-Apolline-de-Patton fait de nouveau face à la fermeture puisqu’elle n’atteint pas le nombre minimal d’élèves requis dans chaque classe pour son maintien. Pour l’année scolaire 2024-2025, elle est placée en transition. S’il est toujours impossible de composer deux classes de six enfants le 1er mars 2025, elle fermera ses portes l’année suivante.

Néanmoins, le maire Gagné ne baisse pas les bras. Il est confiant de pouvoir attirer suffisamment d’enfants dans sa municipalité pour éviter cette fatalité. ‘’Depuis la pandémie, nous constatons que les gens sont intéressés à s’établir à Sainte-Apolline-de-Patton. Nous travaillons d’arrache-pied afin de maintenir nos services aux citoyens et pour équilibrer notre budget’’, soutient-il.

D’ailleurs, l’élu avance que les petites municipalités comme la sienne ont toujours besoin de plus de soutien des autorités gouvernementales. ‘’Dans dix ans, je souhaite que notre village soit toujours aussi uni et que nous ayons conservé notre école. Et pourquoi ne pas rêver d’un dépanneur?’’ conclut-il.